(A)sociale

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Voici maintenant 3 mois que j’ai quitté le fameux réseau au “f” bleu: un petit bilan s’impose, bilan que je souhaite partager avec vous.

Bien évidemment, ces réflexions sont uniquement le fruit de mon propre cheminement, nullement un jugement porté sur les personnes qui ne partagent pas mon point de vue.

Le départ

Facebook était le seul réseau social que je fréquentais. J’ai également un compte Pinterest que je ne consulte que très rarement, juste en cas de projet artistique.

Déjà deux fois auparavant j’avais désactivé mon compte. Le résultat d’un certain ras-le-bol de cette connectivité à outrance, un certain malaise par moment. Je regrettais qu’une grande partie de mes interactions sociales se fassent par écran interposé, un peu à la va-vite, à coups de petits commentaires et de pouces levés.

En 2014, ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est quand j’ai appris qu’un ami proche était désormais en couple… suite à son changement de statut ! Beaucoup de questions sont parties de là.

Bien sûr, j’ai eu l’occasion de faire de belles rencontres via ce réseau, rencontres que j’entretiens par email, par courrier postal ou même en chair et en os. Par ailleurs, j’ai pu frotter mon esprit à une très grande variété d’informations, pour la plupart émanant de sites d’informations alternatifs ou de blogs engagés. La richesse en diversité des personnes avec qui j’échangeais m’ouvrait un monde parfois inconnu, parfois incompris qui ne cessait de me surprendre, de ragaillardir mon engagement, de me pousser à m’interroger. De belles bases ont été posées grâce à cela, accompagnées de quelques sites ressources que je garde précieusement sous la main. Et je remercie grandement celles et ceux qui ont échangé avec moi par ce biais.

Puis, en 2015, vint la crise des réfugiés. Le drame de Lampedusa. Et le début d’un flot continu d’informations de tout bord, du très positif et engagé, aux réflexions profondes, en passant par les partages de trop populistes de la presse et les dérives fascistes (heureusement peu nombreuses!).

Travaillant majoritairement sur mon ordinateur, j’étais constamment connectée à tout cela, peinant à prendre du recul, me sentant par moment oppressée par la densité d’informations qui arrivait constamment, du nouveau à chaque rafraîchissement de page.

Et j’ai choisi de dire stop. Non pas, cette fois-ci, en désactivant mon compte, le laissant en suspens, prêt à reprendre du poil de la bête dès que je changerais d’avis – avec un petit message “Heureux de vous revoir!”.

Non.

Cette fois-ci, j’ai tout supprimé, sans rien archiver. Une table rase, conservant simplement les échanges avec quelques personnes.

Conséquences

Soyons honnêtes, j’appréhendais un peu ce départ brutal, qui effaçait toutes traces de mon passage. Un petit passage par le néant.

Au final, je n’ai ressenti que du soulagement.

Effacée, immédiatement, l’envie d’aller “juste faire un petit tour de quelques secondes” sur ma page.

Envolé le besoin de savoir maintenant, là, tout de suite, ce qu’il se passait.

Disparue, cette envie incroyable de vérifier si quelqu’un avait pensé à moi en m’envoyant un message, laissant un commentaire sur un partage.

Concernant cette dernière phrase, c’est quelque chose que j’avais découvert peu de temps avant: j’étais en partie dépendante de ce réseau pour me sentir valorisée, appréciée. Un constat assez effrayant… Finalement, force est de constater que, d’après mon soulagement, j’attendais surtout une sorte d’assentiment sur mon comportement en général, venant des autres. Que mes idées, mes valeurs, ma cohérence soient validés.

Je ne pense pas être la seule à passer par ce souci existentialiste, exacerbé par les divers réseaux sociaux. En prenant du recul, j’ai pu retrouver une certaine force intérieure capable de m’épauler dans le quotidien, m’affranchissant (en partie) du jugement extérieur, veillant à ce que je ne vois en lui qu’un regard sur les actes et comportements, non pas sur ma valeur de personne. Soyons franc, cela prend du temps et je travaille toujours beaucoup là-dessus.

En dehors de tout cela, qu’a donc changé mon départ de Facebook?

Commençons par le positif.

1° Attention et concentration, le retour

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Qui, parmi celle et ceux travaillant sur ordinateur régulièrement, ne passe pas en coup de vent vérifier son fil d’actualité, ou les nouveaux tweets? “Juste quelques instants”.

Au départ, avec mon compagnon, nous avions instauré un système de mot de passe pour filtrer certains sites qui pourraient venir perturber notre concentration. Cela a marché un temps, avant de tomber à l’eau.

