Rêvons les fêtes

Cet article était un brouillon de l’an dernier. Je voulais apparemment vous parler de surconsommation, de représentations, de simplicité, de conscience, de rêve. Un an après, même si je pense toujours à cela, j’ai envie de simplement partager du rêve.

glacon

Le 12ème mois est là.

Celui qui nous fait nous retourner, avec un soupir parfois, pour regarder par-dessus l’épaule l’année déjà écoulée.

Celui qui nous fait regarder, les yeux brillants, le cœur battant, le nouveau chemin qui se profile.

Décembre, le mois de tous les contrastes.

Il y a ceux qui couvrent le pied du sapin de mille et uns papiers brillants et ceux qui partagent autrement. Il y a ceux qui l’attendent avec impatience dès que novembre a pointé le bout de son nez, et ceux qui n’ont qu’une hâte, que les fêtes soient derrière eux, que décembre ne soit qu’un tracé à la craie blanche sur un tableau noir qu’on efface rapidement, le plus tôt le mieux.

Au creux de décembre, entre les espoirs de neige et les guirlandes qui font sourire, on met en place de petits rituels, des traditions. Ces gestes incarnent un peu notre souhait de l’immuable, on s’y réfugie le temps d’un mois, le temps de saluer à nouveau notre âme d’enfant. Après tout, les traditions auxquelles nous accordons parfois tant de crédit ne sont-elles pas ce qu’il restera après nous, une fois tous les Noël finis? Ne sont-elles pas ce qu’on peut espérer toujours partager avec les suivants? Peut-être est-ce pour cela qu’elles sont si dures à secouer. Elles rappellent un temps d’avant où, un jour, nous resterons nous aussi.

Mais, secouons-nous, je suis là pour vous parler de lumières qui pétillent et de bulles qui brillent (serait-ce l’inverse ?)

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Séance de « light painting » à deux

Tous ces petits rituels ont du bon ! Ils rassurent, ils nous ancrent dans un présent que l’on tend trop à délaisser. Décembre est, je trouve, le mois du partage. J’aime y glisser de la magie, du rêve, me laisser aller aux joies simples. En grandissant, cela devient dur de ne pas les laisser se faire parasiter par des réflexions très pragmatiques, souvent pessimistes. Pourtant, il y a bien une chose que je commence à comprendre, c’est que le cœur dicte beaucoup. Ou tout du moins aurait beaucoup à dire si le cerveau ne monopolisait pas la conversation! Avec ce mois de tous les possibles, c’est le moment de s’écouter sourire intérieurement, de comprendre ce qui nous met en joie, pour au fil de l’année, apprendre à mieux profiter.

Seulement, prudence, décembre n’est pas pavé que de bonnes intentions. Le rêve est maquillé, déguisé par un marketing insidieux qui vous fait croire, dès le plus jeune âge, que la joie découle de l’avoir. Décembre, c’est un peu le miroir du Rised, reflet de tout ce que vous pourriez être ou avoir. A trop le contempler, on passe à côté de ce qui compte vraiment. Sans oublier l’émergence d’une pression au bonheur, qui se traduit en angoisse des cadeaux et de la décoration. A vous d’être astucieux pour décoder les mirages et apprendre à faire tomber les masques! Il faut parfois creuser un peu pour sortir des chemins balisés de prétendus codes amenant au bonheur pour trouver ce qui, vraiment, vraiment, nous apporte de la joie.

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Saint-Nicolas !

Ce que j’aime dans les temps de décembre, c’est imaginer, prévoir, concocter. C’est un peu un temps de secrets, de surprises, de cache-cache.

J’avais envie de partager ces joies simples qui ponctuent le mois en une petite liste non-exhaustive.

  • Découvrir les décorations de la ville, avec la rue dans laquelle tombent des étoiles filantes.

  • Sortir les graines et les boules de graisse pour les oiseaux aux premières gelées (et aller installer tout cela sous le regard curieux d’un chat qui se découvre des penchants granivores).

  • La préparation du calendrier de l’Avent.

  • L’arrivée des cougnous, à déguster avec un chocolat chaud à la cannelle en rentrant du travail.

  • Les passages de St-Nicolas dans les souliers, quelques jours avant le 6 décembre.

