Lîdjeu, du wallon dans les savons!

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Au gré de mes pérégrinations, j’ai récemment découvert un tout jeune atelier wallon de fabrication de savons saponifiés à froid.

Créé en 2015 par Baptiste et Maïwenn, les savons Lîdjeu se déclinent en 7 variétés , notamment un savon pour les enfants et femmes enceintes/allaitantes, très épuré et sans huiles essentielles, un savon spécial randonneur multi-tâches pour accompagner les voyages et un shampooing solide.

Des savons 100 % naturels, composés d’huiles végétales, d’huiles essentielles, d’argile et de graines ou plantes séchées, entièrement réalisés dans la cité ardente !

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Comme j’aime bien les nouveautés, surtout quand elles sont locales, et que je suis curieuse, j’ai posé quelques questions à Baptiste qui y a aimablement répondu.

Allez, j’arrête de vous faire mousser et vous laisse partir à la rencontre de ces entrepreneurs innovants et dynamiques !

– Baptiste, comment sont nés les savons Lîdjeu?

Les Savons Lîdjeu! sont nés avant tout de notre trajet de vie. Maïwenn (ma compagne) et moi-même avons appris à fabriquer notre savon en autodidactes il y a quelques années. Comme ça nous amusait grandement, nous en avons produit un plus grand nombre d’abord pour les offrir à notre famille (comme cadeau de noël ou d’anniversaire), puis nous avons fait un ou deux marchés artisanaux, comme ça, pour voir.

Nous avons ensuite effectué un long voyage de plusieurs mois en Amérique du Sud, abandonnant nos boulots et, donc, nos perspectives concrètes au retour. Et dans le cadre de notre voyage, tout régénérés d’avoir observé les différentes dynamiques rencontrées pendant ces mois, a grandi en nous l’idée que nous pourrions, nous aussi, essayer de proposer quelque chose d’innovant, d’inventer notre propre boulot et de faire quelque chose de bien, à notre échelle.

Lîdjeu, pour Liège. Dès le départ, vous semblez partis sur l’idée d’un commerce local, quelles sont vos motivations pour vous dirigez vers ce type d’activité économique?

Le côté « liégeois » de notre savon a deux raisons : d’abord nous croyons fermement aux circuits-courts, et pensons qu’il est plus cohérent d’essayer de vendre au plus proche plutôt que de chercher à aller le faire loin, et ensuite nous sommes liégeois, donc un peu chauvins 🙂

– Le local est fortement mis en avant en ce moment, mais est-ce si simple de se lancer ? Avez-vous rencontré des difficultés?

Est-ce si simple de se lancer… Oui et non.

Oui, en soi c’est facile de monter son entreprise, ça prend une semaine pour avoir tout le nécessaire.

Non ce n’est pas facile, il faut avoir un projet qui tient la route, un bon business plan et un financement suffisant. Pour nous, on avait le projet, pas de business-plan autre que nos intuitions (et pas le temps d’en faire un) et un financement assez faible (un prêt de mon papa). On a la chance de ne jamais être descendu dans le rouge, mais nous y arrivons en n’étant pas toujours à jour dans nos factures. Donc c’est un gros challenge. Administrativement ça demande aussi une belle organisation, mais de ce côté on s’en sort étonnamment bien 🙂

– Travaillez-vous avec les autres acteurs locaux, en pensant notamment à la Ceinture AlimenTerre?

Concernant la CATL, c’est assez évident qu’on se sent à la fois partie de cette logique (de manière très officieuse) et en même temps un peu décalé.

Nous travaillons essentiellement avec des produits qu’on ne peut pas fabriquer en Belgique (huile d’olive, coco, huiles essentielles de lavande ou d’ylang-ylang etc…) donc on ne peut pas dire qu’on soit vraiment dans la logique de la CATL, et en même temps on cherche quand même à travailler dans les mêmes logiques.

Il se trouve que Maïwenn et moi avions déjà suivi de près le lancement du projet de la ceinture et nos affinités avec les gens que nous y avons côtoyé existe bien sûr toujours.

– En quelques mots, pourriez-vous nous raconter le quotidien de la savonnerie artisanale?

Le quotidien de la savonnerie… Je pourrais te faire une liste des tâches plus ou moins exhaustive, mais en vrai on n’a pas franchement de quotidien type.

On s’organise par semaine: un jour de fabrication de savon, un jour de livraison, un jour d’emballage, un jour d’administratif/facture, plus le cas échéant la préparation des marchés, les marchés en tant que tel, le démarchage d’éventuelles nouvelles boutiques, etc. Récemment avec l’offre Facebook, on a eu pas mal de travail en plus, puisqu’il fallait suivre les différentes demandes, répondre aux questions, préparer des envois et les envoyer, vérifier les paiements, etc.

Le quotidien est assez chahuté et en même temps, nous sommes tous les deux dans une logique où nous avons fait le choix de ne plus subir d’autre contrainte que la nôtre. Cette liberté de l’indépendant, nous la choyons aussi, et donc nous nous sentons très largement libre d’adapter notre horaire à nos envies, quitte à parfois gagner un peu moins d’argent, ou un peu moins vite.

– Quelles sont les origines de vos ingrédients ? Parvenez-vous à travailler avec des produits locaux également ?

Malheureusement, nous travaillons avec fort peu d’ingrédients locaux.

La vérité étant que la Belgique, pour fertile qu’elle soit, est assez peu propice à la culture des produits avec lesquels nous travaillons: (olive, coco, ricin, par exemple), le savon « traditionnel » de nos régions étant fait à base de saindoux, ce qui correspond assez peu à notre approche environnementale: quitte à souffrir un peu de nos contradictions, nous avons fait le choix de garantir des huiles végétales bio à défaut de pouvoir être entièrement dans une logique de localisme. Cela dit, nous travaillons avec des partenaires liégeois: notre grossiste est à Liège depuis 30 ans, nos emballages sont aussi fabriqués à Liège ainsi que tout le reste.

– Quel développement envisagez-vous pour votre savonnerie? (nouveaux produits, nouvelles combinaisons d’huiles végétales et essentielles, plusieurs types de shampooings, vente en ligne?)

Dans le rayon nouveauté, nous allons un peu nous calmer pour le moment, nous avons 7 mois d’existence et déjà une gamme de 7 produits. C’est beaucoup à gérer, niveau stock en tout cas, et nous venons de lancer les deux derniers. Donc, on va d’abord se concentrer sur ce qu’on a déjà, essayer de voir ce qui fonctionne bien et ce qui fonctionne moins bien, puis on repartira de l’avant – à mon avis pour le début de l’été. D’autant qu’on planche déjà sur le lancement d’un crowd-funding accompagné d’un super clip en cours de réalisation et qu’on vient de commencer à donner des ateliers de fabrication de savons, donc on cherche un peu sur d’autres terrains en ce moment! Nous voudrions aussi finaliser notre site web qui nous attend depuis plusieurs mois – avec ou sans vente en ligne, nous verrons.

– Et pour finir, où peut-on vous trouver?

