Alerte Nature #2 – Living Land

Living_land

L’information ne m’arrive que tardivement, je m’attelle donc à vite vous présenter la nouvelle issue de l’ ”Alerte Nature”. Car cette fois-ci, il s’agit d’une véritable opportunité, l’occasion de faire trembler les systèmes actuels.

Une consultation populaire européenne a été lancée par la Commission concernant ni plus ni moins l’avenir de notre système agricole.

Mais rappelons de quoi il est question. Actuellement, l’agriculture européenne est subventionnée par le biais de la Politique Agricole Commune (PAC). La PAC représente un budget annuel de 58 milliards d’euros, près de la moitié du budget européen. Une somme conséquente qui alimente un système agricole qui ne devait remplir qu’une fonction : produire.

Mais la médaille a un revers. Si cette vision se justifiait au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, elle pose aujourd’hui de nombreuses questions. Ce modèle agricole industriel est à la source d’externalités négatives importantes vis-à-vis de l’environnement, touchant à la fois la biodiversité, la qualité de l’air et de l’eau ainsi que la santé de nos sols. Sans oublier le climat. Notre modèle agricole européen s’est construit et développé et s’isolant des contraintes environnementales. Or, les prises de conscience concernant l’usage des biocides et intrants de synthèse, qui plus est sous la contrainte des changements climatiques, ont mis en évidence que notre modèle est peu durable et obsolète. Et pour se passer de ces divers intrants de synthèse, l’agriculture doit ré-admettre et retrouver son lien avec l’écosystème duquel elle n’a jamais cessé de faire partie, mais n’a cessé d’altérer.

Le temps est donc venu de changer notre approche concernant l’agriculture: nous avons besoin de nouveaux modèles qui puissent s’inscrire dans une préservation à long terme de notre accès aux biens fournis par les cultures tout comme dans la préservation de cet environnement dont nous sommes tous dépendants.

Petit à petit, l’agroécologie fait son nid dans les milieux institutionnels, gagnant en crédit auprès des scientifiques. Il ne tient qu’à nous de lui ouvrir la voie pour qu’elle puisse, demain, devenir notre nouveau modèle agricole.

Ouverte à tous, cette mobilisation citoyenne est essentielle pour faire bouger les choses. Pour agir, deux approches s’offrent à vous. Vous pouvez signer la charte de Living Land ou bien celle des associations participantes. Ou bien, vous pouvez parcourir l’ensemble de la consultation et y insérer les recommandations fournies par certaines associations (Natagora en Belgique, la LPO en France). Cette seconde voie vous permet de mieux comprendre les positions tenues par les associations regroupées sous la bannière de « Living Land« .

Ensemble, agissons pour dessiner les paysages et nos assiettes de demain !

Liens:

– Le site de Living Land  : https://www.living-land.org/actnow/#iframe

– Les recommandation détaillées de Natagora : http://www.natagora.be/fileadmin/Natagora/PolitiqueGenerale/Politique_Agricole_Commune/LivinLang_ConsultationPAC_ReponsesRecommandees.pdf

– Les recommandations détaillées de la LPO : https://www.lpo.fr/actualites/appel-a-mobilisation-avant-le-2-mai-repondez-a-la-consultation-publique-sur-l-avenir-de-la-pac

Crédit image : pixabay.com

Histoire d’or

805_alliances-1_2048x1362
Pino Roméo –  http://www.photoromeo.be/

La vie est affaire de jonglerie, tout équilibre est difficile à atteindre et chaque nouveau palier ne se stabilise que pour un instant, avant de retomber dans le flux du mouvement. Le blog a un peu pâti de mes piètres talents de jongleuse, et si je n’apprends pas vraiment à garder les balles en suspens dans les airs, je comprends que ce n’est pas si grave de les laisser tomber.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous raconter l’histoire de nos alliances. Car oui, de notre mariage, ce sont les objets qui ont l’histoire la plus trépidante !

Symbolique et problématique

L’alliance, comme son nom l’indique, est le symbole de l’union scellée. Si traditionnellement elle se veut rappel de l’engagement, les Égyptiens voyaient eux dans la forme de l’anneau un symbole d’éternité, protecteur de l’amour des époux.

Couramment, l’alliance est en or. Métal brillant et inoxydable, l’or se pare de nombreux symboles et pouvoirs. Associé au soleil, il est l’incarnation de la lumière céleste chez de nombreuses civilisations. Matière première des alchimistes, l’or est pour eux intimement lié aux forces terrestres.

lalchimiste_-_david_teniers_the_younger
https://commons.wikimedia.org/wiki/File%3AL’alchimiste_-_David_Teniers_the_Younger.png

Si l’or est un métal attrayant, à la fois pour ses qualités physico-chimiques et son aura symbolique, il ne fait néanmoins pas bon ménage à l’heure actuelle avec nos valeurs.

En effet, l’extraction de ce métal soulève de nombreux problèmes environnementaux (les principaux étant la déforestation et la pollution des eaux et des sols), tout comme sociétaux en favorisant l’exploitation humaine et en alimentant dans certaines régions les conflits armés grâce à la vente des pépites. Pour ce qui est de l’argent, on peut lui reprocher les mêmes vices, quoique dans de moindres mesures. Bref, pas vraiment éthique ni écologique! Je vous invite d’ailleurs à découvrir l’article de synthèse très bien rédigé par Catherine sur les bijoux respectueux.

L’option la plus écologique aurait donc été de ne pas porter d’alliances. Cependant, après discussion, nous avons trouvé qu’il était important pour nous d’indiquer clairement en société que nous étions mariés. Nous avons donc dû réfléchir à la forme que prendraient nos alliances.

Alliances écologiques: notre choix

Quelques temps auparavant, je m’étais renseignée sur la possibilité de faire réaliser des alliances en or labellisé “équitable”. C’est ainsi que je découvris « Paulette à bicyclette« . Équipe parisienne d’artisans joailliers, ils offrent la possibilité d’acheter de très jolis bijoux, sobres et élégants. Le point négatif est, soyons francs, le coût. A nouveau, ce n’est que le juste reflet de la confection d’un bien: une extraction dans des conditions de travail correctes et sécurisées, un salaire juste et une création artisanale par des gens de métier. Tout est question de choix: pour notre part, nous préférions investir une somme dans un anneau que nous porterions toute notre vie plutôt que dans les vêtements de cérémonie.