  • La préparation de la table de St-Nicolas le soir, camouflée par une couverture que l’on soulève, à deux, le lendemain matin, avec la joie qui fait battre le cœur.

  • Les aubes froides et claires, qui me permettent de voir le soleil se lever.

  • La perspective des premiers flocons, et, oh joie!, la première neige (même si elle annonce des retard sur le rail – mais, avouons-le, ça ne change pas de d’habitude)

  • Décorer la maison, même ne serait-ce qu’un peu, pour amener de lumière autour des fenêtres.

  • Réfléchir aux cadeaux que l’on va faire, les sélectionner avec soin, réfléchir à ceux que l’on va confectionner soi-même.

  • Imaginer avec gourmandise le menu du 25, se creuser la tête un petit peu pour faire une jolie bûche.

  • Sortir promener dans le froid, pour profiter de la nature endormie, et qui craque doucement sous les étoiles de givre.

  • Savourer, le soir au coin du feu, des livres de contes et légendes qui nous font regarder différemment la nature alentour.

  • Concevoir les cartes de vœux à envoyer à ceux que j’apprécie et qui sont loin, ainsi que celles des cheminots.

  • Et, cette année, découvrir avec ravissement “Fantastic Beasts and where to find them”, et replonger le temps d’une aventure dans cet univers de magie que j’aime tant.

En ce moment, on a grand besoin de rêver, d’imaginer pour bâtir ensemble un projet commun de vie. Un projet construit par ce que l’Humanité a et fait de mieux. Je crois dur comme fer en ces alternatives de vie, ces alternatives qui bousculent les idées de bonheur et de réussite qu’on a dans la tête. Ce sont les premières fleurs d’un jardin commun en cours de travail. Alimentons les tous ensemble pour, un jour, en récolter les fruits!

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Et vous, comment regardez-vous décembre?

Quelles sont les petits rituels de saison que vous installez?

Histoire d’une quête vers le changement

Mercredi, j’ai eu l’occasion d’assister à la projection du film « En quête de sens ».

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Un très beau succès pour le cinéma associatif qui assurait l’organisation : salle comble, 461 personnes.

Il s’agit de l’histoire de deux amis d’enfance qui se retrouvent après que la vie les ait séparés… pour au final entamer une belle nouvelle aventure ensemble : partir à la découverte des gens et des initiatives qui feront le monde de demain.

Agroécologie, transition, sobriété heureuse, coopération, connaissance de soi sont les guides du périple.

Je « craignais » un peu de redécouvrir ce que je connaissais déjà autour des ces mouvements alternatifs. Bien sûr, ça fait toujours du bien de revoir tout cela, c’est motivant, enthousiasmant (c’est pour ça que j’y allais 😉 ). Au final, ce film est avant tout une belle aventure humaine, à la découverte de soi et des autres. Un chemin qui suscite de nombreux questionnements et beaucoup d’émotions.

Spiritualité, à prendre dans le sens de l’interconnexion et de l’interdépendance de la vie, et bienveillance ont, pour ma plus grande joie et surprise, des places prépondérantes dans le parcours.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le voyage débute sur l’agriculture. L’alimentation est un des derniers liens directs qui nous lie à l’environnement. Certes, l’industrialisation du système et la prépondérance de la grande distribution cisaillent ce lien ténu aux yeux du consommateur. Mais il reste solide malgré tout, résistant, que ce soit au travers d’un petit potager aromatique qu’on a le plaisir de cultiver soi-même ou le salut du maraîcher chez qui on prend quelques légumes. Un bon moyen de se rouvrir aux liens avec la Nature.

Nous partons d’abord sur les chemins de l’Inde. Il y a des rencontres de grand nom, notamment la physicienne Vandana Shiva, mais également un grand homme que je ne connaissais pas : Satish Kumar. Fondamentalement pacifiste, porteur des idéaux gandhiens, Satish Kumar prône la prise de conscience de la place de l’être humain au sein de la Vie. Une vision résolument holistique et profondément simple qui fait la part belle aux interactions sociales et offre de nouveaux horizons de bonheur au-delà de la consommation.