Où nous trouver…

Alors, sur Facebook déjà et bientôt sur notre site web. Et puis dans un certain nombre de boutiques (voir liste ci-dessous) :
A Liège:

Osons-Bio/Peuchère, place du général Leman

Graines d’Épices, rue de Serbie (angle de la rue des Guillemins)

Le boudoir de Jeanne, rue Puits-en-sock,

Un Pain C’Est Tout, rue de la loi

L’Épicerie du Nord, place saint léonard,

Li Botike di Lidje, En Féronstrée

La Couronne, impasse de la Couronne,

Goveg, Hors-Château

Wattitude, Souverain Pont

La Maison des Plantes, Galerie Opéra,

Le Temps des Cerises, rue du Laveu.

En dehors de Liège :
Mandarine, Jeneffe

Piscine, Crisnée

Nos Racines, Herve

La Prulhière, Battice

Le Comptoir du Naturel, Verviers

Zinzoline et Patchouli, Welkenraedt et Verviers

Le Sanoriz, Spa,

BioFagne, Theux,

Au Coeur du Bio, Aywaille

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Merci à Baptiste d’avoir répondu à mes questions ! Vous pouvez suivre le développement de la savonnerie Lîdjeu sur leur page Facebook.

CoDT: quand la Wallonie fait marche arrière

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By Matthieu Debailleul (http://aascalys.free.fr) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)%5D, via Wikimedia Commons

 

Bonsoir à tous!

Difficile de trouver le temps en ce moment pour écrire comme je le souhaiterais: janvier fut particulièrement chargé, si bien que j’ai carrément laissé passer la date d’anniversaire du blog.

Et oui, il a soufflé sa 1ère bougie le 13 janvier ! De nombreux articles sont au programme cette année, mêlant à la fois, sciences, réflexions sur l’écologie au quotidien et sur la société.

Après cette petite parenthèse, plongeons dans le sujet du jour, un sujet politique, écologique, engagé et… wallon!

Tout commence sous la précédente législature de la région wallonne (ndlr: en Belgique, la Wallonie correspond au sud de la Belgique, comprenant la communauté française et la communauté germanophone – il y a 3 niveaux de pouvoir dans mon petit pays: le fédéral, le régional et le communautaire, bref).

La Wallonie souhaite réviser le Code Wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, du Patrimoine et de l’Energie (CWATUPE) en vue de le simplifier, administrativement parlant.

Car oui, admettons-le, l’administration est souvent compliquée.

Le CWATUPE deviendrait CoDT, Code de Développement du Territoire.

Qui dit territoire, dit paysage, et donc écologie. En effet, une révision de la législation régissant les aménagements du territoire semble, de prime à bord, offrir des opportunités pour mieux intégrer entre les lignes de la Loi les enjeux environnementaux qui se jouent dans nos campagnes et nos villes.

Sauf que, de la simplification administrative, nous voilà partis vers une simplification du paysage, un paysage déjà fortement transformé sous la pression anthropique, morcelé, homogénéisé, pas écologiquement en bonne santé.

Scientifiques et ONG ont sifflé, et administré trois cartons rouges qui menacent grandement les équilibres fragiles et nos maigres efforts en matière de conservation de la biodiversité.

# Carton n°1 : Les haies

A la fois abris, garde-manger, éléments connecteurs et aides précieuses face à l’érosion des sols et aux inondations, les haies sont des éléments essentiels pour le maintien de la biodiversité et le soutien aux écosystèmes.

L’arrachage et la destruction de haies nécessitent actuellement une demande de permis. Lors de l’élaboration du réseau Natura 2000 en Wallonie, on ne s’était pas tellement préoccupé des haies puisqu’elles étaient déjà bien protégées par le CWATUPE.

Dans le CoDT, cette demande de permis est levée (excepté pour les haies classées), privant ainsi les haies de leur unique mesure de protection – et par ailleurs ajoutant une incohérence énorme aux actuelles mesures agro-environnementales wallonnes qui encouragent la réhabilitation (et rémunèrent) des haies dans les paysages agricoles !

#Carton n°2 : Les sapins de Noël

La culture intensive de sapins de Noël a le vent en poupe en ce moment. Normalement consignée dans les zones agricoles avec demande de permis, le CoDT simplifie en l’autorisant désormais dans les milieux forestiers et dans les zones agricoles, sans permis préalable.

Pire, classées dans la catégorie « horticulture », les cultures de sapins de Noël ne seraient plus soumises au Code Forestier qui proscrit l’usage de pesticides et autres facteurs de croissance.

Les milieux forestiers, où règne déjà un équilibre fragile entre rentabilité et protection environnementale, se verraient déstabiliser par l’ouverture à cette activité entraînant une pollution inquiétantes pour les écosystèmes forestiers suite à l’autorisation de l’usage des pesticides, mais également une déstructuration des massifs forestiers par l’arrivée de ces cultures de sapins beaucoup plus rentables à court terme, chamboulant équilibres écologiques et économiques.

# Carton n°3 : Les modifications du relief du sol

Actuellement, le CWATUPE encadre un minimum les travaux entraînant une modifications du relief des sols, comme par exemple les remblais. Les aménagements apportés par le CoDT restent très flous et pourraient engendrer de graves perturbations sur la régulation des niveaux d’eau, des nappes phréatiques et de la biodiversité liée aux zones humides, déjà sensiblement menacées.

En ce moment, une pétition lancée par 8 associations environnementales circulent en ligne, rassemblant près de 14 000 signatures. Cette pétition sera remise à la commission de l’environnement du Parlement wallon : plus les voix de la raison environnementale se feront entendre, moins les parlementaires sauront faire la sourde oreille !

Lecteurs belges, vous savez que faire comme bonne action ce soir : signer et relayer la pétition 🙂

Plus d’informations:

https://biodiwal.wordpress.com/2016/01/16/le-projet-de-codt-2016/

http://protectiondesoiseaux.be/le-nouveau-code-du-developpement-territorial-une-menace-majeure-pour-lenvironnement/

 

Voyages au Sud

{Pour changer, un article sans photo mais à lire avec de la musique}

J’aime les livres qui me font rêver et voyager au cœur des paysages et des êtres, ceux qui me confrontent un peu plus à moi même comme seuls certains voyages savent le faire.

Continuons alors sur le chemin de la littérature dans le cadre de l’éco-défi de novembre chez Échos Verts et partons en voyage. Rêvons. Ouvrons des yeux tout grand pour nous imprégner des beautés de la Terre et de l’essence des humains. Voguons vers l’Amérique du Sud au côté de Luis Sepúlveda, au travers, non pas d’un, mais de deux romans.

Luis Sepúlveda, je vous avais déjà présenté un de ces ouvrages, un conte qui parle d’escargots et de héros. Il est, je pense bien, mon auteur favori. Celui chez qui je me replonge régulièrement pour réchauffer mon cœur à la flamme vibrante et battante des êtres humains qu’il saisit si bien avec leurs valeurs et leurs failles.