Depuis que j’ai supprimé mon compte, le gain de concentration est impressionnant. Peu d’idées et d’envies parasites viennent perturber mon esprit lors d’une tâche.

Je travaille plus vite, mieux et avec plus de plaisir. Entre deux tâches, pour me pauser quelques minutes, soit je vais me préparer un thé, soit j’essaie de colorier un peu les fresques de mon tapis de souris (un semainier avec dessins à colorier, très sympathique!). Cela me permet de vider mon esprit sans commencer à me perdre dans les méandres d’internet.

Deux articles ont récemment croisé mon chemin, attirant mon attention.

Le premier a été découvert par le biais la revue du web de Pauline, sur son blog Un invincible été. L’histoire de cet américain incapable de se concentrer suffisamment pour lire est véritablement interpellante. Au cours de son récit, j’ai appris que la découverte d’informations nouvelles génère la production de dopamine, un neurotransmetteur lié au bien-être. L’accès constant à des réseaux (ou aux emails) où à chaque passage du neuf est présent peut donc vite entraîner une addiction, ces visites s’accompagnant de décharges de dopamine. On devient accro au neuf, et on en veut toujours plus!

C’est un article du blog américain Zen habits qui a mis le doigt sur une autre situation interpellante. Lorsque l’on travaille, arrivent des moments où l’on se trouve confronté à des situations d’inconfort. Un manque d’idées pour rédiger, un test statistique qui plante sans qu’on en comprenne la raison, un petit passage à vide. Face à la frustration engendrée, l’accès aux réseaux sociaux peut agir comme un baume réparateur: on se calme en découvrant des nouveautés qui occupent notre esprit et l’apaisent via l’agréable flux de dopamine. Au lieu de nous poser calmement face au problème, de prendre un peu de recul, on zappe vers autre chose de plus valorisant, de plus occupant, de plus confortable.

Accepter l’apparition d’un inconfort, le gérer et persévérer face à lui n’est pas chose aisée et je pense avoir encore du pain sur la planche avant d’être satisfaite de cette gestion du travail!

2° Mieux maîtriser son temps

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Ces petits bonds fugaces pour vite vérifier mon compte, certes courts mais fréquents, finissaient par me prendre du temps. Non pas forcément en temps passé effectivement sur le réseau, mais cette interruption dans une tâche me redemandait du temps pour me reconcentrer !

Désormais, quand je souhaite lire quelque chose pour me détendre, je tente de le faire de manière consciente, pas simplement en coup de vent automatique.

De manière général, j’ai drastiquement réduit l’usage de mon ordinateur en dehors du travail (je n’ai pas de smartphone). J’y travaille déjà plus de 8h par jour, une fois rentrée chez moi j’ai envie de me passer d’écran. Et le gain de temps fut radical! Les rares fois où je me connecte, je constate très vite qu’au-delà de la tâche ciblée, j’erre un peu sur la toile, perdant rapidement 20-30 minutes que j’aurais pu passer à lire, jouer du piano, faire du sport ou passer du temps avec mon amoureux.

Prendre conscience de ce temps passé à zapper les nouveautés et s’occuper de manière passive est difficile, mais dès qu’on tente de redresser un peu la barre, on récupère rapidement du temps de qualité, que l’on peut dédier à une activité qui nous tient réellement à cœur.

3° Appréhender l’information différemment

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L’information, le point délicat de mon départ de Facebook. Mes sources principales s’y retrouvaient, étaient accessibles toutes ensemble, me permettant de prendre le pouls de l’actualité.

Avec le recul de la déconnexion, je ne regrette nullement mon choix.

Pour les informations habituelles, je lis le journal et visite de temps en temps les sites internet des journaux belges, juste pour garder le contact avec ce qui se passe. Bien que moins alerte, je ne me sens ni dépaysée, ni dépassée.

C’est au niveau des informations « alternatives » ou des sujets qu’il me tient à cœur d’approfondir que mes canaux d’informations ont changé.

Je m’étais trompée : j’étais peut-être plus « au courant » en lisant régulièrement les posts de mon fil d’actualités, mais je ne les comprenais pas mieux pour autant. Il ne s’agissait finalement que d’un savoir superficiel.

Désormais, je m’oriente plus vers des magazines ou des journaux un peu particuliers (je vous en reparlerai dans un prochain article), ou bien vers la lecture d’ouvrages (comme « L’âge des low tech ») qui finalement, me permettent mieux de cerner les enjeux.

Du recul donc, puisque le support papier permet plus aisément au rationnel d’analyser, et une moindre quantité pour une meilleure qualité.

Ce départ cependant ne se solde pas uniquement par du positif.