Un moment qui a également beaucoup trouvé écho en moi est l’instant où, après leurs découvertes d’autres approches de la vie, on se retrouve plongé dans le bain de la consommation effrénée aux alentours de Noël. Cette incompréhension profonde parfois génératrice d’angoisse, tellement on peut se sentir en décalage avec le modèle généralisé…

Une fois le clap de fin donné, ce sont des centaines de clap qui ont retentis : 4 salves d’applaudissements ! Un franc succès. La soirée s’est clôturée par l’intervention Skype de Marc de la Ménardière- le fameux ex-trader, et celle de Pablo Servigne dont je vais vous toucher un mot.

Pablo Servigne est un bio-ingénieur. Il s’est lancé dans la transition il y a 4 ans et vit actuellement au village des Amanins, le village des Colibris. Chaque mois, il publie un petit article sur cette nouvelle vie dans la revue Imagine – Demain le Monde (dont je compte bien vous reparler!). Pablo a co-écrit un ouvrage récemment : « Comment tout peut s’effondrer ».

comment-tout-peut-seffondrer_2015-light Vous pouvez découvrir l’ouvrage via cette interview réalisée sur une des radios belges. Je ne l’ai pas encore lu, je compte d’abord lire « Effondrement » de Jared Diamond.

Ce qui m’a particulièrement plu et interpellée à la fois dans le film et les commentaires de Pablo Servigne, c’est l’importance de réaliser une transition intérieure avant de poser les actes. Pablo Servigne souligne trois étapes dans son ouvrage.

1° L’accueil des émotions

Tout comme dans un deuil, la réalité de notre situation génère du déni, puis de la colère, du marchandage et, seulement, l’acceptation. Car comme il l’a si bien dit, c’est un avenir qu’on arrache…

2° Faire place à l’imaginaire

Si notre avenir n’est plus celui auquel on aspirait ou sur lequel on se reposait, il est indispensable d’en inventer une ! Soyons créatif pour envisager le bonheur de l’après pétrole : c’est une véritable expérience, un labo de vie qui nous attend-là.

3° S’ouvrir à la spiritualité

Nous parlons ici d’une dimension non-religieuse. Se pencher sur soi, le sens que l’on souhaite apporter à ses actes mais surtout prendre conscience que nous sommes connecter et dépendant de manière générale du réseau de la vie. Se sentir part d’un tout offre un certain espoir et rassure lors des temps de doutes.

Se pencher sur soi avant de s’ouvrir au monde, c’est au final se forger une résilience interne forte qui permet d’avance au gré des embûche du terrain. De belles qualités à se construire donc et à enseigner aux futurs poseurs de choix !

« En quête de sens » est donc un film sans « case », fruit d’un rêve, d’une ambition et d’un beau mouvement coopératif puisque son élaboration finale n’a pu voir le jour que grâce à une campagne de crowdfunding. Je vous le conseille vivement !

~En transition (2) ~ Côté pratique

       Après la théorie des villes en transition, un peu de pratique ne fait pas de tort !

      Mercredi dernier, j’ai eu l’occasion d’aller écouter Rob Hopkins présenter le principe de la transition à Namur. C’est un fabuleux orateur doté de beaucoup d’humour et ce fut un plaisir de l’écouter. Je n’ai pas appris grand chose car le principe de la transition a été présenté dans les grandes lignes mais ce fut plaisant et stimulant de se retrouver avec 600 personnes qui voyaient en ce changement un outil d’avenir, ou tout du moins y témoignaient de l’intérêt.

      Cependant, il y a deux petites choses qui me chiffonnent.

La première est l’incarnation en une personne d’une initiative qui se veut à la portée de tous, malléable, transfigurable, adaptable, … Bref, aussi multiple et différentes qu’il y a de contextes. Je me doute bien que rencontrer Rob Hopkins, « l’inventeur », avait un petit quelque chose de formidable pour les membres des différentes initiatives. Mais je rejète le dogmatisme et la supposition que, parce qu’il est à la source de l’initiative, il a toutes les réponses et son avis vaut cent autres.

Deuxièmement, j’aime l’idée que la transition dépasse la crise climatique. A se focaliser sur le « ne pas dépasser 2°C en plus sur le thermomètre mondial », il y a le risque de passer à côté de tout le reste. A mes yeux, la transition doit aider à adoucir les conséquences des changements à venir, qu’ils soient d’origine anthropique ou non, et ne pas se mettre comme objectif de les prévenir. Si elle y parvient tant mieux, si non, on aura créé un monde meilleur pour rien 😉

"Et si le changement climatique était un hoax et qu'on bâtissait un monde meilleur pour rien ? "
« Et si le changement climatique était un hoax et qu’on bâtissait un monde meilleur pour rien ? « 

 Trêve d’opinion, je vais vous montrer qu’en ouvrant la porte et en saluant votre voisin, vous pouvez faire de grandes choses !

