Amandine et ses chèvres

Depuis le début de l’éco-défi, je souhaitais donner la parole à un éleveur. Les livres sensibilisant au bien-être animal dans le cadre de l’élevage font (trop) souvent la part belle à l’élevage intensif, si mécanisé et monétarisé qu’on pourrait plus aisément parler d’usine de production.

Malheureusement, c’est vrai, ce sont ces élevages-là qui offrent la majorité des produits animaux. Pourtant, de petits éleveurs, et éleveuses, persistent, se développent. Des éleveurs sensibles au bien-être de leurs animaux en tant qu’êtres-vivants. Dans son livre “Faut-il manger les animaux?”, Jonathan Safran Foer était parti à la rencontre d’un couple qui élevait des vaches afin de leur offrir une belle vie avant qu’on les tue pour leur viande. Il parlait du concept de “viande heureuse”.

On ne parlera pas directement de viande ici, mais de lait. Car Amandine a bien gentiment répondu à mes questions afin de vous présenter son activité d’éleveuse de chèvres.

Faisons les présentations.

Amandine et son mari élèvent des chèvres en Auvergne à 1000m d’altitude. Leur troupeau se compose actuellement de 25 chèvres, trois boucs et d’une trentaine de chevreaux.

Par coup de cœur mais aussi par choix de privilégier une race plus rustique, ils ont décidé d’élever des chèvres de la race Rove, plutôt que les habituelles Alpine et Saneen.

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Contrairement à ces deux races, la Rove produit moins de lait, mais en revanche celui-ci est de grande qualité, plus doux et plus crémeux. Idéal donc pour la fromagerie !

Leur élevage en est à ses débuts: Amandine et son mari travaillent tous deux en dehors de leur exploitation, elle dans la vente à domicile de produits d’entretien et cosmétiques écologiques et lui dans le secteur des travaux publics. Lentement mais sûrement, ils construisent le cheptel. L’initiative est partie de 10 chevrettes élevées au biberon alors qu’elles n’avaient que quelques jours et étaient destinées à la boucherie. L’idéal étant notamment d‘obtenir des chevrettes plutôt que des chevreaux afin d’augmenter la taille du troupeau laitier. Cette année, leur chèvrerie accueille environ 20 chevrettes, l’objectif à terme étant d’avoisiner la cinquantaine. Sensibles au respect de l’environnement, Amandine et son mari conduisent leur élevage selon les règles de l’agriculture biologique, sans pour autant avoir introduit – pour l’instant- de démarche de certification.

Place aux questions !

Qu’est ce qui t’a motivée à lancer un élevage de chèvres ?

J’ai toujours aimé le contact avec les animaux, je monte à cheval depuis l’âge de 6 ou 7 ans et j’ai eu mon premier cheval à 16 ans, en parallèle mes parents ont eu la chance d’acquérir une belle maison à la campagne dans la région où je me suis installée aujourd’hui. Après une vie citadine j’avais soif de nature et la vie à la ferme m’attirait. A 18 ans j’ai commencé et vite arrêté des études de sociologie, ce n’était pas ma voie. Je rêvais d’une vie à la campagne avec pleins d’animaux autour de moi, le milieu de l’équitation me tentait et je me suis tournée d’abord vers ça. Je voulais monter une ferme équestre avec des chevaux bien sûr et pleins d’autres animaux, puis au fil des formations et des rencontres, mais aussi de mes questionnements je me suis un peu détournée de cela. J’avais peur de ne pas réussir à accepter d’ « embêter » les chevaux (parce que c’est souvent le cas) avec des touristes qui veulent juste se divertir un moment sans aucune connaissance et sans se soucier du cheval qu’ils montent. Par ailleurs les nombreuses personnes que j’avais autour de moi qui tentaient de vivre de l’équitation de loisirs me disaient que c’était difficile et qu’il ne fallait pas faire que ça. Ce discours a été beaucoup repris lorsque j’étais en formation, je me suis en fait tournée vers un Brevet professionnelle de responsable d’entreprise rural qui est l’équivalent du diplôme nécessaire pour s’installer en agriculture. Mon projet ne misait pas que sur une activité d’équitation de loisirs mais sur un aspect ferme pédagogique également que je pensais suffisant pour être viable, mais apparemment ça ne l’aurait pas été. En parallèle j’expérimentais ce que signifiait le fait d’avoir pleins d’animaux, un peu de chaque: chevaux, chèvres, moutons, poules, chiens, chats… Pour les chevaux, pas de problème, à partir du moment où ils ne sont pas tout seuls dans un pré, tout va bien, leur équilibre est respecté, mais pour les chèvres en avoir juste deux ou trois c’est à devenir chèvres justement ! Les demoiselles, et ça je suis en mesure de le confirmer aujourd’hui ne sont (à peu près) capables de rester tranquilles dans leur pré que lorsqu’elles sont en troupeau, à deux ou trois elles semblent trouver qu’elles seraient mieux en notre compagnie ce qui peut parfois poser problème quand on ne souhaite pas qu’elles déjeunent avec nous sur la terrasse ou qu’elles profitent d’une porte ouverte pour s’installer dans le salon. Pourtant je craquais complètement pour les biquettes, ce sont des animaux très attachants, petit à petit l’idée a donc fait son chemin celle d’élever des chèvres mais pas juste une ou deux et être obligée de les attacher parce qu’elles sont ingérables, mais tout plein !