Toujours est-il que je me suis demandée s’il n’y avait pas moyen de recycler de l’or existant plutôt que d’acheter neuf, tout équitable que ce fut.

Et c’est ce que nous fîmes. Mon alliance est tirée d’une ancienne chevalière de mon feu grand-père maternel, un façon de l’associer à l’évènement. Quant à celle de mon amoureux, il s’agit de l’alliance de mon père, jolie symbole également.

L’histoire pourrait s’arrêter là: deux bijoux à retravailler, le joaillier de la ville et tadam!

Et bien non, nos alliances ont quand même été travaillées dans les ateliers parisiens de chez Paulette à bicyclette, et ce pour deux raisons.

La première est que le joaillier du coin, que dis-je, de la rue à côté de chez nous, ne travaille pas l’or existant. Il voulait bien le racheter, mais pas le transformer. En procédant ainsi, nous aurions finalement eu des bagues en or peu éthique, ce qui était non négociable.

La seconde raison est que, si nous aimons la simplicité, on apprécie tout autant l’originalité. Pour ma part, un anneau martelé faisait mon bonheur. Pour monsieur, c’était un brin plus subtil: il voulait L‘ anneau. Amis de la fantasy, vous avez, je pense, compris. Mon futur époux voulait la gravure de l’anneau unique de Sauron (Seigneurs des Anneaux) sur son alliance. C’est-à-dire une inscription relevant de la calligraphie cursive:

one_ring_inscription

Et cela, tout le monde ne sait pas le faire. Excepté chez Paulette, qui dans la grande ville de Paris, travaille avec d’excellents artisans qui ont su faire une merveille de finesse !

Pour l’anecdote, ce ne fut pas simple d’envoyer les bagues à retravailler. Suite aux attentats, la France ne reçoit plus de colis qu’on ne peut préalablement ouvrir (en tout cas au départ de la Belgique). Adieu donc colis à valeur assurée… Ce fut l’occasion pour moi de visiter Paris, en combinant le trajet avec un colloque qui avait lieu début février.

Par contre la réception s’est faite sans emcombre aucune, accompagnée d’un léger remake de Gollum une fois la boîte entre mes mains 😉

 

803_alliances-3_2048x1362
Pino Roméo – http://www.photoromeo.be/

Pour être transparente jusqu’au bout, voici le coût de l’opération “Alliances”.

Si nous avions acheté neufs chez Paulette à bicyclette, cela nous aurait coûté :

– 600 euros pour mon alliance

– 1300 euros pour celle de l’Amoureux

– 325 euros de gravure

Soit un total de 2225 euros (c’est-à-dire plus d’un tiers de notre budget mariage).

En recyclant des bagues existantes, nous devions finalement payer:

– 685 euros pour la transformation de nos deux alliances

– 325 euros de gravure

Si je compte bien, cela montait à 1010 euros, une sacré économie par rapport au prix neuf. Il faut savoir que le coût d’une transformation dépend vraiment de la bague initiale: un ajustement sera moins onéreux qu’une grande découpe.

De ces 1010 euros, le reste d’or de la chevalière a couvert une grande partie et nous n’avons finalement payé que 700 euros.

Une belle économie  pour un travail magnifique: cela valait la peine de se creuser la tête!

piste_alliances.png

Ne pas en porter

Pourquoi suivre absolument les conventions? Posez vous vraiment la question de savoir si cela a de la valeur pour vous d’avoir une bague à votre doigt. Si c’est seulement le rituel d’échange qui vous importe, il existe des alternatives, comme les mains liées par les rubans ou le rituel de la bougie qui sont tous deux très beaux et riches en symboles.

Or recyclé

Recycler des bijoux existants est une bonne piste, à condition d’avoir : 

  1. des bagues qui pourraient se prêter à l’exercice.
  2. un.e joaillier.e à votre portée qui ne se contente pas seulement de racheter l’or mais qui pourra également recréer un objet au départ de la matière que vous lui transmettez.

Or équitable

L’or équitable est l’alternative la plus simple a priori pour la confection d’alliances traditionnelles (ou pas!). Il coûte néanmoins plus cher et l’offre est vraisemblablement moindre. Reste que comme tout acte de consommation, c’est un geste politique fort: plus nous serons à demander la généralisation d’une filière équitable pour les métaux précieux, plus vite cela deviendra la norme.

Si cela vous tient à cœur mais que le prix est prohibitif, pourquoi ne pas en faire un cadeau de mariage auquel les invités pourront participer?

Bague en bois (et autres matériaux)

Les bagues en bois sont une jolie alternative au métal. Cependant, elles sont vite plus encombrantes car plus épaisses et risquent d’avoir une durée de vie plus courte. Sans oublier qu’il faut vérifier la provenance du bois afin de favoriser la gestion durable des forêts.

Suggestions de sites: Oxfam Magasins du Monde  ou  Artisans du Monde

Autres bijoux

Rien ne nous force à nous cantonner aux alliances. Libre à vous d’échanger un autre type de bijou, à chercher chez des artisans ou des boutiques équitables.

Tatouage

Bijou de peau par excellence, tatouer son alliance autour de l’annulaire est une manière originale, simple et peu coûteuse, à condition d’être sûr.e de soi et d’apprécier ce type d’art.

Quid de la bague de fiançailles ?

A nouveau, on peut très bien faire le choix de ne pas en porter. De notre côté, nous avions trouvé une autre petite astuce.

J’avais remis la main sur une bague en or fine offerte par ma mère à mes 12 ans qui allait parfaitement à mon annulaire gauche. La bague de fiançailles n’avait pas réellement d’importance pour moi qui n’aime pas vraiment les bagues: un anneau temporaire me convenait largement. Ainsi, j’avais donné cette petite bague quelques mois auparavant à l’Amoureux, lui disant que quand viendrait le jour où il se sentirait suffisamment courageux pour sa demande, il pourrait se servir de cet anneau en guise de bague de fiançailles.

