Histoire d’une quête vers le changement

Mercredi, j’ai eu l’occasion d’assister à la projection du film « En quête de sens ».

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Un très beau succès pour le cinéma associatif qui assurait l’organisation : salle comble, 461 personnes.

Il s’agit de l’histoire de deux amis d’enfance qui se retrouvent après que la vie les ait séparés… pour au final entamer une belle nouvelle aventure ensemble : partir à la découverte des gens et des initiatives qui feront le monde de demain.

Agroécologie, transition, sobriété heureuse, coopération, connaissance de soi sont les guides du périple.

Je « craignais » un peu de redécouvrir ce que je connaissais déjà autour des ces mouvements alternatifs. Bien sûr, ça fait toujours du bien de revoir tout cela, c’est motivant, enthousiasmant (c’est pour ça que j’y allais 😉 ). Au final, ce film est avant tout une belle aventure humaine, à la découverte de soi et des autres. Un chemin qui suscite de nombreux questionnements et beaucoup d’émotions.

Spiritualité, à prendre dans le sens de l’interconnexion et de l’interdépendance de la vie, et bienveillance ont, pour ma plus grande joie et surprise, des places prépondérantes dans le parcours.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le voyage débute sur l’agriculture. L’alimentation est un des derniers liens directs qui nous lie à l’environnement. Certes, l’industrialisation du système et la prépondérance de la grande distribution cisaillent ce lien ténu aux yeux du consommateur. Mais il reste solide malgré tout, résistant, que ce soit au travers d’un petit potager aromatique qu’on a le plaisir de cultiver soi-même ou le salut du maraîcher chez qui on prend quelques légumes. Un bon moyen de se rouvrir aux liens avec la Nature.

Nous partons d’abord sur les chemins de l’Inde. Il y a des rencontres de grand nom, notamment la physicienne Vandana Shiva, mais également un grand homme que je ne connaissais pas : Satish Kumar. Fondamentalement pacifiste, porteur des idéaux gandhiens, Satish Kumar prône la prise de conscience de la place de l’être humain au sein de la Vie. Une vision résolument holistique et profondément simple qui fait la part belle aux interactions sociales et offre de nouveaux horizons de bonheur au-delà de la consommation.

Un moment qui a également beaucoup trouvé écho en moi est l’instant où, après leurs découvertes d’autres approches de la vie, on se retrouve plongé dans le bain de la consommation effrénée aux alentours de Noël. Cette incompréhension profonde parfois génératrice d’angoisse, tellement on peut se sentir en décalage avec le modèle généralisé…

Une fois le clap de fin donné, ce sont des centaines de clap qui ont retentis : 4 salves d’applaudissements ! Un franc succès. La soirée s’est clôturée par l’intervention Skype de Marc de la Ménardière- le fameux ex-trader, et celle de Pablo Servigne dont je vais vous toucher un mot.

Pablo Servigne est un bio-ingénieur. Il s’est lancé dans la transition il y a 4 ans et vit actuellement au village des Amanins, le village des Colibris. Chaque mois, il publie un petit article sur cette nouvelle vie dans la revue Imagine – Demain le Monde (dont je compte bien vous reparler!). Pablo a co-écrit un ouvrage récemment : « Comment tout peut s’effondrer ».

comment-tout-peut-seffondrer_2015-light Vous pouvez découvrir l’ouvrage via cette interview réalisée sur une des radios belges. Je ne l’ai pas encore lu, je compte d’abord lire « Effondrement » de Jared Diamond.

Ce qui m’a particulièrement plu et interpellée à la fois dans le film et les commentaires de Pablo Servigne, c’est l’importance de réaliser une transition intérieure avant de poser les actes. Pablo Servigne souligne trois étapes dans son ouvrage.

1° L’accueil des émotions

Tout comme dans un deuil, la réalité de notre situation génère du déni, puis de la colère, du marchandage et, seulement, l’acceptation. Car comme il l’a si bien dit, c’est un avenir qu’on arrache…

2° Faire place à l’imaginaire

Si notre avenir n’est plus celui auquel on aspirait ou sur lequel on se reposait, il est indispensable d’en inventer une ! Soyons créatif pour envisager le bonheur de l’après pétrole : c’est une véritable expérience, un labo de vie qui nous attend-là.

3° S’ouvrir à la spiritualité

Nous parlons ici d’une dimension non-religieuse. Se pencher sur soi, le sens que l’on souhaite apporter à ses actes mais surtout prendre conscience que nous sommes connecter et dépendant de manière générale du réseau de la vie. Se sentir part d’un tout offre un certain espoir et rassure lors des temps de doutes.

Se pencher sur soi avant de s’ouvrir au monde, c’est au final se forger une résilience interne forte qui permet d’avance au gré des embûche du terrain. De belles qualités à se construire donc et à enseigner aux futurs poseurs de choix !

« En quête de sens » est donc un film sans « case », fruit d’un rêve, d’une ambition et d’un beau mouvement coopératif puisque son élaboration finale n’a pu voir le jour que grâce à une campagne de crowdfunding. Je vous le conseille vivement !