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Ce qui me posait problème dans cette histoire c’est ma grande sensibilité envers les animaux, à l’époque j’étais déjà végétarienne depuis longtemps et l’idée d’élever des chèvres pleines de vie et heureuses me bottait mais en revanche le problème des chevreaux qui allaient naître chaque année et qu’on ne pourrait pas garder beaucoup moins. J’ai commencé par me dire qu’il fallait me faire à cette idée et m’y résigner. Ensuite  nous avons été rattrapés par pleins d’autres difficultés donc ce souci est devenu « secondaire » entre guillemets. Nous avons beaucoup galéré pour nous installer réellement en tant qu’agriculteur, les difficultés étaient telles qu’à un moment donné nous avons arrêté, nous avons presque laissé tomber. Puis les années passant l’envie de vivre en compagnie des chèvres et de partager notre quotidien avec était toujours là et nous avons finalement réussi à recommencer. Les difficultés se lèvent une par une petit à petit. Je ne vous cache pas que les questions et les problèmes d’éthique que cela me pose sont toujours là, je n’ai finalement pas choisi de me roder, je n’aime toujours pas cette étape de ma vie de chevrière, mais je la regarde différemment car je sais aussi aujourd’hui très bien pourquoi j’ai fait ce choix. Et je réfléchis, réfléchis beaucoup à comment faire au mieux et pourquoi pas autrement !

Quelle est ta définition du bien-être animal ?

Pour moi respecter le bien-être animal, c’est prendre en compte différents critères qui peuvent varier selon les espèces. Il va de soi que, dans tous les cas, les animaux doivent disposer d’une nourriture et des soins adaptés à leur cas pour leur garantir une bonne santé. Dans le cas des chèvres, elles ont par ailleurs besoin de vivre en troupeau, elles aiment crapahuter dans des endroits escarpés, glaner des ronces, des fleurs et des feuillages variés ! C’est pourquoi j’ai choisi de faire pâturer mes chèvres alors que beaucoup d’éleveur pratique le zéro pâturage. Les chèvres sont dans ce cas nourries à l’intérieur d’un bâtiment dans lequel elles séjournent à longueur de temps, les mieux loties d’entre elles disposent d’une aire de détente. L’avantage de cette façon de faire est qu’il est plus facile de lutter contre le parasitisme et les chèvres sont plus productives car elles ne dépensent pas d’énergie à se nourrir. Cette façon d’envisager l’élevage suppose aussi bien souvent que les chèvres soient écornées. Je n’ai pas non plus fait ce choix car  je pense par ailleurs que dans la notion de respect animal entre en jeu tout ce qui touche au respect de leur nature profonde. J’ai choisi dans cette idée également de respecter la saisonnalité des chaleurs, mes chèvres sont saillies naturellement par un bouc quand c’est la période des chaleurs.  A la mise-bas, leur instinct de mère est respectée, nous ne retirons pas les chevreaux à la naissance, elles peuvent ensuite les allaiter naturellement, ceci est plus naturel et respectueux des chevreaux également !