Originaire du Chili, il réside désormais avec sa famille en Allemagne, ayant du quitter son pays natal sous la dictature de Pinochet, après notamment un séjour en prison. Activiste dans l’âme, Luis Sepúlveda est un fervent défenseur des causes sociales, mais aussi environnementales. Deux approches qui sont, finalement, intrinsèquement liées, si pas inextricablement.

Embarquons donc pour la forêt amazonienne et la Terre de feu, dans le regard des folies et des beautés humaines.

Le vieux qui lisait des romans d’amour”

Ce roman se passe au cœur de la forêt amazonienne. On en ressent la chaleur et la grandeur des hautes cimes. Il nous retrace l’histoire d’un combat pour la dignité au travers d’une chasse au jaguar qui menace un village portuaire. Au-delà de ce fil conducteur, nous sommes plongés au cœur du dédale des activités et des valeurs humaines d’un monde qui oscille entre des tribus ancestrales avec un savoir, un mode de vie, un code d’honneur bien différents des modes occidentaux qui grignotent les équilibres complexes de la forêt.

Le personnage principal, le « vieux », se retrouve confronté à son passé et ses écueils, aux conséquences d’actes insensés et cupides qui érodent la biodiversité et les valeurs humaines. Au delà de la folie des humains, il fait parfois meilleur de rêver d’amour…

Poignant, ce n’est pas un roman que l’on quitte avec le sourire mais c’est l’un de ceux qui laisse une trace. Pour très longtemps.

“ Le monde du bout du monde ”

Embarquons ici pour un voyage vers le froid, dans la lignée du mythique Moby Dick qui fait rêver le narrateur. Plusieurs années après un premier voyage au côté des chasseurs traditionnels de baleines sur les flots de la Patagonie, le narrateur se repart au Chili pour lutter contre la flotte du Nishin-maru, célèbre baleinier japonais qui organise un massacre.

Hommage aux combats de Greenpeace, cette histoire nous replace à nouveau à cheval sur deux mondes qui, s’ils se ressemblent en apparence (les baleiniers), n’ont rien à voir l’un avec l’autre.

Luis Sepúlveda nous raconte comment une activité de survie et une passion s’insèrent dans des écosystèmes houleux que viennent (cor)rompre un peu plus les activités dictées par le profit et les gains immédiats.

C’est une ode aux liens qui nous unissent aux milieux desquels nous dépendons et qui nous rappelle à quel point les acteurs de terrain sont ancrés dans ces espaces que nous prenons, du haut de nos activités commerciales, nos démarches paternalistes et notre technocratie, comme trop souvent acquis.

Deux courts romans, 120 pages chacun, à offrir à des jeunes gens pour les éveiller aux combats complexes du monde ou à des  plus expérimentés qui veulent entrevoir un peu de lumière dans les ombres du quotidien et raviver la flamme du combat qui veille au fond de chacun.

Retrouvez la présentation littéraire d’hier chez Natasha d’Échos Verts qui nous parlait d’un autre regard sur la vie au travers de « Permaculture » et rendez-vous demain chez Valérie du blog « Peuvent-ils souffrir ? ».

Climat: parlons-en !

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Parlons du climat pour éviter d’en arriver là ! (vu chez Antigone XXI – http://antigonexxi.com/2015/11/23/ma-revue-du-monde-novembre/)

Nous sommes actuellement confrontés à des menaces imminentes. Des mesures sont prises en conséquence pour assurer au mieux la sécurité de tous. Cependant, nous ne devons pas oublier une autre menace qui se fait tout d’un coup plus silencieuse, plus discrète alors qu’elle est quotidienne : le réchauffement climatique.

J’avais débuté cet article bien avant les attentats de Paris. Je comptais vous présenter le réchauffement climatique, ses conséquences, les enjeux de la COP 21 et toutes une série de manifestations prévues dans ce cadre. Mais j’ai dû revoir ma ligne directrice.

Ce soir, nous parlerons, parce qu’il le faut, du climat, de la COP 21. Cet article lance également mon intention de vous parler d’espoir, d’imaginaire et de rêve, thèmes qui seront plus développés autour des fêtes.

2015 est donc une année importante pour le climat. Celle de la COP 21.

COP, Conference of the Parties. La 21ème réunion mondiale sur le climat.

COP21

Du 30 novembre au 11 décembre, des représentants des gouvernements mondiaux – 196 états représentés – vont se réunir autour de plein de tasses de café et de dossiers lus (espérons-le!), relus décortiqués et plein de traces des débats nocturnes, des colères et d’espoir (je peux bien rêver un peu, non?).

Notre avenir et celui des générations à venir est placé dans les mains de quelques uns (mais pas que!). Ça semble si gros et improbable que cela peut prêter à rire. Pourtant, c’est bien la cas. Et aujourd’hui, j’ai envie de discuter des enjeux avec vous. S’informer et comprendre, ce sont les premiers pas menant vers l’action.

Le climat et nous : petit rappel

Posez-vous un instant, une tasse bien chaude avec contenant au choix, un petit calepin ou une feuille de brouillon, un crayon entre les doigts et dites-moi : Qu’est-ce que le réchauffement climatique pour vous ? Notez-le, et dites-le moi en commentaire là plus bas !

Si je vous demande cela c’est que, malgré qu’on en parle régulièrement version « catastrophes à venir », force est de constater que ce n’est pas forcément clair dans les esprits, en attestera cette récente étude dans nos écoles belges. (Ndlr : les 5ème et 6ème années du cursus belge correspondent à la 1ère et la terminale en France. La 7ème est une année supplémentaire disponible pour une équivalence de diplômes ou tremplin à l’entreprenariat).

Un petit rappel sur les fondements scientifiques ne fera donc pas de tort, n’est-ce pas ? Histoire qu’on se comprenne un peu pour la suite.

Le réchauffement climatique correspond en fait à l’exacerbation d’un phénomène naturel : l’effet de serre.

L’allégorie facile est celle de la serre à tomates. Si vous souhaitez obtenir de belles tomates dans nos contrées du Nord, vous les placez généralement sous une serre qui leur permettra d’être maintenues dans un environnement avec une température plus élevée que celle à l’extérieur. En effet, les rayons chauffants émis par le soleil vont pénétrer votre serre et en réchauffer les composants (sol, structure, plants de tomates). Tout corps/structure chauffé.e réémet la chaleur accumulée sous forme d’infra-rouges, des rayons thermiques, qui se dissipent dans l’air. Cependant, la serre empêche ces infra-rouges de se dissiper dans l’atmosphère, les maintenant dans l’espace confiné de la serre et donc permettre à la température d’augmenter et, ainsi, vous donner une belle récolte de tomates.

La planète Terre est une très grande plantation de tomates, placées sous une serre invisible de gaz. Grâce à eux, une partie des rayons infra-rouges réémis par la Terre chauffée par le soleil est maintenue et nous permet de vivre à une température moyenne de 15°C au lieu de -18°C. Parmi les gaz constituant la serre, on retrouve notamment la vapeur d’eau et le fameux CO2, ou dioxyde de carbone. Le CO2 est actuellement en augmentation dans notre atmosphère, une augmentation liée aux activités anthropiques.