N’hésitez pas à piocher dans les alternatives pour ce bijou-là non plus et gardez en mémoire que le commerce du diamant, la plus célèbre gemme pour les bagues de fiançailles, est l’un des plus sombres. Soyez créatifs et perspicaces!

N’oubliez surtout pas que, dans ces histoires-là, ce n’est pas le bijou le plus important 😉

734_emirob-couple-15_2048x1367
Pino Roméo – http://www.photoromeo.be/

Slow wedding – Intro

En décembre, le jour de la St-Nicolas, alors que je rentrais d’une superbe journée passée avec des amis chers à la côte belge où nous avons marché ensemble pour le climat, une bien belle surprise m’attendait…

Smaug_anneau_unique
Photo personnelle

Spontanée, surprenante, pleines de clin d’œil : je n’aurais pu rêver d’une plus belle demande en mariage !

Se posa alors l’épineuse question : comment construire notre fête de mariage en accord avec nos valeurs et nos envies?

J’ai assisté à très peu de mariages, seulement deux quand j’étais enfant.

Ainsi, j’ai découvert l’univers des mariages sur internet, et notamment sur les blogs. Sur cette blogosphère de licornes à paillettes, les mariages rivalisent d’ingéniosité, d’organisation, de DIY, de centres de tables, de lumières magnifiques et… de perfection.

L’idée du “plus beau jour de notre vie”, -surtout quand on est une femme, avouons-le public phare de l’événement mariage – me hérisse le poil. Bien sûr que je voulais que cette journée soit belle (et elle le fut!), mais il s’agissait d’un beau jour parmi tous les autres que j’ai déjà pu passer et passerai avec mon amoureux désormais mari. Je la voulais imparfaite. Imparfaite et à notre image.

Comme tout événement, il y a une incitation à la consommation gigantesque quand on parle de mariage. Des biens à outrance pour une seule et unique journée.

L’image sociale qu’incarne le mariage incite à tout cela : la fête du mariage est en quelque sorte le reflet de l’amour que se portent les époux. On le veut magistral, grandiose, beau, à l’image de ce que l’on ressent l’un pour l’autre. On veut parfois impressionner les convives aussi, il y a une envie, un besoin de démontrer comme on est capable d’organiser un événement si magique, de le concevoir parfaitement de A à Z.

Ce fut notre cas aussi : notre mariage, nous le désirions reflet de nos valeurs quotidiennes, ces valeurs pivots que sont l’écologie, la décroissance et la simplicité.

N’oublions pas que chacun a ses propres rêves: ce n’est pas parce qu’on a construit cela selon nos propres souhaits que nous jugeons les choix des autres.

J’ai hésité à écrire cette série d’articles, mais j’ai eu envie de partager des sourires et un peu de rêves à contre-courant de ce que le web nous propose. Je voulais alimenter les exemples de mariages plus simples, décalés, qui sortent des sentiers battus.

En parlant de cela, je pense notamment à la HellWEDDINGfest de Herveline sur le génial blog “Sortez de vos conapts” et à deux récits de mariage (Mme Zeureu et Mme Gezillig) sur Mademoiselle Dentelle, l’unique blog que j’ai vraiment apprécié pour le côté authentique des histoires.

Nous avions envie de mettre en valeur ce qui fait la force même d’une fête de mariage: l’émotion et les rapports humains. Nous voulions à tout prix nous départir des détails superficiels, si consommateurs de temps, de matériaux, d’argent et de larmes. Tout en nous faisant plaisir et en bâtissant tout cela à notre image 🙂

7 mots clefs ont guidé nos préparatifs :

~ Inspiration Médiévale ~

172_Emirob (479)_2048x1367
Photo: Pino Roméo

Et oui, on ne pouvait imaginer d’avoir recours à une toute autre ambiance ! Loin des robes blanches, costumes et fleurs : nous sommes beaucoup plus inspirés par le XIVème siècle, la Terre du Milieu et Westeros (mais avec une vision de la gente féminine plus moderne quand même – surtout par rapport à Westeros…). On se sent juste bien ainsi. Point.

Pas de garçons/demoiselles d’honneur mais une garde armée.

La marche nuptiale? Que nenni, nous ferons notre entrée sur “The Rains of Castamere”, joué en live par nos témoins (on a pris des risques, j’avoue mais alors… c’était fantastique !).

Bon, par contre, étant une vile païenne, point d’Église pour notre cérémonie : nous avons choisi de construire une cérémonie laïque pour le côté « émotions » (ça a d’ailleurs bien fonctionné, en attestent les yeux mouillés de nos convives !)

~ Végétarien ~

On quitte le médiéval n’est-ce pas ? En tout cas, le médiéval « haut de gamme ». Donc non, point de tablée de gibiers, cygnes et autres mets de chair.

Un mariage végétarien, ce n’est pas courant. On fait souvent bombance et c’est l’occasion de déguster mets fins et luxueux (oui, je pense à toi, foie gras…)

Il était cependant hors de question qu’il y ait de la viande à nos repas de noces. Tous deux végétariens, cela aurait été à l’encontre de valeurs écologiques et éthiques.

Est-ce facile à mettre en place ? J’en reparlerai dans une chronique ultérieure.

~ Simple ~

650_Emirob (1)_2048x1367
Photo: Pino Roméo

La simplicité volontaire jalonne notre quotidien. Elle se devait d’être de la partie.

Un aspect essentiel à mes yeux était celui-ci : je ne voulais pas « vivre mariage » pendant 12 ou 18 mois.

Une demande en décembre 2015, un mariage en mai 2016 : 5 mois de préparatifs chrono.

Sobre en temps.

Sobre en investissement émotionnel (mariage imparfait & lâcher-prise!)

Sobre en matériaux.

Sobre financièrement.

~ Authentique ~

La fête du mariage, nous la voyions avant tout comme un partage.

Le partage de ce qui anime et fait vivre notre quotidien.