Le petit bonus : puisque ce sont des animaux domestiques et qui prouvent leur attachement à l’homme chaque jour, je ne me prive pas de les câliner, leur faire des bisous, bref de les aimer de tout mon cœur !

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Comment cela se passe-t-il pour obtenir le lait essentiel à ta fromagerie ?

Mes chèvres mettent généralement bas en février, les chevreaux ne sont pas séparés à la naissance, ils tètent leur maman pendant un mois, un mois et demi puis on amorce le sevrage en diminuant le nombre de tétée (de deux on passe à une) et on apporte un complément sous forme de granulé adapté à leur âge. Nous pouvons alors commencer à traire nos chèvres une fois par jour et quand le sevrage est définitif on peut passer à deux traites. Nous avons fait le choix de traire à la main, j’aime le contact avec les animaux ce n’est pas pour mettre de la distance via une machine. Elles se laissent toutes traire de bon gré après une petite période d’adaptation pour les plus jeunes, nous ne les attachons pas pendant l’exercice.

Pour l’instant nous n’avons pas un effectif suffisant pour que notre élevage soit viable donc nous gardons toutes les femelles, c’est la joie puisque nous en avons eu beaucoup cette année ! Mais pour les mâles c’est un problème et à l’avenir ça le sera aussi pour les femelles puisque nous ne pourrons pas toutes les garder. Pour le moment nous avons presque toujours trouvé à les vendre à des particuliers ou à des marchands (la question ça reste leurs devenirs… certains seront mangés d’autres seront élevé pour la reproduction). Je me réconforte en me disant que c’est la meilleure solution pour eux parmi toutes celles qui existent, leur vie est certes courte pour certains mais respectée et leur condition de vie est paisible. Dans certains élevages, les chevreaux sont tués à la naissance pour avoir le lait de leur mère plus vite et plus longtemps. Comme je l’ai évoqué, je déteste avoir à faire cela mais soyons réaliste je ne peux pas garder tous les chevreaux de la terre.

J’aurai pu choisir de ne pas les élever, je pourrai être purement végétalienne pour ne cautionner aucune forme de cruauté envers les animaux…mais dans cette idée il faudrait accepter de voir tous ces animaux disparaître, comme on le voit déjà pour certaines races ou catégories d’animaux. Car en effet, qui élèvera quelques chèvres comme ça pour le plaisir ou par amour de l’animal ? Ou une vache…eh, eh ? Pas grand monde… et dans cette logique on élèvera toujours des femelles, les mâles, il faut admettre, que c’est plus délicat à gérer, donc le problème tant décrié de la discrimination se posera. J’évoque cela car je lis souvent des articles sur le fait que ce qui se passe par exemple dans les élevages de poules est horrible (attention mon propos n’est pas de dire le contraire) puisque pour pondre des œufs nous n’avons besoins que de ces dames, les poussins mâles sont donc broyés à la naissance ! Il se trouve que mes trois boucs cohabitent bien, mais j’ai eu le cas de deux béliers qui se sont battus à mort… et je n’évoque pas la question de leur caractère mais ça tombe sous le sens qu’il sera plus facile de créer des liens avec une chèvre ou une vache qu’avec un bouc ou un taureau sans risquer sa vie ! Quant au fait de respecter leur nature en laissant mâles et femelles ensemble, je vous laisse imaginer les problèmes de surpopulation qui nous guettent… On peut bien sûr envisager de castrer ces messieurs pour contourner le problème, mais il faudra veiller à ne pas laisser s’éteindre les espèces en conservant trop peu de reproducteurs et faire attention aux problèmes de consanguinité qui se posent immanquablement lorsque les espèces sont sous-représentées !

Quand j’étais jeune, j’étais révoltée par ce discours de certaines personnes qui soutenaient que si on n’élevait pas les animaux pour la viande ils disparaîtraient, mais ça semble être une réalité. On peut citer l’exemple du cheval de trait qui n’intéressait plus beaucoup de monde à un moment donné quand est venu le temps où il a été remplacé par des machines pour les travaux des champs et bien ce sont malheureusement les mesures pour relancer la filière viande qui l’ont sauvé, c’est triste à dire mais c’est ainsi !

Les personnes qui s’approvisionnent chez toi te posent-elles parfois la question? Expliques-tu parfois spontanément la procédure qui te permet d’obtenir le lait ?