Sans Facebook, j’ai un beaucoup moins bon aperçu de ce qu’il advient de mes amis. C’est assez triste à admettre d’ailleurs. Néanmoins, j’estime que si la prise de nouvelles se cantonnait à survoler passivement leur page, ce n’était pas forcément un meilleur témoignage d’attention… Reste que cela me manque, parfois, de ne pas savoir comment cela se passe pour eux, même si j’essaie de les voir régulièrement malgré les distances qui nous séparent. Un certain dépit donc, que côtoie une incompréhension face à l’évolution de nos relations sociales qui doivent presque passer par les réseaux sociaux pour se maintenir. Un des points positifs dans ce constat, c’est que je me décarcasse un peu plus pour qu’on puisse prendre un verre autour d’un jeu de société!

Également, Facebook se révèle être un chouette outil pour organiser des événements, et à 3 mois de notre mariage, je me dis qu’un compte aurait pu m’être utile pour orchestrer tout cela ! Heureusement, mon amoureux veille au grain  😉

3 mois sans réseau donc, et aucun regret pour mon départ !

Néanmoins, si c’est le cas actuellement, il se peut que, plus tard, je vienne à changer d’avis.

Pour des raisons éthiques, je ne souhaiterais pas recréer un profil sur Facebook. Un lecteur avisé m’a récemment parlé du réseau Diaspora*, un réseau social libre.

~Interview~

interview

Pour en savoir un peu plus, j’ai posé quelques questions à Catherine, du beau et enrichissant blog « La marmotte chuchote » à propos de cette alternative.

Je vous laisse découvrir l’interview, éclairée par son propre parcours dans l’univers du libre et ponctuée de références pour approfondir la question. Je la remercie donc vivement pour le temps qu’elle a dédié pour répondre à mes interrogations 🙂

Catherine, utilises-tu différents types de réseaux sociaux en ligne?

Je suis inscrite sur Facebook, Twitter et Diaspora*. J’ai essayé aussi Pinterest mais je n’ai pas accroché.

Qu’est-ce qui t’a incité à t’inscrire sur les réseaux sociaux en ligne? Quel(s) usage(s) en fais-tu? (privé, pour le blog, pour maintenir des contacts,…)

Avant d’avoir un blog, je n’étais pas inscrite sur les réseaux sociaux. Depuis que j’ai ouvert mon blog il y a un peu plus d’un an, j’ai un compte Facebook et Twitter pour partager mes publications et avoir des informations sur les thèmes qui m’intéresse. Plus récemment, j’ai découvert Diaspora* (https://framasphere.org/). En fait, je ne fais pas d’usage privé des réseaux sociaux. Je ne m’en sers que pour mon blog.

A quelle fréquence les consultes-tu/ partages-tu des choses dessus?

Depuis quelques temps, j’essaie de diminuer ma fréquence d’utilisation. J’ai d’ailleurs enlevé l’appli Twitter de mon smartphone. Cela m’évite de vérifier toutes les 5 minutes s’il y a quelque chose de nouveau. En général, je me connecte 2 à 3 fois par jour et pas plus de 25 minutes à chaque fois. Le but est d’y rester moins d’une heure par jour. Il m’arrive aussi de ne pas me connecter de la journée ou pendant un week-end, par exemple.

Je partage essentiellement mes nouveaux articles du blog. Je relaie aussi des informations que je trouve intéressante en lien avec les thématiques de l’environnement.

Comment as-tu découvert Diaspora*?

J’ai découvert Diaspora* par l’intermédiaire de la campagne « Dégooglisons Internet » (http://degooglisons-internet.org/) de l’association Framasoft. Le but est de proposer des alternatives libres aux services offerts par les entreprises comme Google, Facebook, Apple …

Pourquoi t’y être inscrite?

Tout d’abord, je voulais découvrir un réseau social qui est plus éthique que Facebook. J’ai toujours trouvé difficile de paramétrer Facebook correctement. Je ne sais pas, encore aujourd’hui, ce que fait Facebook de mes données et où elles sont stockées. Je ne comprends pas non plus la hiérarchie des posts sur mon fil d’actualité.

Que peut-on rencontrer comme fonctionnalités dans Diaspora*?

Tu peux publier des informations en mode public ou mode restreint (famille, ami-e-s, connaissances). Tu peux aussi commenter, aimer, repartager les messages de ton flux, suivre des personnes ou des tags ou connecter Diaspora* à Twitter par exemple.

L’interface est très minimaliste et claire. Tu as accès aussi à des tutoriels pour commencer car certaines fonctionnalités ou façons de faire sont très liées à la communauté du libre.

Quand tu t’inscris, on t’invite à poster un message type pour dire que tu es nouveau et les autres utilisateurs te souhaitent la bienvenue. Du coup, tu es très bien accueilli.e. Ce n’est pas anonyme.