Le partage de notre vision de la vie : décalée et engagée.

Il s’agissait aussi de sortir de l’emprise du superficiel pour laisser une place majeure à ce qui vient du cœur. A cette spontanéité qu’est la joie de vivre et de sourire. A ces élans d’amitié et d’amour que cette journée magique recueille par brassées entières.

Costumés donc, mais sans masque.

~ (Presque) Zéro déchet ~

Il était crucial de limiter les dégâts sur cet aspect.

Tant du point de vue de la décoration et de l’alimentaire, nous avons tenté de limiter la casse et de ne pas trop nourrir les poubelles. Quelques astuces à venir !

~ Local & Artisan ~

Je tenais absolument à mettre à l’honneur les produits locaux pour les repas qui étaient à ma charge. Valoriser nos terroirs, nos savoir-faire.

En parlant de savoir-faire, nous avons aussi choisi avec soin nos prestataires : une équipe de joailliers pour les alliances, une traiteur artisane pour le repas de midi et son compagnon photographe, ainsi qu’un jeune entrepreneur qui tente de réseauter les produits locaux de ma région via un site de commande en ligne.

~ Participatif ~

Quand les invités s’impliquent dans le mariage, cela gagne en convivialité : ils ne sont plus simples spectateurs, ils participent. Cette fête et sa réussite deviennent celle de tous, on la construit en équipe et les mariés ne sont pas seuls face à la montagne de choses à prévoir.

Personnellement, je trouve que c’est une excellente façon de mettre en valeur les compétences de chacun et, surtout, de témoigner de l’importance qu’ils ont pour nous en les associant au plus près de cette journée unique.

La suite de cette chronique suivra (au moins) le fil conducteur suivant :

Partie 1 : Nos costumes et alliances

Partie 2 : Les repas & boissons

Partie 3 : Faire-parts, décorations et cadeaux aux invités

Le rythme de publications ? Relax, c’est slow wedding par ici 😉

804_Alliances (2)_2048x1362
Photo: Pino Roméo

Lîdjeu, du wallon dans les savons!

 lidjeu1
Au gré de mes pérégrinations, j’ai récemment découvert un tout jeune atelier wallon de fabrication de savons saponifiés à froid.

Créé en 2015 par Baptiste et Maïwenn, les savons Lîdjeu se déclinent en 7 variétés , notamment un savon pour les enfants et femmes enceintes/allaitantes, très épuré et sans huiles essentielles, un savon spécial randonneur multi-tâches pour accompagner les voyages et un shampooing solide.

Des savons 100 % naturels, composés d’huiles végétales, d’huiles essentielles, d’argile et de graines ou plantes séchées, entièrement réalisés dans la cité ardente !

lidjeu3

Comme j’aime bien les nouveautés, surtout quand elles sont locales, et que je suis curieuse, j’ai posé quelques questions à Baptiste qui y a aimablement répondu.

Allez, j’arrête de vous faire mousser et vous laisse partir à la rencontre de ces entrepreneurs innovants et dynamiques !

– Baptiste, comment sont nés les savons Lîdjeu?

Les Savons Lîdjeu! sont nés avant tout de notre trajet de vie. Maïwenn (ma compagne) et moi-même avons appris à fabriquer notre savon en autodidactes il y a quelques années. Comme ça nous amusait grandement, nous en avons produit un plus grand nombre d’abord pour les offrir à notre famille (comme cadeau de noël ou d’anniversaire), puis nous avons fait un ou deux marchés artisanaux, comme ça, pour voir.

Nous avons ensuite effectué un long voyage de plusieurs mois en Amérique du Sud, abandonnant nos boulots et, donc, nos perspectives concrètes au retour. Et dans le cadre de notre voyage, tout régénérés d’avoir observé les différentes dynamiques rencontrées pendant ces mois, a grandi en nous l’idée que nous pourrions, nous aussi, essayer de proposer quelque chose d’innovant, d’inventer notre propre boulot et de faire quelque chose de bien, à notre échelle.

Lîdjeu, pour Liège. Dès le départ, vous semblez partis sur l’idée d’un commerce local, quelles sont vos motivations pour vous dirigez vers ce type d’activité économique?

Le côté « liégeois » de notre savon a deux raisons : d’abord nous croyons fermement aux circuits-courts, et pensons qu’il est plus cohérent d’essayer de vendre au plus proche plutôt que de chercher à aller le faire loin, et ensuite nous sommes liégeois, donc un peu chauvins 🙂

– Le local est fortement mis en avant en ce moment, mais est-ce si simple de se lancer ? Avez-vous rencontré des difficultés?

Est-ce si simple de se lancer… Oui et non.

Oui, en soi c’est facile de monter son entreprise, ça prend une semaine pour avoir tout le nécessaire.

Non ce n’est pas facile, il faut avoir un projet qui tient la route, un bon business plan et un financement suffisant. Pour nous, on avait le projet, pas de business-plan autre que nos intuitions (et pas le temps d’en faire un) et un financement assez faible (un prêt de mon papa). On a la chance de ne jamais être descendu dans le rouge, mais nous y arrivons en n’étant pas toujours à jour dans nos factures. Donc c’est un gros challenge. Administrativement ça demande aussi une belle organisation, mais de ce côté on s’en sort étonnamment bien 🙂

– Travaillez-vous avec les autres acteurs locaux, en pensant notamment à la Ceinture AlimenTerre?

Concernant la CATL, c’est assez évident qu’on se sent à la fois partie de cette logique (de manière très officieuse) et en même temps un peu décalé.

Nous travaillons essentiellement avec des produits qu’on ne peut pas fabriquer en Belgique (huile d’olive, coco, huiles essentielles de lavande ou d’ylang-ylang etc…) donc on ne peut pas dire qu’on soit vraiment dans la logique de la CATL, et en même temps on cherche quand même à travailler dans les mêmes logiques.

Il se trouve que Maïwenn et moi avions déjà suivi de près le lancement du projet de la ceinture et nos affinités avec les gens que nous y avons côtoyé existe bien sûr toujours.