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Schéma illustrant le principe de l’effet de serre (source originelle non trouvée)

Un consensus scientifique a été atteint: on s’entend sur le fait que ce sont bel et bien les activités humains qui sont la cause du changement climatique actuel. On parle d’ailleurs de marquer le coup en initiant une nouvelle ère dans l’histoire géologique, l’ère de l’Anthropocène.

J’ai envie de dire, à quand bien même ce ne serait pas nous les responsables directs, les faits sont là: le climat change et a/aura des répercussions importantes sur notre société.

En 2016, je vous parlerai plus en détail des impacts du réchauffement climatique. Aujourd’hui, je me focaliserai sur les enjeux de la conférence et l’importance de tous y réfléchir.

Quels sont les enjeux de la COP 21?

La COP21 est surtout un enjeu politique – et un fameux dilemme du prisonnier !

Mais qu’est-ce donc que ce dilemme? Le principe est celui d’une situation où des joueurs gagneraient à coopérer ensemble mais peuvent recourir à la carte de l’individuel pour maximiser – égoïstement- leurs gains. L’exemple typique est celui de deux complice arrêtés pour un méfait. Ils sont interrogés séparément et se voient proposer ceci :

– S’ils avouent tous les deux, ils encourent une peine allégée à 5 ans chacun (= double perdants)

– Si l’un dénonce son complice, il aura droit à une peine de 6 mois de prison alors que le complice dénoncé purgera la peine totale de 10 ans (= position égoïste)

– Si chacun garde le silence, l’absence de preuves suffisantes leur permettra de ne purger que 6 mois de prison (=coopération). Appliqué au problème du climat, cela peur donner ceci:

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Illustration du dilemme du prisonnier appliqué au changement climatique

Typiquement, sous le régime actuel, on peut dire qu’à moins que tous les pays s’engagent d’un commun accord à travailler ensemble à une réduction des émissions de gaz à effet de serre – ce qui passe par une réforme du modèle et des activités économiques (= situation de coopération), il est risqué pour un pays ou un petit ensemble de pays de s’engager seul.s sur cette voie au risque de se retrouver affaibli.s sur les marchés économiques. Évidemment, si chaque pays s’avoue incapable d’agir, vous avez compris l’affaire ! Vue ainsi, il est dur de s’engager, n’est-ce pas ?

Pour avoir une vue d’ensemble des enjeux de la COP21 et du réchauffement climatique en général, je vous invite à consulter deux articles du journal « Le Monde ».

Une vidéo présentant en moins de 5 minutes la COP21 en 10 chiffres

Un article interactif construit sur un lexique du climat

Un article abordable expliquant les aspects scientifiques du rapport n°5 du GIEC

L’enjeu principal est la barre fatidique des 2°C supplémentaires (par rapport à la période préindustrielle): nous devons prendre des mesures pour éviter ce seuil qui risque de faire basculer bon nombre d’équilibres sur lesquels nous avons bâtis nos sociétés. Pourtant, il semblerait que ce seuil soit en fait surévaluer: pour éviter les problèmes, il faudrait plutôt viser dans la fourchette du 1°C d’après le dernier rapport du GIEC. Une bien courte marge de manoeuvre.

Finalement, la question n’est pas de savoir si nous y parviendrons, elle est plutôt de savoir ce que nous ferons quand le problème se posera. C’est là que vous intervenez, vous, citoyen du monde, personne humaine créative, inventive, solidaire. Le monde a cruellement besoin de redévelopper son imaginaire, de rêver et de se construire un avenir si nous voulons voir notre espèce perdurer.

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Après ces déclarations, la fameuse question du “Que faire?” pointe sûrement le bout de son nez dans votre esprit. Pour cette fois, je vous invite à vous renseigner sur les enjeux, à vous manifester si possible. Je sais que cela ne sera pas facile au regard de la situation actuelle à Paris (et à Bruxelles)– j’ai d’ailleurs une pensée à tous les organisateurs qui planifiaient de longue date leurs manifestations et leurs jeux. Mais en Belgique, rien n’est perdu puiqu’une rencontre est prévue à Ostende -le long de la plage, symbole de la montée des eaux- ce dimanche 29 novembre. Car près de 10 000 Belges avaient pris un ticket pour le Climate Express à destination de Paris ! C’eut été dommage de passer à côté d’un si bel élan.

 

Pousses d’ici, de là #1

Quitter Facebook, cela sous-entend qu’il me faut revoir mes canaux informatifs.

Les entrées, notamment.

Les sorties également. Mine de rien, je partageais pas mal de choses, piochées de-ci, de-là, qui engendraient des discussions et des échanges.

J’ai envie de pallier à cela en ouvrant une nouvelle rubrique, où, régulièrement, je vous parlerai de ce que j’ai pu découvrir sur le net, dans de vrais livres en papier ou qui on pu agrémenter mon quotidien. Un joyeux mélange hétéroclite (pour ne pas dire chaotique) dans lequel vous pourrez piocher !

A la une

Ici, nous nous pencherons en quelques lignes sur un article scientifique qui aura croisé ma route. Pour les personnes intéressées par les domaines de l’écologie et de la biologie, et maîtrisant la langue de Shakespeare, je vous suggère de vous abonner au site de la commission européenne dédié à l’environnement: Science for environment policy.

Aujourd’hui, il sera question de néonicotinoïdes. Vous avez sûrement dû entendre parler de ces pesticides. Il s’agit de molécules neuro-toxiques, affectant donc le système nerveux des insectes, entraînant une issue létale par paralysie. Les néonicotinoïdes ont deux très grands inconvénients. D’une part, ce sont des produits systémiques (qui se retrouvent dans toutes les parties de la plante) et qui affectent tous les insectes, peu importe l’espèce. D’autre part, les néocotinoïdes persistent très longtemps dans l’environnement (et on a déjà vu ici ce que cela peu provoquer).

Une étude s’est récemment penchée sur la capacité qu’ont les abeilles à détecter les néocotinoiïdes à des doses usuelles et à éviter les fleurs contaminées. Un argument fréquent des défendeurs des néonicotinoïdes reste en effet que les pollinisateurs seront capables d’éviter le nectar contaminé, à cause du goût.

Abeille charpentière
Abeille charpentière

Des abeilles ont donc été mises en contact avec deux solutions différentes : l’une de sucre simple (sous forme de sirop de saccharose), l’autre où le sirop de sucre était mélangé à un type de néonicoinoïdes, dosé de sorte à représenter la concentration réelle dans du nectar d’une plante traitée.

Les résultats sont interpellant. Les abeilles ne détectent pas la présence de ces pesticides dans le sirop de sucre. Elles tendent même à préférer le mélange auquel a été ajouté le pesticide. Une conclusion alarmante, révélant que les abeilles semblent dès lors peu à même d’éviter ces molécules neuro-toxiques utilisées couramment.

Source : Bees actively prefer nectar contaminated with neonicotinoid pesticides, « Science for Environment Policy »: European Commission DG Environment News Alert Service, edited by SCU, The University of the West of England, Bristol.