Y-a-t il des fonctionnalités que tu n’y trouves pas, qui te semblent manquantes?

Pour l’instant, la configuration de Diaspora* me convient très bien, même s’il existe de nombreuses discussions pour ajouter des fonctionnalités. Je ne suis pas une grande adepte de Facebook donc je pense que certain-e-s peuvent être dérouté-e-s par Diaspora*.

Quels sont d’après toi les atouts de Diaspora*?

Le principal atout de Diaspora* est la protection des données comme c’est très bien expliqué ici (http://degooglisons-internet.org/#enjeux) .

De plus, les informations que j’y trouve sont très différentes. Sur Diaspora*, il y a beaucoup de discussions et de débats (pour ceux que je suis) sur des thèmes de société : l’environnement, sur les logiciels libres … et cela me fait beaucoup réfléchir à certains sujets pour mon blog ou dans ma vie perso. Il y a quand même un côté militant. Mais tu peux aussi poster des photos si tu veux.

En dehors de ce réseau social, as-tu recours aux logiciels libres (comme le navigateur web Firefox, Linux pour l’ordinateur, la suite Libre Office comme suite bureautique, Wikipédia, d’autres équivalents)?

J’ai découvert les logiciels libres en 2003 comme je l’ai expliqué sur mon blog (http://www.lamarmottechuchote.fr/bienvenue-dans-le-monde-des-logiciels-libres/).

Depuis j’essaie au maximum d’utiliser des logiciels libres. Le dernier ordinateur que nous avons acquis n’a que Linux (pas de Windows) mais pour cela, il a fallu l’assembler.

(Ndlr : il est tout à fait possible sur un ordinateur acheté monté d’installer Linux comme OS, soit en écrasant totalement Windows ou Mac, soit en partitionnant le disque dur, c’est-à-dire en lui allouant deux espaces de travail l’un sous Linux, l’autre sous l’OS de base, espaces auxquels vous accédez via des sessions différentes. Un informaticien peut vous aider, et cette solution permet d’éviter les problèmes liés parfois au manque de compatibilité entre le libre et certains logiciels, comme les imprimantes. Mais effectivement, si vous ne voulez pas payer Windows/Mac, vous devenez assembler votre ordinateur).

Pour les logiciels, j’utilise Firefox, Thunderbird pour les mails, Libre Office (suite bureautique) et Latex (création de documents) … Aujourd’hui, je suis très familière des logiciels libres même si j’ai eu quelques difficultés au début. Les logiciels libres sont beaucoup plus accessibles et plus grand public qu’il y a dix ans.

Serais-tu prête à supprimer ton compte Facebook pour migrer uniquement sur Diaspora*? Si non, quels en seraient les freins?

Supprimer mon compte Facebook est une question que je me pose. Je ne voudrais plus utiliser Facebook ou Twitter pour des questions d’éthique et que ce n’est pas en accord avec ma philosophie et celle de mon blog. Par contre, il y a aussi des personnes qui me suivent sur Facebook et qui ne veulent peut-être pas migrer sur Diaspora*. Les réseaux sociaux sont aussi un moyen de faire connaître mon blog. J’y réfléchis car avoir trois réseaux sociaux différents c’est trop pour moi d’un point de vue temps.

Le frein principal est que je ne trouve certaines infos que sur Facebook car certaines personnes ne communiquent que par cet intermédiaire. Un jour je fermerai peut-être le compte Facebook du blog en gardant mon compte perso en dormance pour les 3 ou 4 infos qui m’intéressent. Après, Diaspora* est un réseau social minuscule par rapport à Facebook mais c’est aussi un atout.

Images: Pixabay

Et vous, êtes-vous social sur la toile ? Conventionnel ou libre ? Un peu, beaucoup, passionnément ou trop ? N’hésitez pas à partager vos avis !

Gratitude

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Un premier article pour 2016 qui se veut léger.

La nouvelle année, c’est le moment des vœux, des nouvelles résolutions: tout ce qui semble plein d’un petit quelque chose de magique sous l’œil du nouveau départ acclamé par les douze coups de minuit et les feux d’artifices.

Depuis l’an dernier, l’aube de la nouvelle année est également devenue le moment idéal pour moi pour dire “Merci” et témoigner de la gratitude aux personnes de l’ombre qui accompagnent mon quotidien.

… Le maraîcher qui nous fournit en légumes et fruits.

… Le boulanger qui, dès potron-minet, s’affaire à la cuisson des pains dont on aime tant humer l’odeur le matin dans la rue ou croquer sur le chemin du retour.

… Les accompagnateurs/trices et les conducteurs/trices de train qui, chaque jour, veillent à ce que les transports soient sécurisés et se passent pour un mieux.