Partie 1 : Place au collaboratif

Aux pourfendeurs de vos bonnes idées et initiatives qui ne manqueraient pas de vous sortir l’argument incomparable de « bobo » – la rhétorique devrait se retourner dans sa tombe-, ou bien vous étiqueter d’anarchiste, voici quelques faits et chiffres.

Le principe de la transition ne rejète nullement la contribution des autorités locales ou des politiques. Simplement, il faut aller au-delà du « citoyens-esseulés-cherchent-politiques-pour-faire-bouger-le-monde-à-notre-place ». Entre nous et les politiques, il y a tout un potentiel collectif à investiguer.

  • Salut voisin !

Par exemple, les transition street (« rue en transition »). Késako ?

Vous savez, tous ces voisins que vous ne connaissez pas autour de chez vous ? Et bien vous allez les inviter chez vous, autour d’un bon thé, d’une part de gâteau …ou bien de crêpes.

Et ensemble, vous allez discuter de thématiques environnementales par session : eau, énergie, déchets, alimentation, transport. Et conclure avec une petite session de synthèse, d’évaluation, de questions-réponses.

Ceci a été lancé à Totnes, berceau de la transition, afin de retisser un peu de lien social et de décloisonner les gens. Et ça marche du tonnerre ! 550 maisons se sont prises au jeu. Résultats (que je pensais avoir mal compris lors de la conférence d’ailleurs!) : une facture annuelle allégée de 570 £ par maison et une réduction annuelle PAR maison de 1,3 tonne de dioxyde de carbone (CO2 pour les intime – alias gaz à effet de serre) ! Et vous savez ce que retiennent les gens dans cette affaire ? Que c’est chouette de se rencontrer !

Évidemment, si vous êtes un(e) as de l’empreinte écologique légère, vous ne verrez peut-être pas de grande différence chez vous, mais vous pourrez très certainement faire germer le changement chez d’autres  🙂

  • Ah si seulement j’avais une bibliothèque…

Moi ce principe d’échange me parle bien… et le mieux est que c’est déclinable sous plein de formes !

Prenez, par exemple. J’aimerais bien faire des gaufres de temps en temps (et accessoirement visser notre photo-tableau dans mon salon). Mais je n’ai pas l’espace pour un gaufrier et je me servirais trop peu d’une foreuse-visseuse que pour que mon achat me semble judicieux…

Alors du coup, je fais de grands yeux quand je découvre le concept de « bibliothèque d’outils » de Villeray (Québec) dans le livre Ils changent le monde !  [1]. C’est tout simple : vous alimentez une bibliothèque avec des outils très pratiques mais souvent peu utilisés et encombrants -surtout si vous vivez en appartement- et ces outils sont prêtés au besoin. On peut étoffer le concept en organisant des ateliers thématiques et des formations pour acquérir les bases de bricolage (et éviter de demander à votre frère de venir vous aider ) comme ici .

Si vous ne vous sentez pas l’âme de mettre un groupe de la sorte sur pied – et en attendant que quelqu’un de plus motivé le fasse 😉 – vous pouvez déjà utiliser des vignettes indiquant quels sont les objets dont vous disposez et que vous acceptez de prêter occasionnellement … et bien sûr distribuer ces étiquettes à vos voisins en expliquant le principe avec un petit mot !

  • Vous reprendriez bien un bol de soupe ?

Pour conclure ce premier volet sur la convivialité active, je vais vous parler d’une chouette initiative d’origine allemande qui s’est développée en France : les Disco Soup.

Attention à ne pas renverser !
Attention à ne pas renverser !

Concrètement, c’est jour de marché et, alors que vous êtes sur le départ, vous jetez un dernier coup d’œil aux invendus et autres gueules cassées, las devant le gâchis qui va suivre… (Soupir).  Mais, arrivent à grand renfort de musique et de bonne ambiance, une troupe de jeunes motivés armés d’épluche-légumes et de couteaux qui, en deux temps, trois mouvements, transforment ces rebuts du jour en une soupe délicieuse partagée dans la rue. L’honneur des légumes est sauf, le dialogue s’installe et on papote sur le gaspillage alimentaire. Ça s’est du rendement !

