Eloge de la lenteur: récit

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Un conte aux illustrations superbes, en noir et blanc, qui vous plonge au ras du sol, à cavaler entre les brins d’herbe à dos d’escargot.

Un conte, aux textes doucement engagés, qui sonnent si juste et rappellent toujours si bien la folie des Hommes.

Un conte qui nous illustre l’importance de s’arrêter pour regarder la vie, pas juste la voir passer comme un coup de vent.

C’est l’histoire d’un escargot anonyme dans son groupe, où tous sont d’ailleurs anonymes. Leur vie, simple et lente dans un jardin de pissenlits, est rythmée d’habitudes étranges et un peu creuses, empruntées à de grands animaux encore plus étranges.

Mais notre héros escargot s’interroge : pourquoi est-il si lent alors que tant d’autres animaux filent dans les airs ou courent dans les champs ? Et puis, aussi, il aimerait bien avoir un nom à lui.

Commence alors sa quête vers le sens de sa lenteur et à la recherche d’un nom. Son identité se révèlera au cours de son voyage, et il découvrira que la lenteur est une force qui les préservera d’un immense danger.

Je ne vais pas faire de critique littéraire, non.

Je vais vous illustrer l’importance de la lenteur par un fait qui s’est déroulé sur mon lieu de villégiature.DSC_0911 

Le héros est un petit garçon de trois ans. Et parce qu’il a su regarder, il a décelé un immense danger .

La femme du propriétaire du gîte où nous logions dans les Cévennes fait de son mieux pour aménager le tout joliment. Elle avait trouvé chez un pépiniériste une plante décorative qui lui plaisait : des primevères du Missouri (Oenothera spp.). Colorées, au parfum subtil et à la floraison longue : de quoi enjoliver les abords du bassin.

Voilà qu’un jour, alors que les propriétaires étaient au bassin, que le petit bonhomme pas plus haut que trois pommes vint les trouver tout affoler parce que « les oiseaux-mouches étaient prisonniers ».

Un oiseau-mouche, des colibris dans la garrigue française ? Que nenni ! Il s’agit en fait d’un petit papillon, appelé moro-sphinx (Macroglossum stellatarum), dont le vol rappelle celui du colibri.

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Ce petit papillon pensant tirer profit des primevères du Missouri s’en était allé les butiner, tout à son aise.

Hop, en vol stationnaire, le voilà qui déroule sa trompe au fond de la corolle pour y chercher le nectar sucré. Sa gourmandise assurée, notre ami faux-colibri décide de changer de fleur…

Sauf que le voilà coincé, sa longue langue prisonnière de la corolle américaine.

Il tire surement pour se dégager. Épuisé, il finit pendu par la langue, incapable de s’échapper. Condamné.

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Ces primevères aux atours engageant se sont révélées être un véritable piège. Il faut s’armer de patience et de doigté, ouvrir délicatement la corolle de la fleur pour pouvoir dégager la longue langue de l’infortuné insecte. Peu en réchappent:le bassin est orné d’un cimetière à moro-sphinx…

Le petit garçon, parce qu’il a su regarder la vie autour de lui, a pu sauver quelques vies. Cela faisait 7 longues années que ces plantes étaient semées…

Une belle leçon pour les adultes effrénés que nous sommes.

Au-delà de la lenteur, ces fleurs illustrent le problème des plantes d’ornement importées. Transposer des plantes qui ont évolué dans des environnements différents peu générer de véritables drames écologiques. En effet, des espèces qui occupent les mêmes habitats vont poursuivre une co-évolution : des associations vont émerger, de même que des répartitions de territoire bien délimitées. La primevère du Missouri vient peut-être d’un habitat où il n’y a pas d’insectes à longue langue qui risquent de se retrouver coincés et mourir aux portes de sa corolle.

Pensez-y : pour agrémenter votre jardin, privilégiez les plantes indigènes ! Et surtout, évitez -toutes belles soient-elles – les primevères du Missouri.

Plus d’infos pour éviter cette plante : Alerte de l’INRA sur les Oenothera

Menu estival

Nous voici officiellement en été !

Qui dit été, dit examens, moustiques, coups de soleil, ciel bleu avec des martinets, les vacances, les nuits douces parfumées de tilleul et ponctuées des chants des merles.