Article scientifique de référence : S. C. Kessler, E. J. Tiedeken, K. L. Simcock, S. Derveau, J. Mitchell, S. Softley, J. C. Stout &G. A. Wright (2015). Bees prefer foods containing neonicotinoid pesticides. Nature. 521: 74-78. DOI:10.1038/nature14414

S’informer et découvrir

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J’ai fait une très belle découverte au printemps dernier dans ma librairie. Un journal inconnu était offert. 32 pages dédiées au Traité Trans-Atlantique (ou TTIP, TAFTA). Un incontournable pour comprendre les enjeux de ce fameux traité.

Ce journal a un nom, POUR, et vous pouvez découvrir des articles en ligne sur leur site, ou pourquoi pas, commander et faire tourner des versions papier !

Cette semaine également, j’ai finalement regardé le fameux documentaire traitant de la disparition… du sable. Rarement suis-je ressortie si désespérée devant des faits… La boulimie de la construction et l’ingérence des états sont véritablement en train de perturber les écosystèmes marins et terrestres en puisant des quantités monstrueuses de sable dans les fonds marins. Vous vous êtes offusqués devant le chalutage profond ? Vous n’avez encore rien vu. Un documentaire qui chamboule tout.

Et… action !

Même si tout n’est pas rose, sachez qu’il y a pléthore de personnes qui s’activent pour faire bouger les choses.

Tout autre chose (Hart boven hard chez nos compères flamands) est un mouvement d’action citoyenne belge. Né pour lutter contre la politique d’austérité qui fleurit chez nous, il vise un réenchantement et une mise en place d’alternatives dans notre société. Une société démocratique, solidaire, coopérative, écologique, juste, égalitaire, émancipatrice, créative, plurielle, réjouissante. Rien que ça 😉

Ce mois-ci, ils lancent une après-midi participative le 27 septembre pour discuter et revisiter notre système éducatif. Plus de détails sur leur site.

Côté culture

Grande amatrice de livres, j’aime me promener dans les dédales de la bibliothèque pour assouvir ma soif de voyage et de réflexion. Toutes mes lecture depuis 2008 sont inscrites à l’encre rouge dans un petit carnet rouge. Ce mois-ci, la récolte a été particulièrement bonne.

J’ai suivi les aventures de truculents personnages, en quête de joie de vivre et surtout de tranquillité, réfugiés dans une forêt finlandaise. Un très beau récit entraînant, plein d’humour et de justesse d’Arto Paasilinna.

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Ensuite, je suis partie sur les traces du « [Le] Plus grand sous-marin du monde » avec André-Marcel Adamek. Un auteur belge au style particulier que j’affectionne beaucoup. Les portraits qu’il dresse de la vie au travers de ses personnages portent une douce amertume. Sa plume parfois acerbe s’accompagne bien souvent d’un soupçon de mystère, de magie et nous emmène sur les chemins de l’imaginaire du monde et des humains.

Dans la littérature, j’aime également beaucoup la poésie. Et cet été, j’ai eu le plaisir de découvrir un spectacle de poésie. Je n’affectionne pas beaucoup le théâtre d’habitude, étant quelqu’un de très « visuel ». Les mots écrits dessinent des paysages, des fresques dans ma tête. Ils lancent des gerbes colorées qui me font frémir. Rares sont les mots prononcés qui parviennent à le faire. Le mélange de chants et de poèmes de Catherine Huard, québécoise, transpose dans un univers vibrant, brut, émouvant. Le charme du prieuré dans lequel nous étions a probablement aussi contribué au plaisir des mélopées. Découvrez un extrait des prestations de Catherine Huard >>ici<<

Attention : slow & green life !

La rentrée frappant à nos portes, le rythme du quotidien s’accélère et, parfois, nous dépasse. Le stress engendrant le stress, il est bon de ralentir, de respirer et de prendre soin de soi. Je vous invite à découvrir la série d’articles dédiés au ressourcement savamment rédigés par Natasha sur son blog Echos Verts. Dans son sommaire, vous trouverez les articles en question en juillet et août. Plein d’astuces pour reprendre des forces en pleine journée, partir du bon pied le matin ou bien profiter de sa soirée !

Pour ça, l’automne est la saison idéale : la nature change de rythme, nous invite à poser un autre regard sur le monde et sur nous-même. Son souffle se calme, elle se prépare au long sommeil d’hiver. L’automne, condensé de couleurs, d’odeurs et de lumières douces. Invitation à profiter de notre intérieur, à la chaleur d’un chaï épicé et des discussions à la bougie. A (re)découvrir notre potentiel créatif aussi, en creusant un peu sous la carapace. J’ai eu un véritable coup de coeur pour ce DIY (Do It Yourself) du blog « Le plus bel âge », que j’ai d’ailleurs presque fini. De quoi adoucir encore un peu notre intérieur domestique pour accueillir en douceur les froidure de l’hiver.

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J’espère que ce tour d’horizons vous aura plus. N’hésitez pas à partager en commentaires vos remarques, suggestions et vos propres coups de coeur 🙂

Je termine sur une vidéo à la fois étrange et touchante : la rencontre entre deux mondes… inattendus ! Beau week-end !

Eloge de la lenteur: récit

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Un conte aux illustrations superbes, en noir et blanc, qui vous plonge au ras du sol, à cavaler entre les brins d’herbe à dos d’escargot.

Un conte, aux textes doucement engagés, qui sonnent si juste et rappellent toujours si bien la folie des Hommes.

Un conte qui nous illustre l’importance de s’arrêter pour regarder la vie, pas juste la voir passer comme un coup de vent.

C’est l’histoire d’un escargot anonyme dans son groupe, où tous sont d’ailleurs anonymes. Leur vie, simple et lente dans un jardin de pissenlits, est rythmée d’habitudes étranges et un peu creuses, empruntées à de grands animaux encore plus étranges.

Mais notre héros escargot s’interroge : pourquoi est-il si lent alors que tant d’autres animaux filent dans les airs ou courent dans les champs ? Et puis, aussi, il aimerait bien avoir un nom à lui.

Commence alors sa quête vers le sens de sa lenteur et à la recherche d’un nom. Son identité se révèlera au cours de son voyage, et il découvrira que la lenteur est une force qui les préservera d’un immense danger.

Je ne vais pas faire de critique littéraire, non.

Je vais vous illustrer l’importance de la lenteur par un fait qui s’est déroulé sur mon lieu de villégiature.DSC_0911 

Le héros est un petit garçon de trois ans. Et parce qu’il a su regarder, il a décelé un immense danger .

La femme du propriétaire du gîte où nous logions dans les Cévennes fait de son mieux pour aménager le tout joliment. Elle avait trouvé chez un pépiniériste une plante décorative qui lui plaisait : des primevères du Missouri (Oenothera spp.). Colorées, au parfum subtil et à la floraison longue : de quoi enjoliver les abords du bassin.

Voilà qu’un jour, alors que les propriétaires étaient au bassin, que le petit bonhomme pas plus haut que trois pommes vint les trouver tout affoler parce que « les oiseaux-mouches étaient prisonniers ».