Recevoir un merci, c’est valoriser leur travail quotidien. C’est reconnaître que l’on prend conscience de la personne qui assure le service. C’est humaniser un peu plus ces échanges devenus banals, mécaniques, maussades.

Le sentiment de gratitude est en vogue en ce moment, porté par les divers courants de développement personnel.

Que cela soit pour soi, pour notre environnement, pour tout ce qui constitue notre quotidien. Il est devenu l’essence même du positivisme censé rendre notre vie si belle et joyeuse.

Je ne partage pas trop l’avis comme quoi, parce qu’on est empli de gratitude envers l’Univers, celui nous le rendra bien. C’est un peu trop mystique pour moi.

Ce que je sais, c’est que savoir apprécier un moment, accompagner l’émotion suscitée, le consigner pour le soir y repenser avec un sourire fait du bien, et surtout nous rend plus conscient de la vie, de nous, des autres.

Du coup, témoigner à quelqu’un que l’on a pris conscience de ce qui est accompli pour nous au quotidien, c’est un acte de gratitude fort, valorisant, rassurant.

Alors, si vous offrez vous aussi une petite carte en ce nouveau mois de Janvier, prenez le temps d’accueillir ces moments de réjouissance, illuminés par une vraie joie, un sourire franc et une bouffée de chaleur humaine revigorante en ces temps de grogne sociale.

Beau mois de Janvier et une merveilleuse année à tous !

 

 

Voyages au Sud

{Pour changer, un article sans photo mais à lire avec de la musique}

J’aime les livres qui me font rêver et voyager au cœur des paysages et des êtres, ceux qui me confrontent un peu plus à moi même comme seuls certains voyages savent le faire.

Continuons alors sur le chemin de la littérature dans le cadre de l’éco-défi de novembre chez Échos Verts et partons en voyage. Rêvons. Ouvrons des yeux tout grand pour nous imprégner des beautés de la Terre et de l’essence des humains. Voguons vers l’Amérique du Sud au côté de Luis Sepúlveda, au travers, non pas d’un, mais de deux romans.

Luis Sepúlveda, je vous avais déjà présenté un de ces ouvrages, un conte qui parle d’escargots et de héros. Il est, je pense bien, mon auteur favori. Celui chez qui je me replonge régulièrement pour réchauffer mon cœur à la flamme vibrante et battante des êtres humains qu’il saisit si bien avec leurs valeurs et leurs failles.

Originaire du Chili, il réside désormais avec sa famille en Allemagne, ayant du quitter son pays natal sous la dictature de Pinochet, après notamment un séjour en prison. Activiste dans l’âme, Luis Sepúlveda est un fervent défenseur des causes sociales, mais aussi environnementales. Deux approches qui sont, finalement, intrinsèquement liées, si pas inextricablement.

Embarquons donc pour la forêt amazonienne et la Terre de feu, dans le regard des folies et des beautés humaines.

Le vieux qui lisait des romans d’amour”

Ce roman se passe au cœur de la forêt amazonienne. On en ressent la chaleur et la grandeur des hautes cimes. Il nous retrace l’histoire d’un combat pour la dignité au travers d’une chasse au jaguar qui menace un village portuaire. Au-delà de ce fil conducteur, nous sommes plongés au cœur du dédale des activités et des valeurs humaines d’un monde qui oscille entre des tribus ancestrales avec un savoir, un mode de vie, un code d’honneur bien différents des modes occidentaux qui grignotent les équilibres complexes de la forêt.

Le personnage principal, le « vieux », se retrouve confronté à son passé et ses écueils, aux conséquences d’actes insensés et cupides qui érodent la biodiversité et les valeurs humaines. Au delà de la folie des humains, il fait parfois meilleur de rêver d’amour…

Poignant, ce n’est pas un roman que l’on quitte avec le sourire mais c’est l’un de ceux qui laisse une trace. Pour très longtemps.

“ Le monde du bout du monde ”

Embarquons ici pour un voyage vers le froid, dans la lignée du mythique Moby Dick qui fait rêver le narrateur. Plusieurs années après un premier voyage au côté des chasseurs traditionnels de baleines sur les flots de la Patagonie, le narrateur se repart au Chili pour lutter contre la flotte du Nishin-maru, célèbre baleinier japonais qui organise un massacre.

Hommage aux combats de Greenpeace, cette histoire nous replace à nouveau à cheval sur deux mondes qui, s’ils se ressemblent en apparence (les baleiniers), n’ont rien à voir l’un avec l’autre.

Luis Sepúlveda nous raconte comment une activité de survie et une passion s’insèrent dans des écosystèmes houleux que viennent (cor)rompre un peu plus les activités dictées par le profit et les gains immédiats.