Et puis, surtout, le grand retour des légumes et fruits d’été !

C’est l’occasion pour moi d’inaugurer une nouvelle rubrique, celle des “Menus hebdomadaires”.

L’idée est de proposer, une semaine sur deux, un aperçu de notre menu de la semaine. Les plats sont végétariens, souvent végétaliens, sinon facilement végétalisables je pense. Il convienne pour deux personnes en plat principal, avec souvent un reste qui me suffit pour le lendemanin midi.

Ainsi, cela permettrait aux personnes qui s’initient au végéta*isme de piocher des idées à adapter au gré de leurs ingrédients et envies 🙂

Je vous laisse découvrir le menu de la semaine dernière, en espérant qu’il vous inspirera 😉

Tarte salée à la tomates & Salade composée de laitue et de radis, assaisonnée de d’huile de lin et de noix, d’un peu de vinaigre et parsemée de graines de courge.

La recette de la tarte se trouve par ici.

Pour ma part, j’ai mis moitié de farine de pois chiche et je parfume ma pâte avec un peu de basilic et de cumin.

Pâtes en sauce crémeuse, aux deux tomates et à la roquette

Il s’agit de tagliatelles doucement réchauffés avec une sauce composée de deux oeufs battus avec un peu de crème et de la moutarde, auquels j’ajouete une belle grosse tomate coeur de boeuf, quelques tomates séchées coupées en dés et du basilic. J’ai ensuite parsemé les assiettes d’une belle grosse poignée de roquette et d’un peu de parmesan. Pour une version végétalienne, je pense que du tofu soyeux (200g – à tester) devrait avantageusement remplacer les oeufs 😉

Timbale de millet, croquettes de tofu aux olives et tian courgettes/tomates coeur de boeuf/poivrons rouges

Du millet tout simple, des légumes cuits au four parsemés d’origan, de basilic, d’une pointe de piment de Cayenne, d’huile d’olive et de sel, le tout avec des croquettes bien parfumées!

Pour les croquettes, j’ai tout simplement réduits en purée 2 grosses pomme de terre, que j’ai malaxé avec du tofu aux olives émietté (150g), roulé des boulettes ensuite passées à la poêle.

Poivrons farcis aux lentilles corail et au millet, sauce au pesto de roquette

Ma farce se composait du reste de millet de la veille (j’avais prévu le coup!), mélangé à des lentilles corail cuites, du basilic, de l’origan, du cumin et du curry, des algues en paillettes (2 càs), de l’ail et des tomates séchées découpées en dés et du reste de tofu aux olives.

Pour le pesto, je mixe deux belles poignées de roquette, deux gousses d’ail, de l’huile d’olive, un peu de crème liquide (végétale ou non) et j’avais ajouté du parmesan.

Compter 3 poivrons pour 2 (= 6 demis)

Cottage pie

(ou anciennement “hachis parmentier végétarien”- j’ai du le renommé car ma tendre moitié trouvait le nom insensé vu qu’il n’y avait pas de hachis…)

1kg de purée de pommes de terre, cuite avec ½ poivron rouge.

Quant à la farce, j’ai mélangé des lentilles vertes cuites, 1 oignon, 3 gousses d’ail, 2 courgettes, 2 poivrons, 4 tomates de taille moyenne, et une demi-botte de chénopode (substituable par des feuilles de bettes, ou des épinards). Le tout assaisonné avec mon quatuor habituel: curry, cumin, origan et basilic.

(Je ne vous cache pas, cette fois-là, on en a eu pour 2 jours 😉 ).

Crêpes salées et tartinades, accompagnées d’une salade de crudités et de courgettes poêlées

Pour les tartinades, j’en avais prévu deux: le reste de lentille corail mixée avec de tomates séchées et parfumée au basilic, ainsi que du tofu fumé mixé avec de la betterave, allongé d’un peu de crème.

Pour chaque semaine, je prépare toujours un en-cas pour la pause du matin. La semaine dernière, j’avais fait un clafoutis rhubarbe-cerise au yaourt, mélange de deux recettes de Cléa. On s’est régalé ! =)

Hélas, je n’ai aucune photo culinaire… je vous laisse sur quelques doux souvenirs de la région cévenole (sous l’objectif de mon Amoureux), que je retrouverai d’ici deux semaines. Belle soirée d’été !

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