C’était donc un premier tour absolument pas exhaustif sur des concepts faciles à mettre en place, à la portée de tous et qui ont le méritent d’être conviviaux, porteurs de résultats et conscientisants !

Vous connaissez des initiatives par chez vous ? Y participez-vous ?

A bientôt pour la suite  et encore plus de partage !

Une épilobe norvégienne !
Une épilobe norvégienne !

 [1] Ils changent le monde! – 1001 initiatives de transition écologique, de Rob Hopkins. Edité en français aux éditions Seuil « Anthropocène ».

Vers d’autres sociétés (1) : Les villes en transition

3, 2, 1… Partez ! Mais vers où?

Réseau de transitions

« Crise », « pétrole », « croissance »,…

« Réchauffement climatique », « catastrophes naturelles », « fonte des glaces »,…

Vous les entendez souvent ces termes-ci. Un peu trop. Après tout, qu’est-ce que vous pouvez y faire, vous, à tout ça ?

Ah ! J’en vois quelques-uns qui baissent la tête, marmonnent dans leur barbe. D’autres, qui, timides, s’interrogent : « Ne peut-on pas faire autrement » ? « Ne peut-on pas changer de direction » ?

Si. Ou tout du moins peut-on tenter d’essayer.

Aux sources de la transition

Le principe des villes en transition tire sa source de deux crises majeures : la crise économique et la crise énergétique.

La croissance économique est sur toutes les lèvres, dans tous les titres de médias. On la brandit à tout bout de champs, comme un prêtre brandirait sa croix devant un groupe d’actives Femen ! Et malheureusement on sacrifie bon nombre d’acquis, d’idées, d’avancées sur son autel.

Le problème auquel se confronte la croissance économique est que les ressources desquelles elle dépend ne sont, elles, pas infinies. A force de pousser sur l’accélérateur économique, de pourfendre les opinions à renfort de « consommation », d’« emplois », on tend à dépasser de plus en plus les ressources terriennes (Overshoot Day), tout en creusant l’écart entre les riches et les pauvres (voir le dernier rapport d’Oxfam). La dette écologique et sociale s’accentue…

En parallèle de l’économie, l’énergie. Pour répondre au dogme de la croissance, de la frénésie du toujours plus, l’économie s’est rendue particulièrement dépendante des ressources pétrolières (qui, entre parenthèses, ont l’inconvénient supplémentaire de reposer entre les mains de puissances aux investissements douteux). Le pétrole est une énergie fossile, résultant d’un processus long de plusieurs millions d’années de la transformation de matière organique (animaux et végétaux morts). Il est donc limité en quantité.

Dès lors, que deviendra notre monde, notre société lorsque le pétrole se fera rare, se fera cher, plombant par l’occasion une économie qui n’a pas voulu voir qu’elle allait tomber ?

L’après-croissance, l’après-pétrole sont à inventer. C’est là qu’intervient la transition.

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Le principe de la transition est d’offrir une alternative face à de systèmes voués à s’effondrer. En bâtissant des systèmes de société différents, plus sobres, plus viables. Plus résilients.

Un système sera dit résilient s’il parvient à se redresser après une perturbation, tout en conservant certaines de ses propriétés initiales et un fonctionnement correct. Actuellement, nous faisons donc face à plusieurs perturbations plus ou moins imminentes. La transition permet dans un premier temps d’identifier ces perturbations et d’offrir des pistes de réflexions et des alternatives pour amortir la chute.

Rob Hopkins est l’initiateur de ce concept de transition. Il a lancé en 2006, à Totnes en Grande-Bretagne, un premier mouvement de regroupement citoyen autour cette question de l’après-pétrole.

Car la transition, c’est avant tout une démarche citoyenne. Celle de se réapproprier sa ville, son économie locale, sa voix politique. C’est s’interroger sur ses actes, réfléchir ensemble et agir collectivement pour un mieux-être global.

Cela vous dirait-il de faire un tour d’horizon des villes en transition et de leurs démarches collectives ?

En attendant, je vous invite à découvrir le réseau des initiatives de transition de Wallonie et de Bruxelles (clic)

Belle soirée !