Un oiseau-mouche, des colibris dans la garrigue française ? Que nenni ! Il s’agit en fait d’un petit papillon, appelé moro-sphinx (Macroglossum stellatarum), dont le vol rappelle celui du colibri.

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Ce petit papillon pensant tirer profit des primevères du Missouri s’en était allé les butiner, tout à son aise.

Hop, en vol stationnaire, le voilà qui déroule sa trompe au fond de la corolle pour y chercher le nectar sucré. Sa gourmandise assurée, notre ami faux-colibri décide de changer de fleur…

Sauf que le voilà coincé, sa longue langue prisonnière de la corolle américaine.

Il tire surement pour se dégager. Épuisé, il finit pendu par la langue, incapable de s’échapper. Condamné.

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Ces primevères aux atours engageant se sont révélées être un véritable piège. Il faut s’armer de patience et de doigté, ouvrir délicatement la corolle de la fleur pour pouvoir dégager la longue langue de l’infortuné insecte. Peu en réchappent:le bassin est orné d’un cimetière à moro-sphinx…

Le petit garçon, parce qu’il a su regarder la vie autour de lui, a pu sauver quelques vies. Cela faisait 7 longues années que ces plantes étaient semées…

Une belle leçon pour les adultes effrénés que nous sommes.

Au-delà de la lenteur, ces fleurs illustrent le problème des plantes d’ornement importées. Transposer des plantes qui ont évolué dans des environnements différents peu générer de véritables drames écologiques. En effet, des espèces qui occupent les mêmes habitats vont poursuivre une co-évolution : des associations vont émerger, de même que des répartitions de territoire bien délimitées. La primevère du Missouri vient peut-être d’un habitat où il n’y a pas d’insectes à longue langue qui risquent de se retrouver coincés et mourir aux portes de sa corolle.

Pensez-y : pour agrémenter votre jardin, privilégiez les plantes indigènes ! Et surtout, évitez -toutes belles soient-elles – les primevères du Missouri.

Plus d’infos pour éviter cette plante : Alerte de l’INRA sur les Oenothera

# AlerteNature

Vous avez peut-être aperçu l’appel de plusieurs ONG et autres organismes de protection de l’environnement à propos des mesures européennes. Avec le fameux hashtag « Nature Alert ».

Non?

Alors cet article tombe à pic 😉

Directive Habitats, Directives Oiseaux, Natura 2000, LIFE : les 4 piliers de la protection environnementale en Europe.

La Directive Oiseaux est la législation la plus ancienne – et la première- en terme de protection commune des espèces initiée par l’Europe. C’est en 1979 que les États membres se penchent sur la question et décident de légiférer car les naturalistes sonnent l’alarme : les populations aviaires sont en chute libre.

L’objectif est clair : il faut maintenir les populations d’oiseaux à des niveaux écologiquement durable. Préservation, restauration et surveillance seront les mots clefs. La protection des espèces est renforcée par celle des sites de nidification, qui permet notamment de protéger les espèces migratrices.

Treize ans plus tard, une seconde directive vient épauler les prémisses de la conservation de la nature : la Directive Habitats. Son objectif est de taille : protéger 220 types d’habitats européens d’intérêt et plus de 1000 espèces, animales et végétales, répertoriées dans les fameuses « Annexes ».

De ces deux Directives naîtra la plus gros projet de protection environnemental au monde. Un réseau unique, continental : le réseau Natura 2000.

Natura 2000, le réseau européen de la conservation

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En écologie de la conservation, il y a typiquement deux mouvements : ceux qui prônent le « land sparing » – la mise en réserve conservatoire qui isole de toute activité humaine, par exemple les îles Galapagos – et le « land sharing » où les pratiques de conservation de la nature s’intègrent dans des environnements où les humains sont largement présents, comme les zones agricoles (saviez-vous par exemple que 50% des espèces observables en Europe se retrouvent dans les zones agricoles?).

Le principe du réseau Natura 2000 est de combiner les deux approches. Ce vaste réseau écologique (20% des territoires européens appartiennent au réseau) comprend certes quelques réserves mais se compose principalement d’une série de sites ou d’habitats hébergeant des activités humaines, comme les zones agricoles ou les carrières. Son objectif ? Freiner le déclin de la biodiversité en Europe, sans compromettre la durabilité des activités économiques , ni rompre le lien entre la nature et nous, les citoyens.

Natura 2000 se compose d’une série de sites intégrés pour leur importance vis-à-vis des oiseaux (sites de nidification, passage de migration), ce sont les Zones de Protection Spéciale, auxquelles s’ajoutent les Zones Spéciales de Conservation. Ces dernières sont sélectionnés sur base des Annexes de la Directive Habitat : on y retrouve soit des habitats rares ou d’une grande importance écologique, soit des espèces animales ou végétales de grande valeur communautaire, écologique ou culturelle.

Vous pouvez découvrir ici comment s’est réalisée la sélection des sites Natura 2000 en Wallonie.

L’application et la bonne mise en oeuvre des deux Directives piliers et du réseau Natura 2000 sont, actuellement, nos seuls outils vers la réalisation des objectifs ambitieux de la Stratégie Européenne Biodiversité 2020. Objectifs, qui selon le dernier rapport d’état de la conservation de la nature en Europe, risquent de devoir être reportés (un résumé est disponible).

Les projets LIFE

A tout ceci s’ajoute les projets LIFE, acronyme de « L’Instrument Financier pour l’Environnement.

Ce programme s’articule autour de trois grandes approches :

LIFE

Les LIFE Pays-Tiers permettent le financement de projets de conservation hors frontières européennes.

Les LIFE Environnement touchent plutôt tous les domaines d’activités humaines dont l’amélioration et l’innovation contribuerait à une meilleure conservation de l’environnement.

Enfin, les LIFE Nature financent directement les zones protégées soit par les Directives Habitats et Oiseaux, soit du réseau Natura 2000. Les fonds débloqués permettent d’entreprendre de vastes programme de restauration d’habitats en soutien à un ensemble d’espèces cibles.

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Prairie à bistorte – avec la permission de Marc Dufrêne.

Ces actions de terrain sont très souvent complétées par des programmes de communication et éducatifs.

Voici quelques exemples en Belgique.

Le LIFE Papillons

Trois espèces de papillons inféodées à des milieux en raréfaction/dégradés ont servie d’espèces dites « parapluie ». Entendez par là que les mesures entreprises pour leur conservation et la restauration des habitats où elles vivent bénéficient à de nombreuses autres espèces.

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Image tirée du site de Natagora : http://www.life-papillons.eu/index.php?id=552

-> Plus d’informations : LIFE Papillons

Le LIFE Herbage

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L’objectif ici est de restaurer et mettre en réserve une partie des dernières prairies de grand intérêt biologique en Wallonie : un grand projet pour sauvegarder une biodiversité bien de chez et pourtant si méconnue !

Et pour après ? Les craintes post- « Fitness Check »

Cette année, l’Europe impose, comme à tous ses projets, une évaluation, le « Fitness Check » aux Directives Habitats et Oiseaux. En quoi cela consiste-t-il ? Il s’agit d’évaluer 5 critères majeurs :

1° Les Directives sont-elles efficaces ?