– En quelques mots, pourriez-vous nous raconter le quotidien de la savonnerie artisanale?

Le quotidien de la savonnerie… Je pourrais te faire une liste des tâches plus ou moins exhaustive, mais en vrai on n’a pas franchement de quotidien type.

On s’organise par semaine: un jour de fabrication de savon, un jour de livraison, un jour d’emballage, un jour d’administratif/facture, plus le cas échéant la préparation des marchés, les marchés en tant que tel, le démarchage d’éventuelles nouvelles boutiques, etc. Récemment avec l’offre Facebook, on a eu pas mal de travail en plus, puisqu’il fallait suivre les différentes demandes, répondre aux questions, préparer des envois et les envoyer, vérifier les paiements, etc.

Le quotidien est assez chahuté et en même temps, nous sommes tous les deux dans une logique où nous avons fait le choix de ne plus subir d’autre contrainte que la nôtre. Cette liberté de l’indépendant, nous la choyons aussi, et donc nous nous sentons très largement libre d’adapter notre horaire à nos envies, quitte à parfois gagner un peu moins d’argent, ou un peu moins vite.

– Quelles sont les origines de vos ingrédients ? Parvenez-vous à travailler avec des produits locaux également ?

Malheureusement, nous travaillons avec fort peu d’ingrédients locaux.

La vérité étant que la Belgique, pour fertile qu’elle soit, est assez peu propice à la culture des produits avec lesquels nous travaillons: (olive, coco, ricin, par exemple), le savon « traditionnel » de nos régions étant fait à base de saindoux, ce qui correspond assez peu à notre approche environnementale: quitte à souffrir un peu de nos contradictions, nous avons fait le choix de garantir des huiles végétales bio à défaut de pouvoir être entièrement dans une logique de localisme. Cela dit, nous travaillons avec des partenaires liégeois: notre grossiste est à Liège depuis 30 ans, nos emballages sont aussi fabriqués à Liège ainsi que tout le reste.

– Quel développement envisagez-vous pour votre savonnerie? (nouveaux produits, nouvelles combinaisons d’huiles végétales et essentielles, plusieurs types de shampooings, vente en ligne?)

Dans le rayon nouveauté, nous allons un peu nous calmer pour le moment, nous avons 7 mois d’existence et déjà une gamme de 7 produits. C’est beaucoup à gérer, niveau stock en tout cas, et nous venons de lancer les deux derniers. Donc, on va d’abord se concentrer sur ce qu’on a déjà, essayer de voir ce qui fonctionne bien et ce qui fonctionne moins bien, puis on repartira de l’avant – à mon avis pour le début de l’été. D’autant qu’on planche déjà sur le lancement d’un crowd-funding accompagné d’un super clip en cours de réalisation et qu’on vient de commencer à donner des ateliers de fabrication de savons, donc on cherche un peu sur d’autres terrains en ce moment! Nous voudrions aussi finaliser notre site web qui nous attend depuis plusieurs mois – avec ou sans vente en ligne, nous verrons.

– Et pour finir, où peut-on vous trouver?

Où nous trouver…

Alors, sur Facebook déjà et bientôt sur notre site web. Et puis dans un certain nombre de boutiques (voir liste ci-dessous) :
A Liège:

Osons-Bio/Peuchère, place du général Leman

Graines d’Épices, rue de Serbie (angle de la rue des Guillemins)

Le boudoir de Jeanne, rue Puits-en-sock,

Un Pain C’Est Tout, rue de la loi

L’Épicerie du Nord, place saint léonard,

Li Botike di Lidje, En Féronstrée

La Couronne, impasse de la Couronne,

Goveg, Hors-Château

Wattitude, Souverain Pont

La Maison des Plantes, Galerie Opéra,

Le Temps des Cerises, rue du Laveu.

En dehors de Liège :
Mandarine, Jeneffe

Piscine, Crisnée

Nos Racines, Herve

La Prulhière, Battice

Le Comptoir du Naturel, Verviers

Zinzoline et Patchouli, Welkenraedt et Verviers

Le Sanoriz, Spa,

BioFagne, Theux,

Au Coeur du Bio, Aywaille

lidjeu2

Merci à Baptiste d’avoir répondu à mes questions ! Vous pouvez suivre le développement de la savonnerie Lîdjeu sur leur page Facebook.

CoDT: quand la Wallonie fait marche arrière

Bocage_boulonnais

By Matthieu Debailleul (http://aascalys.free.fr) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)%5D, via Wikimedia Commons

 

Bonsoir à tous!

Difficile de trouver le temps en ce moment pour écrire comme je le souhaiterais: janvier fut particulièrement chargé, si bien que j’ai carrément laissé passer la date d’anniversaire du blog.

Et oui, il a soufflé sa 1ère bougie le 13 janvier ! De nombreux articles sont au programme cette année, mêlant à la fois, sciences, réflexions sur l’écologie au quotidien et sur la société.

Après cette petite parenthèse, plongeons dans le sujet du jour, un sujet politique, écologique, engagé et… wallon!

Tout commence sous la précédente législature de la région wallonne (ndlr: en Belgique, la Wallonie correspond au sud de la Belgique, comprenant la communauté française et la communauté germanophone – il y a 3 niveaux de pouvoir dans mon petit pays: le fédéral, le régional et le communautaire, bref).

La Wallonie souhaite réviser le Code Wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, du Patrimoine et de l’Energie (CWATUPE) en vue de le simplifier, administrativement parlant.

Car oui, admettons-le, l’administration est souvent compliquée.

Le CWATUPE deviendrait CoDT, Code de Développement du Territoire.

Qui dit territoire, dit paysage, et donc écologie. En effet, une révision de la législation régissant les aménagements du territoire semble, de prime à bord, offrir des opportunités pour mieux intégrer entre les lignes de la Loi les enjeux environnementaux qui se jouent dans nos campagnes et nos villes.

Sauf que, de la simplification administrative, nous voilà partis vers une simplification du paysage, un paysage déjà fortement transformé sous la pression anthropique, morcelé, homogénéisé, pas écologiquement en bonne santé.