C’est une ode aux liens qui nous unissent aux milieux desquels nous dépendons et qui nous rappelle à quel point les acteurs de terrain sont ancrés dans ces espaces que nous prenons, du haut de nos activités commerciales, nos démarches paternalistes et notre technocratie, comme trop souvent acquis.

Deux courts romans, 120 pages chacun, à offrir à des jeunes gens pour les éveiller aux combats complexes du monde ou à des  plus expérimentés qui veulent entrevoir un peu de lumière dans les ombres du quotidien et raviver la flamme du combat qui veille au fond de chacun.

Retrouvez la présentation littéraire d’hier chez Natasha d’Échos Verts qui nous parlait d’un autre regard sur la vie au travers de « Permaculture » et rendez-vous demain chez Valérie du blog « Peuvent-ils souffrir ? ».

Histoire d’une quête vers le changement

Mercredi, j’ai eu l’occasion d’assister à la projection du film « En quête de sens ».

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Un très beau succès pour le cinéma associatif qui assurait l’organisation : salle comble, 461 personnes.

Il s’agit de l’histoire de deux amis d’enfance qui se retrouvent après que la vie les ait séparés… pour au final entamer une belle nouvelle aventure ensemble : partir à la découverte des gens et des initiatives qui feront le monde de demain.

Agroécologie, transition, sobriété heureuse, coopération, connaissance de soi sont les guides du périple.

Je « craignais » un peu de redécouvrir ce que je connaissais déjà autour des ces mouvements alternatifs. Bien sûr, ça fait toujours du bien de revoir tout cela, c’est motivant, enthousiasmant (c’est pour ça que j’y allais 😉 ). Au final, ce film est avant tout une belle aventure humaine, à la découverte de soi et des autres. Un chemin qui suscite de nombreux questionnements et beaucoup d’émotions.

Spiritualité, à prendre dans le sens de l’interconnexion et de l’interdépendance de la vie, et bienveillance ont, pour ma plus grande joie et surprise, des places prépondérantes dans le parcours.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le voyage débute sur l’agriculture. L’alimentation est un des derniers liens directs qui nous lie à l’environnement. Certes, l’industrialisation du système et la prépondérance de la grande distribution cisaillent ce lien ténu aux yeux du consommateur. Mais il reste solide malgré tout, résistant, que ce soit au travers d’un petit potager aromatique qu’on a le plaisir de cultiver soi-même ou le salut du maraîcher chez qui on prend quelques légumes. Un bon moyen de se rouvrir aux liens avec la Nature.

Nous partons d’abord sur les chemins de l’Inde. Il y a des rencontres de grand nom, notamment la physicienne Vandana Shiva, mais également un grand homme que je ne connaissais pas : Satish Kumar. Fondamentalement pacifiste, porteur des idéaux gandhiens, Satish Kumar prône la prise de conscience de la place de l’être humain au sein de la Vie. Une vision résolument holistique et profondément simple qui fait la part belle aux interactions sociales et offre de nouveaux horizons de bonheur au-delà de la consommation.

Un moment qui a également beaucoup trouvé écho en moi est l’instant où, après leurs découvertes d’autres approches de la vie, on se retrouve plongé dans le bain de la consommation effrénée aux alentours de Noël. Cette incompréhension profonde parfois génératrice d’angoisse, tellement on peut se sentir en décalage avec le modèle généralisé…

Une fois le clap de fin donné, ce sont des centaines de clap qui ont retentis : 4 salves d’applaudissements ! Un franc succès. La soirée s’est clôturée par l’intervention Skype de Marc de la Ménardière- le fameux ex-trader, et celle de Pablo Servigne dont je vais vous toucher un mot.

Pablo Servigne est un bio-ingénieur. Il s’est lancé dans la transition il y a 4 ans et vit actuellement au village des Amanins, le village des Colibris. Chaque mois, il publie un petit article sur cette nouvelle vie dans la revue Imagine – Demain le Monde (dont je compte bien vous reparler!). Pablo a co-écrit un ouvrage récemment : « Comment tout peut s’effondrer ».

comment-tout-peut-seffondrer_2015-light Vous pouvez découvrir l’ouvrage via cette interview réalisée sur une des radios belges. Je ne l’ai pas encore lu, je compte d’abord lire « Effondrement » de Jared Diamond.

Ce qui m’a particulièrement plu et interpellée à la fois dans le film et les commentaires de Pablo Servigne, c’est l’importance de réaliser une transition intérieure avant de poser les actes. Pablo Servigne souligne trois étapes dans son ouvrage.