Bien sûr, la question m’est parfois posée. Jusqu’à maintenant je n’avais qu’une toute petite production donc pas encore vraiment de clientèle à proprement parler. Je faisais des fromages avant tout pour notre consommation familiale et je faisais profiter de mon surplus de production aux amis, à la famille et aux voisins. On procédait plutôt à des échanges (des fromages contre un service par exemple) ça m’a permis de me faire la main et d’avoir leur avis sur ce que je faisais. Les gens aiment bien prendre le temps de poser des questions mais pour l’instant je ne l’explique que si on me le demande. Cette année je pense pouvoir commencer à vendre ma production mais seulement en direct à la ferme. Si un jour je fais des marchés, je pense créer un support de communication pour mettre en avant ma façon d’envisager l’élevage.

 

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Face aux réponses, le cas échéant, quelle est la réaction des gens ?

J’ai un public rural, ils ont bien souvent une idée de la question, ce qui suscite l’intérêt chez les gens c’est qu’avec mes pratiques même si je n’aime pas le dire de cette façon je produis une viande de grande qualité ! A l’heure où la traçabilité n’a jamais été une notion aussi importante il existe peu de créneaux pour valoriser cela !

Comment les autres éleveurs perçoivent-ils ton approche ? Sont-ils plutôt critiques, intéressés, réfractaires ?

Je n’évoque pas forcément mes pratiques dans le détail, je sais que, pour certains, mes pratiques semblent aberrantes et certainement pas rentables…

J’entends parfois quelques remarques qui me laissent comprendre que je ne suis pas sur la bonne voie, celle du « ce qui se fait », au pire je passe peut-être pour une folle, mais ça m’importe peu ! Je sais aussi que pour beaucoup le cas des chevreaux est un problème qui les chagrine. J’ai déjà rencontré des éleveurs qui procèdent à peu près de la même façon que moi, je ne suis donc pas tout à fait un cas isolé !

Quels sont tes critères quant à l’évaluation du bien-être de tes chèvres ? Ne trouves-tu pas paradoxal d’en prendre soin tout en ayant à faire un choix dur pour les chevreaux ?

L’évaluation du bien-être de mes chèvres se détermine en partie par le fait qu’elles soient ou non en bonne santé, pour le reste l’évaluation reste subjective, je pense au vu de mes observations que mes chèvres sont bien et heureuses ! Est-ce que c’est paradoxal d’en prendre soin alors que je dois faire un choix dur pour les chevreaux ? Bien sûr que c’est un terrible paradoxe, je ne pourrais pas dire le contraire pourtant je ne peux personnellement pas faire autrement que d’en prendre bien soin et de les respecter jusqu’au bout, le contraire serait impensable !

Si tu en consommes, fais-tu généralement attention à la provenance des produits alimentaires dérivés d’animaux ? Si oui, quels sont tes critères ?

Mon mari et mes enfants ne sont pas végétariens, donc bien que je cuisine en grande partie végétarien, nous sommes approvisionnés par mes beaux-parents qui élèvent vaches, cochons, poulets pour cette consommation qui est vraiment occasionnelle. Pour les produits laitiers pendant toute la durée de lactation de mes chèvres je n’achète aucun autre produit laitier, s’il m’en manque j’utilise des alternatives végétales. L’hiver quand les chèvres sont taries, j’achète un peu de fromages ou de yaourts parce que ça leur manque, je privilégie l’approvisionnement local pour des raisons écologiques et parce que je sais que les élevages sont plutôt extensifs dans notre région donc les animaux ont peu de chances d’être élevés dans les conditions inacceptables dont nous sommes nombreux à avoir entendu parler !

Quels seraient tes souhaits pour l’agriculture de demain, notamment sur la question du bien-être animal ?

Je pense qu’il est nécessaire de repenser l’agriculture en favorisant plus les cultures végétales qui nourrissent directement l’humanité et sont moins émettrices de gaz à effet de serre. Les systèmes d’élevage ont leur place, mais doivent être repensés. Dans une région comme la mienne qui est composée essentiellement de pâturage en zone montagneuse, il serait inapproprié de vouloir en faire exclusivement une région de maraîchage ou de culture de céréales ! D’autant que les animaux ont leur rôle dans l’entretien de l’espace dans la mesure où les élevages sont extensifs, je doute qu’ils fassent plus de mal à la planète en broutant l’herbe que si ces mêmes parcelles étaient entretenues avec un véhicule motorisé ?