Scientifiques et ONG ont sifflé, et administré trois cartons rouges qui menacent grandement les équilibres fragiles et nos maigres efforts en matière de conservation de la biodiversité.

# Carton n°1 : Les haies

A la fois abris, garde-manger, éléments connecteurs et aides précieuses face à l’érosion des sols et aux inondations, les haies sont des éléments essentiels pour le maintien de la biodiversité et le soutien aux écosystèmes.

L’arrachage et la destruction de haies nécessitent actuellement une demande de permis. Lors de l’élaboration du réseau Natura 2000 en Wallonie, on ne s’était pas tellement préoccupé des haies puisqu’elles étaient déjà bien protégées par le CWATUPE.

Dans le CoDT, cette demande de permis est levée (excepté pour les haies classées), privant ainsi les haies de leur unique mesure de protection – et par ailleurs ajoutant une incohérence énorme aux actuelles mesures agro-environnementales wallonnes qui encouragent la réhabilitation (et rémunèrent) des haies dans les paysages agricoles !

#Carton n°2 : Les sapins de Noël

La culture intensive de sapins de Noël a le vent en poupe en ce moment. Normalement consignée dans les zones agricoles avec demande de permis, le CoDT simplifie en l’autorisant désormais dans les milieux forestiers et dans les zones agricoles, sans permis préalable.

Pire, classées dans la catégorie « horticulture », les cultures de sapins de Noël ne seraient plus soumises au Code Forestier qui proscrit l’usage de pesticides et autres facteurs de croissance.

Les milieux forestiers, où règne déjà un équilibre fragile entre rentabilité et protection environnementale, se verraient déstabiliser par l’ouverture à cette activité entraînant une pollution inquiétantes pour les écosystèmes forestiers suite à l’autorisation de l’usage des pesticides, mais également une déstructuration des massifs forestiers par l’arrivée de ces cultures de sapins beaucoup plus rentables à court terme, chamboulant équilibres écologiques et économiques.

# Carton n°3 : Les modifications du relief du sol

Actuellement, le CWATUPE encadre un minimum les travaux entraînant une modifications du relief des sols, comme par exemple les remblais. Les aménagements apportés par le CoDT restent très flous et pourraient engendrer de graves perturbations sur la régulation des niveaux d’eau, des nappes phréatiques et de la biodiversité liée aux zones humides, déjà sensiblement menacées.

En ce moment, une pétition lancée par 8 associations environnementales circulent en ligne, rassemblant près de 14 000 signatures. Cette pétition sera remise à la commission de l’environnement du Parlement wallon : plus les voix de la raison environnementale se feront entendre, moins les parlementaires sauront faire la sourde oreille !

Lecteurs belges, vous savez que faire comme bonne action ce soir : signer et relayer la pétition 🙂

Plus d’informations:

https://biodiwal.wordpress.com/2016/01/16/le-projet-de-codt-2016/

http://protectiondesoiseaux.be/le-nouveau-code-du-developpement-territorial-une-menace-majeure-pour-lenvironnement/

 

Voyages au Sud

{Pour changer, un article sans photo mais à lire avec de la musique}

J’aime les livres qui me font rêver et voyager au cœur des paysages et des êtres, ceux qui me confrontent un peu plus à moi même comme seuls certains voyages savent le faire.

Continuons alors sur le chemin de la littérature dans le cadre de l’éco-défi de novembre chez Échos Verts et partons en voyage. Rêvons. Ouvrons des yeux tout grand pour nous imprégner des beautés de la Terre et de l’essence des humains. Voguons vers l’Amérique du Sud au côté de Luis Sepúlveda, au travers, non pas d’un, mais de deux romans.

Luis Sepúlveda, je vous avais déjà présenté un de ces ouvrages, un conte qui parle d’escargots et de héros. Il est, je pense bien, mon auteur favori. Celui chez qui je me replonge régulièrement pour réchauffer mon cœur à la flamme vibrante et battante des êtres humains qu’il saisit si bien avec leurs valeurs et leurs failles.

Originaire du Chili, il réside désormais avec sa famille en Allemagne, ayant du quitter son pays natal sous la dictature de Pinochet, après notamment un séjour en prison. Activiste dans l’âme, Luis Sepúlveda est un fervent défenseur des causes sociales, mais aussi environnementales. Deux approches qui sont, finalement, intrinsèquement liées, si pas inextricablement.

Embarquons donc pour la forêt amazonienne et la Terre de feu, dans le regard des folies et des beautés humaines.

Le vieux qui lisait des romans d’amour”

Ce roman se passe au cœur de la forêt amazonienne. On en ressent la chaleur et la grandeur des hautes cimes. Il nous retrace l’histoire d’un combat pour la dignité au travers d’une chasse au jaguar qui menace un village portuaire. Au-delà de ce fil conducteur, nous sommes plongés au cœur du dédale des activités et des valeurs humaines d’un monde qui oscille entre des tribus ancestrales avec un savoir, un mode de vie, un code d’honneur bien différents des modes occidentaux qui grignotent les équilibres complexes de la forêt.

Le personnage principal, le « vieux », se retrouve confronté à son passé et ses écueils, aux conséquences d’actes insensés et cupides qui érodent la biodiversité et les valeurs humaines. Au delà de la folie des humains, il fait parfois meilleur de rêver d’amour…

Poignant, ce n’est pas un roman que l’on quitte avec le sourire mais c’est l’un de ceux qui laisse une trace. Pour très longtemps.

“ Le monde du bout du monde ”

Embarquons ici pour un voyage vers le froid, dans la lignée du mythique Moby Dick qui fait rêver le narrateur. Plusieurs années après un premier voyage au côté des chasseurs traditionnels de baleines sur les flots de la Patagonie, le narrateur se repart au Chili pour lutter contre la flotte du Nishin-maru, célèbre baleinier japonais qui organise un massacre.

Hommage aux combats de Greenpeace, cette histoire nous replace à nouveau à cheval sur deux mondes qui, s’ils se ressemblent en apparence (les baleiniers), n’ont rien à voir l’un avec l’autre.