1° L’accueil des émotions

Tout comme dans un deuil, la réalité de notre situation génère du déni, puis de la colère, du marchandage et, seulement, l’acceptation. Car comme il l’a si bien dit, c’est un avenir qu’on arrache…

2° Faire place à l’imaginaire

Si notre avenir n’est plus celui auquel on aspirait ou sur lequel on se reposait, il est indispensable d’en inventer une ! Soyons créatif pour envisager le bonheur de l’après pétrole : c’est une véritable expérience, un labo de vie qui nous attend-là.

3° S’ouvrir à la spiritualité

Nous parlons ici d’une dimension non-religieuse. Se pencher sur soi, le sens que l’on souhaite apporter à ses actes mais surtout prendre conscience que nous sommes connecter et dépendant de manière générale du réseau de la vie. Se sentir part d’un tout offre un certain espoir et rassure lors des temps de doutes.

Se pencher sur soi avant de s’ouvrir au monde, c’est au final se forger une résilience interne forte qui permet d’avance au gré des embûche du terrain. De belles qualités à se construire donc et à enseigner aux futurs poseurs de choix !

« En quête de sens » est donc un film sans « case », fruit d’un rêve, d’une ambition et d’un beau mouvement coopératif puisque son élaboration finale n’a pu voir le jour que grâce à une campagne de crowdfunding. Je vous le conseille vivement !

Eaux troubles

Ce billet n’était pas prévu.

Mais à force de peindre en noir pendant deux jours mes pièges à insectes, j’ai eu le temps de réfléchir sur certaines choses.

Lundi soir, j’ai allumé une bougie. Pour tous les insectes que j’allais devoir tuer lors de mes expériences. Cela m’a rappelé le temps où, chaque soir, j’adressais une pensée à tous les êtres-vivants en souffrance ou qui avaient quitté le monde matériel de notre Terre.

Et puis, la semaine dernière, il y a eu les drames des naufrages en Méditerranée.

Des victimes de la terreur. Des victimes de l’espoir aussi.

Car oui, ces femmes, ces hommes, ces enfants morts noyés, il avait l’espoir de trouver un refuge sur les côtes européennes. Un refuge et la paix.

800 morts – au moins.

800 personnes qui espéraient se sont noyées à nos frontières.

Et si peu de monde leur offrent une pensée, une bougie… ou une bannière « Je suis… »

Je n’ai cessé de m’interroger : quelle est la différence avec l’attentat de Charlie Hebdo en janvier ?

La frontière ?

Leur couleur, leur origine ?

Le fait qu’aucun de leur visage, coup de crayon ne nous soient familiers ?

Je ne sais pas.

Au final, ne sont-ils pas les mêmes victimes ? Victimes de cette même vague de barbarie sans nom qui inonde l’Afrique et les pays du Moyen-Orient ?

Je pense à eux bien sûr, mais il y a également eu le massacre dans l’université kényane. Et tous les autres coups de sang des extrémistes proches de Boko Haram.

Quand je pense aux migrants, je pense aux jeunes syriens que mon Amoureux à dans sa classe de primo-arrivants à Bruxelles. Déracinés. Dans un pays dont ils ne maîtrisent pas l’alphabet, la langue, la culture. Je me demande quel a été leur parcours pour arriver chez nous.

Demain, un sommet extraordinaire du Conseil européen sur les politiques migratoires aura lieu à Bruxelles. Le CNCD – groupe de coopération au développement- organise une marche silencieuse.

Une veille à la mémoire des demandeurs d’espoir.

Mais aussi une veille pour l’Europe. Pour dire que tous les regards ne sont pas baissés, que du contraire.

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L’eau n’éteint pas les bougies.

Ni celles de l’espoir, ni celles des mémoires, ni celles des printemps à venir.

Avril…et résultats du concours

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Avril et ses fils me donnent envie de vous parler de liens.

Ce mois de Mars fut l’occasion pour moi de réfléchir sur les liens que nous, humains, tissons avec nos congénères et avec les autres espèces. Des liens sources de joies, de bonheur, de beautés mais si complexes !

Comme on peut le lire chez Clémentine, j’ai l’intime conviction que notre capacité à la bienveillance, à l’empathie et à la compassion sert de fondement à un mode de vie plus écologique.

Plus ouverts aux autres, nous sommes plus réceptifs à la vie en général et peut-être plus respectueux.

Plus prompts à la bienveillance, envers nous-même notamment, nous sommes peut-être plus à même à nous remettre en question et corrigeons plus aisément nos faux pas.

Malheureusement, comme tout le monde, j’ai mes travers sociaux, mes blocages et mes frustrations. Je constate notamment que les personnes que j’apprécie sont celles avec qui je passe le moins de temps. En cause? Le travail, la distance, l’organisation bancale.