Bon, désolée, je m’égare un peu concernant le bien être animal puisque c’était ça la question. Je pense qu’il est important de favoriser les petites structures à taille humaine en système extensif où les besoins de l’animal sont respectés dans la façon dont j’essaie de le faire. Cela suppose que l’on consomme différemment et peut-être que l’on accepte de payer un peu plus pour que ces systèmes soient viables pour les éleveurs. Cela suppose aussi parfois une évolution de la réglementation, il est par exemple complètement inacceptable qu’un élevage de poules pondeuses soient soumis à un vide sanitaire presque chaque année. Il y a un élevage de poules près de chez moi, les poules ont de bonnes conditions de vie, elles sont élevées en plein air avec véritablement beaucoup d’espace à disposition. Et bien, elles ont une espérance de vie de 13 à 15 mois tout au plus à cause de cette stupide réglementation qui contraint les éleveurs à s’en débarrasser au-delà de cette période !

Enfin, une question philosophique : penses-tu que l’éthique et le bien-être animal peuvent coexister avec la consommation de viande et de produits laitiers ?

Je pense qu’on peut veiller au bien-être animal pendant toute sa vie aussi courte soit elle, en tentant d’être objective là-dessus  j’ai quand même le sentiment d’offrir à mes animaux une vie qui vaut la peine d’être vécue !

Et l’éthique dans tout ça ? Ce qui me dérange dans cette histoire ce n’est pas le fait de manger de la viande ou des produits laitiers, le lion mange la gazelle, le chat mange la souris, un loup qui passera devant une de mes biquettes la croquera volontiers. Dans un film que j’ai vu récemment « Genesis » une phrase a retenu mon attention:  «  La vie nourrit la vie ». A supposer que nous sommes omnivores (je n’ai pas tranché sur cette question tant il existe de théories à ce sujet), il nous faut bien l’admettre mais on peut chercher des solutions pour rendre la mort des animaux qui nous servent de nourriture la plus douce possible.  Je garde toujours en tête l’image du Bushman dans le film « Les Dieux sont tombés sur la tête » qui s’excuse auprès de l’animal qu’il vient de tuer et lui explique que c’était une nécessité pour lui et sa famille. Il est vrai que dans le cas du Bushman, du lion, du chat, l’animal victime dispose de sa liberté et, entre guillemets, d’une chance d’échapper à la mort, ce qui n’est pas le cas dans l’élevage.

Pour autant je ne pense pas qu’un monde où nous rendrions à tous les animaux un mode de vie sauvage soit une solution. Ceci implique de cohabiter avec des espèces prédatrices en nombre suffisant (et ce avec les risques que cela comporte) pour réguler les populations herbivores qui ne manqueront pas d’être un problème pour nos précieuses cultures. Ou bien de confier la régulation des effectifs à des chasseurs et là on retombe dans des problèmes d’éthique où l’homme sera à nouveau responsable de la vie ou de la mort des animaux. Et en plus, on subira encore et toujours ce contre quoi je suis : l’insécurité liée au fait que des hommes se promènent avec un fusil, et une symbolique aux antipodes du monde de paix dont je rêve… Ce que je dis là est le fruit de mes réflexions personnelles sur ce que serait un monde où l’espèce humaine serait devenu complètement végétalienne même si cela semble idyllique à première vue, je ne suis pas sûre qu’on ne soit pas rattraper par de dures réalités. Mais je peux me tromper…

Je pense dans mon cas rechercher encore des solutions pour envoyer moins de chevreaux à la « casse », j’ai entendu dire que dans certains pays, ils ne faisaient mettre bas les chèvres qu’une seule fois dans leur vie pour lancer la lactation et que tant que la lactation est entretenue ça ne s’arrête plus jamais donc pas besoin de leur faire faire un petit chaque année…

Une solution à expérimenter ! Après tout, j’ai allaité jusqu’à trois ans: je confirme tant qu’on entretient la lactation ça fonctionne !

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Encore un grand merci à Amandine pour ses réponse et ses photos ! 🙂

A vos commentaires bienveillants et n’oubliez pas le concours ouvert jusqu’au 31 mars !