Luis Sepúlveda nous raconte comment une activité de survie et une passion s’insèrent dans des écosystèmes houleux que viennent (cor)rompre un peu plus les activités dictées par le profit et les gains immédiats.

C’est une ode aux liens qui nous unissent aux milieux desquels nous dépendons et qui nous rappelle à quel point les acteurs de terrain sont ancrés dans ces espaces que nous prenons, du haut de nos activités commerciales, nos démarches paternalistes et notre technocratie, comme trop souvent acquis.

Deux courts romans, 120 pages chacun, à offrir à des jeunes gens pour les éveiller aux combats complexes du monde ou à des  plus expérimentés qui veulent entrevoir un peu de lumière dans les ombres du quotidien et raviver la flamme du combat qui veille au fond de chacun.

Retrouvez la présentation littéraire d’hier chez Natasha d’Échos Verts qui nous parlait d’un autre regard sur la vie au travers de « Permaculture » et rendez-vous demain chez Valérie du blog « Peuvent-ils souffrir ? ».

Climat: parlons-en !

Cops21_humour
Parlons du climat pour éviter d’en arriver là ! (vu chez Antigone XXI – http://antigonexxi.com/2015/11/23/ma-revue-du-monde-novembre/)

Nous sommes actuellement confrontés à des menaces imminentes. Des mesures sont prises en conséquence pour assurer au mieux la sécurité de tous. Cependant, nous ne devons pas oublier une autre menace qui se fait tout d’un coup plus silencieuse, plus discrète alors qu’elle est quotidienne : le réchauffement climatique.

J’avais débuté cet article bien avant les attentats de Paris. Je comptais vous présenter le réchauffement climatique, ses conséquences, les enjeux de la COP 21 et toutes une série de manifestations prévues dans ce cadre. Mais j’ai dû revoir ma ligne directrice.

Ce soir, nous parlerons, parce qu’il le faut, du climat, de la COP 21. Cet article lance également mon intention de vous parler d’espoir, d’imaginaire et de rêve, thèmes qui seront plus développés autour des fêtes.

2015 est donc une année importante pour le climat. Celle de la COP 21.

COP, Conference of the Parties. La 21ème réunion mondiale sur le climat.

COP21

Du 30 novembre au 11 décembre, des représentants des gouvernements mondiaux – 196 états représentés – vont se réunir autour de plein de tasses de café et de dossiers lus (espérons-le!), relus décortiqués et plein de traces des débats nocturnes, des colères et d’espoir (je peux bien rêver un peu, non?).

Notre avenir et celui des générations à venir est placé dans les mains de quelques uns (mais pas que!). Ça semble si gros et improbable que cela peut prêter à rire. Pourtant, c’est bien la cas. Et aujourd’hui, j’ai envie de discuter des enjeux avec vous. S’informer et comprendre, ce sont les premiers pas menant vers l’action.

Le climat et nous : petit rappel

Posez-vous un instant, une tasse bien chaude avec contenant au choix, un petit calepin ou une feuille de brouillon, un crayon entre les doigts et dites-moi : Qu’est-ce que le réchauffement climatique pour vous ? Notez-le, et dites-le moi en commentaire là plus bas !

Si je vous demande cela c’est que, malgré qu’on en parle régulièrement version « catastrophes à venir », force est de constater que ce n’est pas forcément clair dans les esprits, en attestera cette récente étude dans nos écoles belges. (Ndlr : les 5ème et 6ème années du cursus belge correspondent à la 1ère et la terminale en France. La 7ème est une année supplémentaire disponible pour une équivalence de diplômes ou tremplin à l’entreprenariat).

Un petit rappel sur les fondements scientifiques ne fera donc pas de tort, n’est-ce pas ? Histoire qu’on se comprenne un peu pour la suite.

Le réchauffement climatique correspond en fait à l’exacerbation d’un phénomène naturel : l’effet de serre.

L’allégorie facile est celle de la serre à tomates. Si vous souhaitez obtenir de belles tomates dans nos contrées du Nord, vous les placez généralement sous une serre qui leur permettra d’être maintenues dans un environnement avec une température plus élevée que celle à l’extérieur. En effet, les rayons chauffants émis par le soleil vont pénétrer votre serre et en réchauffer les composants (sol, structure, plants de tomates). Tout corps/structure chauffé.e réémet la chaleur accumulée sous forme d’infra-rouges, des rayons thermiques, qui se dissipent dans l’air. Cependant, la serre empêche ces infra-rouges de se dissiper dans l’atmosphère, les maintenant dans l’espace confiné de la serre et donc permettre à la température d’augmenter et, ainsi, vous donner une belle récolte de tomates.

La planète Terre est une très grande plantation de tomates, placées sous une serre invisible de gaz. Grâce à eux, une partie des rayons infra-rouges réémis par la Terre chauffée par le soleil est maintenue et nous permet de vivre à une température moyenne de 15°C au lieu de -18°C. Parmi les gaz constituant la serre, on retrouve notamment la vapeur d’eau et le fameux CO2, ou dioxyde de carbone. Le CO2 est actuellement en augmentation dans notre atmosphère, une augmentation liée aux activités anthropiques.

effet_serre
Schéma illustrant le principe de l’effet de serre (source originelle non trouvée)

Un consensus scientifique a été atteint: on s’entend sur le fait que ce sont bel et bien les activités humains qui sont la cause du changement climatique actuel. On parle d’ailleurs de marquer le coup en initiant une nouvelle ère dans l’histoire géologique, l’ère de l’Anthropocène.

J’ai envie de dire, à quand bien même ce ne serait pas nous les responsables directs, les faits sont là: le climat change et a/aura des répercussions importantes sur notre société.

En 2016, je vous parlerai plus en détail des impacts du réchauffement climatique. Aujourd’hui, je me focaliserai sur les enjeux de la conférence et l’importance de tous y réfléchir.

Quels sont les enjeux de la COP 21?

La COP21 est surtout un enjeu politique – et un fameux dilemme du prisonnier !