2° Les Directives sont-elles efficientes en terme d’argent injecté par rapport aux résultats ?

3° Les mesures des Directives sont-elles cohérentes ?

4° Les Directives sont-elles pertinentes ?

5° Le travail à l’échelle européenne offre-t-il une plus-value ?

Vous vous doutez bien que cela a fait réagir le monde des écologues (= les scientifiques qui étudient l’écologie), écologistes et autres naturalistes.

Il est certes important d’évaluer de mesures d’une telle ampleur afin de rectifier les tirs pour atteindre les objectifs fixés. C’est notamment le but des divers rapport d’évaluation scientifique (dont le dernier assez peu réjouissant).

Néanmoins, les questions posées par l’Europe dans son Fitness Check interpellent.

La protection environnementale est vouée à la sauvegarde d’un bien commun, pas forcément monétarisable. Définir son efficacité en des termes plutôt économiques inquiètent. Rectifier la pente glissante de la perte en biodiversité n’est pas chose aisée : redresser des populations, restaurer des habitats, cela prend du temps. Les premiers résultats positifs des mesures commencent doucement à se faire sentir, malgré notamment le retard que l’établissement du réseau Natura 2000 avait pris. Trop doucement d’ailleurs que pour que les objectifs de la Stratégie Biodiversité Européenne soient remplis d’ici 2020.

Si l’Europe le décide, sous pression de différents lobbys – car je vous l’assure, cette pression et la tension engendrée sont palpables, j’ai pu m’en rendre compte à la Green Week qui se tenait à Bruxelles en juin-, il y a le risque de voir ce réseau écologique continental démantelé, de voir les fonds attribués aux projets LIFE se réduire à peau de chagrin.

A cela s’ajoute que l’Europe, en agissant de la sorte, perdrait toute crédibilité au plan international en ce qui concerne la lutte contre l’érosion de la biodiversité. Nous avons la chance que le Vieux Continent soit avant-gardiste dans ce combat de longue haleine : baisser les bras ou changer de cap pour répondre à d’autres impératifs (d’ordre économique par exemple…), c’est signer la chute des accords et entreprises visant la sauvegarde de la biodiversité.et les autres mesures climatiques et environnementales. « Soyons le changement que nous voulons voir » est plus que jamais d’actualité : l’Europe est sous le feu des projecteurs, à nous d’ouvrir la voie vers des meilleurs lendemains.

Comment faire ? En participant à la consultation citoyenne.

Plusieurs ONG ont pré-remplis le formulaire de la consultation : en signant, vous apportez votre voix pour soutenir le projet européen de préservation de la nature. Certes, les réponses fournies sont militantistes. Mais rassurez-vous, un comité scientifique a été dressé pour évaluer la question en se basant sur le publications scientifiques parues sur le sujet. De même qu’un grand nombre d’associations et ONG ont été consultées avec lus grand droit de réponse qu’un simple questionnaire.

Vous connaissez un peu les tenants et aboutissants des Directives Habitats et Oiseaux ? Dans ce cas, n’hésitez pas à remplir vous même le formulaire.

Dans 10 jours, la consultation sera clôturée : signez et partagez auprès de vos proches !

Sur cet article, je vous souhaite de bonnes vacances et vous donne rendez-vous début septembre : le blog entre en pause estivale, le temps d’un petit rafraîchissement 😉

Ne pas sortir la poubelle (1)

Les déchets, il y a ceux qu’on voit.

Dans la rue/sur les quais, vous savez ces mégots, papiers, bouteilles de bière qui nous énervent ?

Dans notre cuisine, notre salle de bain.

« Ah, cette semaine, je dois sortir la poubelle organique/résiduelle/ PMC/ les cartons et papiers. » au choix, la combinaison que vous souhaitez !

Pour les non-initiés, les PMC sont l’acronyme de la fameuse ligue « Plastique – Métal – Carton ». Le fameux « carton » qui induit son monde en erreur car il s’agit des emballages à boissons et autres.

Et puis, il y a ceux qu’on ne voit pas. Les plus insidieux. On peut parler de « déchets gris », en parallèle avec l’énergie grise.

Un exemple ? Pour produire une brosse à dent, 1,5kg de déchets ont été générés [1].

Les pires élèves étant les appareils électroniques comme les GSM (75kg) et les ordinateurs portables (1 500 kg!). Et la médaille revient à … l’or avec 2000 kg de déchets générés pour une bague (avis aux futur(e)s marié(e)s).

En tant que consom’acteurs, le meilleur moyen d’agir au niveau des « déchets cachés » est la règle des 5 R (à lire de bas en haut).

5R

Je n’invente pas l’eau chaude en vous présentant ceci, je l’ai découvert via Béa Johnson une des références en la matière de zéro déchet.

~ Refuser ~

La base. L’offre et la demande.

Dressez une liste : que pourriez-vous aisément refuser ? Voici quelques idées.

  • Les papiers inutiles/que vous ne lirez jamais. Un vrai gâchis de bois et d’énergie. Prenez par exemple les brochures associatives. J’en recevais régulièrement suite à mes dons (MSF et Croix-Rouge) : un simple email à leur service et le tour est joué !Pour les publicités, un petit autocollant et s’est (normalement) réglé.Dans les emails aussi d’ailleurs, n’hésitez pas à décocher les envois de newsletters qui ne vous intéressent pas/plus. Un email envoyé équivaudrait à 0,4 g de CO2 rejeté.
  • Les gadgets. Vous savez, les petite surprises qui ne servent à rien dans les boîtes de céréales et qui finissent à la poubelle ? Et si vous prévoyiez d’autre petits-déjeuners, comme des crêpes, du granola maison, des tartines ? Ou alors une autre marque, tout simplement.
  • Les objets à usage uniques. Je n’ai comme exemple que les couverts et contenants en plastique mais il y a pléthore d’autres exemples. Ainsi, la dernière fois que mon Amoureux est allé chercher des frites – en bons Belges que nous sommes!-, il a emporté une grande et une petite boîtes, l’une pour les frites, l’autre pour la sauce. Cela nous a évité : 1 barquette en plastique, 2 fourchettes en plastique, 1 petit récipient à couvercle en plastique pour la sauce et un sachet en plastique pour le transport. Tout cela avec les félicitations et encouragements du vendeur =) Les calendriers de l’Avent sont également une source incroyable de petits objets en plastique inutiles. J’adore les calendriers de l’Avent, j’en recevais toujours petite (ou grande! ). Préférer leur les petits chocolats, ceux contenant de vrais jouets, notamment Playmobil et Lego. Ou pourquoi ne pas en concevoir un vous-même, à remplir au gré des préférences ? Chocolats, biscuits et autres gourmandises, bons d’activité à faire ensemble, des décorations à mettre dans le sapin, des éléments d’une boîte Lego répartis sur plusieurs jours… Bref, du sur mesure fait avec beaucoup de cœur ! Mais on reparlera de tout cela fin d’année 😉
  • Les objets destinés à un usage bien spécifique… qui au final ne servent pas à grand chose.J’ai deux exemples à vous proposer. 1° La pince spéciale pour sortir les sachets de thé de votre tasse fumante (adieu cuillère à café!). 2° Le mini-hachoir à main pour l’ail que vous ne savez pas entièrement désassembler (donc pas bien nettoyer) et qui reste donc comme un renégat dans votre fond de tiroir, histoire de faire bonne figure quand votre belle-mère passera 😉