Avril cette année sera donc, je l’ai décidé, un mois “sans” et un mois “avec”.

Sans…

… achats personnels.

Je suis attentive à mes achats, plus fourmi que cigale.

Pourtant, depuis que j’ai mon salaire, j’ai parfois l’impression que ma vigilance s’est relâchée – surtout sur les livres! Je me fais plaisir et ainsi qu’à mes proches. Néanmoins, j’aspire à lâcher un peu prise sur ces aspects matériels ce mois-ci.

Retrouver le goût de la patience quand un livre est est prêt à la bibliothèque.

Savourer les plaisirs des découvertes livresques plutôt que d’engloutir des pages. Peut-être ceci est-il dû aux remous actuels, la librophagie étant sensiblement liée à mon taux de cortisol, hormone de stress.

Prendre le temps de rêver, de trier les idées. De laisser germer ou de laisser s’évanouir.

Avril sera donc le mois sans achats personnels, le mois du minimalisme matériel !

Hormis les achats, Avril me permettra également de faire le point sur mon analyse de poubelle résiduelle. Car depuis fin février, nous notons scrupuleusement avec mon Amoureux chaque déchet non-recyclable afin de voir s’il y a moyen d’adapter nos comportements et habitudes d’achats. Mais je vous en reparlerai bientôt 😉

Avec…

plus de liens et d’attentions !

Si le matériel sera à la baisse, le relationnel sera placé en avant !

Chaque semaine, je veillerai à au moins envoyer une attention toute particulière à une personne qui m’est chère. L’idée m’est venue lorsque j’ai souscrit au set de cartes mensuel proposées par Clémentine La Mandarine. Ses créations pleines de vie me plaisent énormément et ce sera ainsi l’occasion de partager quelques mots, un extrait de poésie, un petit dessin sur papier. De belles surprises dans les boîtes aux lettres en perspective 😉

Ainsi, les cartes postales et moi, c’est une belle histoire. J’adore vraiment préparer cela (et en recevoir !), j’y mets beaucoup d’attention : c’est vraiment un cadeau très personnel à mes yeux.

Par exemple, lundi, pour fêter nos 5 ans de bonheur, j’ai voulu offrir un petit quelque chose fait main à mon Amoureux.

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Le résultat ? Il l’a trouvé si original et réussi que j’ai souhaité partager l’idée, surtout que c’est de la récup’ !

DIY – Carte

Pâques approche… et les oeufs en chocolat inondent parfois nos paniers ! Devant tant d’emballages en aluminium si brillants et colorés, j’ai décidé l’an dernier de les conserver avec soin pour un bricolage ultérieur.

Me voilà donc avec une bonne dizaine de petits papiers multicolores: de quoi préparer une carte originale.

De quoi avez-vous besoin?

  • 1 feuille de papier épais (de la taille de votre choix)

  • 1 feuille de papier brouillon

  • un cutter

  • de la colle

  • des emballages d’oeufs en chocolat

  • un marqueur épais

Plier la feuille de papier épais en deux pour former un “V”.

Découper alors votre feuille de brouillon à la taille d’une des faces du V: vous pouvez la faire un peu plus petite (1cm en moins en longueur et en largeur).

Sur l’une des face de la feuille épaisse, dessiner les formes que vous souhaitez: du texte , des fleurs ou des hirondelles, ce qui vous plaît ! Découper soigneusement ces formes à l’aide du cutter. A ce moment, vous pouvez souligner leur contour à l’aide du marqueur épais.

Reprenez votre papier brouillon: vous allez y coller en mosaïque les emballages d’oeufs. Soyez délicats pour ne pas déchirer l’aluminium.

Quand le tout est bien sec, enduisez de colle la face interne de la feuille épaisse dans laquelle vous avez découpé les formes. Collez-y alors la feuille de brouillon sur laquelle brille la mosaïque des papiers d’emballage.

Laissez sécher… et voilà une jolie carte à remplir et à offrir 🙂

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Pour terminer sur la note des cadeaux, je vous annonce les résultats du concours organisé dans le cadre de l’éco-défi du mois de mars.

Résultats du concours

Parmi les 7 participantes, une seule avait pour souhait de gagner “Faut-il manger les animaux?” de J. S. Foer.

Iris, mon exemplaire est donc pour toi !

Nous avons tiré au dé la gagnante de “Plaidoyer pour les animaux”. Il s’agit de…

NadegeB

Félicitations à toutes les deux. Je vous invite à me communiquer vos adresses postales par email (tousdesgraines[a]gmail.com). Merci aux participantes pour leurs sympathiques commentaires !

Belle soirée à tous 😉