Cette catégorie pourrait également s’intituler « les cadeaux de dépannage à mettre sous le sapin en dernière minute », ou CDSDM mais ce n’est pas un nom très vendeur…

Ce sont typiquement des affaires choisies souvent avec la meilleure intention au monde (Oh, une pince à thé, pour quand X et Y viendront!) : le genre d’objet qui vous remémore une situation avec des personnes que vous appréciez. Généralement, vous les recevez avec un « Oh, quand j’ai vu ça, j’ai pensé à vous ! ». C’est touchant, toujours. Mais à nouveau, il faut distinguer l’objet de l’émotion/besoin derrière. Posez-vous 3 questions

3Q

Vous constaterez que le plastique à tendance à être l’ennemi n°1 dans la réduction des déchets. Il faut dire que ses capacités de recyclage sont limitées, qu’il n’est pas toujours correctement collecté non plus. Mais que devient-il, ce plastique abandonné ?

Réponse A: un 7ème continent

Réponse B: un produit mortel pour la faune

Réponse C: A & B

Réponse D: la réponse D

Et la bonne réponse est … la C ! La vidéo suivante illustre (malheureusement) la mort lente provoquée par l’ingestion de plastique. Une vidéo pénible à regarder, de celles qui vous enrage et vous désespère tellement on se sent désemparés devant la douleur engendrée. Une vidéo qui montre la portée de nos actions.

~ Réduire ~

On s’ouvre au minimalisme, ou du moins, on s’y intéresse !

Que ce soit les vêtements, les ustensiles ménagers, de cuisine, sanitaire, de loisir, soyez efficace avec le minimum.

4 règles de base pour réduire ses déchets, 4 règles qui vous permettent de vous interroger sur la nécessité de certains achats et de réfléchir aux futurs.

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Règle n°1 : Cibler ses besoins

A une époque où l’on vit dans un éventail de biens accessibles incroyable, il est parfois difficile de passer outre la consommation de certains.

Mais dans ce cas, consommez moins, consommer mieux.

Vous avez un téléphone depuis, admettons 3 ans, en parfait état de marche mais vous hésitez devant la nouvelle génération… N’oubliez pas que les objets font (souvent) les besoins. J’ai pris l’exemple des smartphone qui reflètent incroyablement bien ce besoin de l’ultra-connectivité et du paraître. A partir du moment où vous faites très bien sans et que le nouvel objet n’apporte pas de plus-value essentielle, laissez tomber et chérissez votre « vieux » portable. Lui aussi à droit à une vie digne !

Règle n°2 : Ne pas se disperser

En écrivant ceci, je pense surtout aux loisirs. Mieux vaut s’investir à fond dans une activité que d’éparpiller nos précieuses minutes de temps libre dans une multitude de projets, qui au final nous font accumuler des ustensiles et outils dont on ne sait finalement plus quoi faire (ni où les ranger…).

Règle n°3 : Penser aux alternatives

S’il nous faut quelque chose, spontanément nous l’achetons. Pourtant, d’autres possibilités existent, comme la location. Un exemple simple : les livres. Revalorisons la bibliothèque : souvent les catalogues sont bien garnis, disponibles en ligne et la location est peu coûteuse (1 euro/livre pour deux semaines dans ma ville d’accueil, 20 cents/livre pour un mois dans ma ville d’origine).

S’ouvrir aux alternatives, c’est repenser sa façon de consommer. Choisir un produit vendu en vrac, ou dans un contenant recyclable (comme du carton) au détriment de l’habituel paré de son plastique. Prendre le vélo ou le bus plutôt que la voiture pour aller faire une course.

Il faut parfois sortir de sa zone de confort pour vivre un peu.

Règle n°4 : Eviter l’encombrement

Le merchandising joue un rôle important là-dedans. Qui n’a jamais eu accès, grâce aux points fidélité gagnés dans un supermarché, à un ensemble de verre à vin à pied mauve, de serviettes de toilette quadruple éponge, de 6 sets de couteaux de cuisine ? Soyez vigilants : à moins que cela soit une belle occasion, de manière générale vous risquez d’entasser toutes ces affaires et de favoriser une consommation insensée. La même chose se passe avec les soldes : ce n’est pas parce que ce sont les soldes que vous devez acheter.

Apprenez à valoriser ce que vous avez, de la fibre au tranchant.

Plus spécifiquement pour les vêtement, je vous renvoie vers l’excellent article de Natasha sur les bases d’une garde-robe minimaliste et fonctionnelle.

~ Réutiliser ~

La récup’ est un univers incroyable.

En partant de votre sac plastique que vous réemployez systématiquement pour faire les courses aux palettes de bois desquelles vous avez créer votre lit , il y a de quoi explorer !

~ Recycler ~

Ah le recyclage… ce terme est à la fois porteur de promesse et de greenwashing !

Avouez, elle a tout bon la filière du recyclage pour écouler les produits rendus KO par obsolescence programmée, non ? Essayez toujours de réparer avant d’envoyer au recyclage. Les Repair Café progressent doucement ou bien ayez recours aux capacités d’un ami/parent super-bricoleur et échange d’un autre service 😉

Sinon, bien sûr, un bon tri est le meilleur moyen d’assurer un recyclage efficace.

~ Réformer ~

Quand un objet arrive en fin de vie, il peut encore être valorisé.

Votre jean fétiche est fichu ? Pas de souci, envoyez le à une firme d’isolation des bâtiment !

Un pantalon trop large, une chemise à haute valeur affective mais totalement défraîchie ? Faites en des sacs à vrac ! Je vous présente deux as de la réforme et de l’aiguille, Sarah et Clémentine.

Sacs à vrac cousus par Clémentine
Sacs à vrac cousus par Clémentine

Je suis plutôt restée dans la lignée des biens non-alimentaires mais le compostage est également à la une ici : une belle manière de valoriser ses déchets verts ! Il n’est d’ailleurs plus réserver aux habitations avec jardin grâce au principe des lombricomposteurs ! Je vous laisse découvrir les principes chez La Boîte à Terre (leur site et une interview) et l’avis d’une utilisatrice.

Voilà, c’était le premier volet de la série sur les déchets (d’ailleurs, mon amie Kolibri en a écrit une fantastique également avec d’excellents conseils -> clic !). C’est bien, j’ai totalement changé d’avis en écrivant, ça n’a rien à voir avec mon idée de départ mais ça me plaît comme ça 😉 La suite sera plus concise et on parlera de la cuisine avec de liens vers des articles superbes sur la limitation des déchets en cuisine, le résultat de notre analyse de poubelle et une recette ! Soyez attentif sur la page Facebook, il se peut que je l’y dévoile en avant-première !

Belle soirée à tous, surveillez bien vos poubelles 🙂