Mais qu’est-ce donc que ce dilemme? Le principe est celui d’une situation où des joueurs gagneraient à coopérer ensemble mais peuvent recourir à la carte de l’individuel pour maximiser – égoïstement- leurs gains. L’exemple typique est celui de deux complice arrêtés pour un méfait. Ils sont interrogés séparément et se voient proposer ceci :

– S’ils avouent tous les deux, ils encourent une peine allégée à 5 ans chacun (= double perdants)

– Si l’un dénonce son complice, il aura droit à une peine de 6 mois de prison alors que le complice dénoncé purgera la peine totale de 10 ans (= position égoïste)

– Si chacun garde le silence, l’absence de preuves suffisantes leur permettra de ne purger que 6 mois de prison (=coopération). Appliqué au problème du climat, cela peur donner ceci:

Dilemme_prisonnier_climat
Illustration du dilemme du prisonnier appliqué au changement climatique

Typiquement, sous le régime actuel, on peut dire qu’à moins que tous les pays s’engagent d’un commun accord à travailler ensemble à une réduction des émissions de gaz à effet de serre – ce qui passe par une réforme du modèle et des activités économiques (= situation de coopération), il est risqué pour un pays ou un petit ensemble de pays de s’engager seul.s sur cette voie au risque de se retrouver affaibli.s sur les marchés économiques. Évidemment, si chaque pays s’avoue incapable d’agir, vous avez compris l’affaire ! Vue ainsi, il est dur de s’engager, n’est-ce pas ?

Pour avoir une vue d’ensemble des enjeux de la COP21 et du réchauffement climatique en général, je vous invite à consulter deux articles du journal « Le Monde ».

Une vidéo présentant en moins de 5 minutes la COP21 en 10 chiffres

Un article interactif construit sur un lexique du climat

Un article abordable expliquant les aspects scientifiques du rapport n°5 du GIEC

L’enjeu principal est la barre fatidique des 2°C supplémentaires (par rapport à la période préindustrielle): nous devons prendre des mesures pour éviter ce seuil qui risque de faire basculer bon nombre d’équilibres sur lesquels nous avons bâtis nos sociétés. Pourtant, il semblerait que ce seuil soit en fait surévaluer: pour éviter les problèmes, il faudrait plutôt viser dans la fourchette du 1°C d’après le dernier rapport du GIEC. Une bien courte marge de manoeuvre.

Finalement, la question n’est pas de savoir si nous y parviendrons, elle est plutôt de savoir ce que nous ferons quand le problème se posera. C’est là que vous intervenez, vous, citoyen du monde, personne humaine créative, inventive, solidaire. Le monde a cruellement besoin de redévelopper son imaginaire, de rêver et de se construire un avenir si nous voulons voir notre espèce perdurer.

climate_express_ostende

Après ces déclarations, la fameuse question du “Que faire?” pointe sûrement le bout de son nez dans votre esprit. Pour cette fois, je vous invite à vous renseigner sur les enjeux, à vous manifester si possible. Je sais que cela ne sera pas facile au regard de la situation actuelle à Paris (et à Bruxelles)– j’ai d’ailleurs une pensée à tous les organisateurs qui planifiaient de longue date leurs manifestations et leurs jeux. Mais en Belgique, rien n’est perdu puiqu’une rencontre est prévue à Ostende -le long de la plage, symbole de la montée des eaux- ce dimanche 29 novembre. Car près de 10 000 Belges avaient pris un ticket pour le Climate Express à destination de Paris ! C’eut été dommage de passer à côté d’un si bel élan.

 

L’âge des low tech

low_tech
Les temps obscurs, de retour? Pas vraiment !

Bonjour à tous !

Novembre tourne sous le signe de la collaboration. En effet, j’ai à nouveau le plaisir de participer à l’éco-défi de Natasha avec une vingtaine d’autres blogueuses.

Au cours du mois, un peu comme un calendrier de l’Avent en avance, nous allons à tour de rôle vous présenter une série de lectures engagées et inspirantes. Que ce soit pour s’informer, s’émerveiller, découvrir: le choix est là, avec des découvertes littéraires vraiment inspirantes pour petits et grands!

Pour ma part, je vais aujourd’hui vous présenter « L’âge des low  tech » de Philippe Bihouix, paru aux éditions Seuil -Anthropocène.

Divisé en 4 actes, ce livre confronte le développement de technologies dites high tech, présentées comme les incontournables d’un monde durable et vert à la réalité de la disponibilité des ressources dont ces technologies dépendent. Et bien entendu, il y a comme un léger décalage entre tout ça.

Tour à tour, l’auteur déconstruit le mythe des technologies high tech salvatrices, introduit la perspective des alternatives « low tech », propose une série d’exemples à appliquer et suggère une voie d’action politique pour s’engager sur le chemin du changement vraiment durable. Énergies vertes, nano-technologies, imprimantes 3D, dématérialisation des services, économie circulaire et recyclage passent largement sous la houlette de l’auteur, engendrant son lot de questionnement.

Ce livre est pour moi une très belle découverte. Sortant de l’univers tout beau, tout simple des technologies qui s’offrent à nous pour lutter contre le changement climatique et la pauvreté, cet ouvrage casse l’allure de greenwashing des propos majoritaires actuels pour nous confronter aux véritables causes de nos problèmes : nos comportements. Quel sens cela a-t-il d’installer d’immenses champs éoliens en pleine mer, agrémenté d’un réseau de distribution dense et dépendant de ressources limitées comme les métaux rares pour alimenter le chauffage de commerces qui restent ouverts sur la rue en plein hiver, illuminent de nuit comme de jour leurs vitrines ou incitent tout un chacun à acheter, à nouveau, trois pulls pour le prix de deux ? Nous voilà face à nos contradictions. La mondialisation nous a déconnectés de l’impact de nos actes et de nos modes de vie : s’y confronter nous oblige à interroger notre confort quotidien sous toutes ses coutures.

Très critique, ce livre pourrait aisément paraître moralisateur (il l’est d’une certaine manière) mais ce n’est compter sur le ton léger, doté d’une certaine dérision humoristique dont use l’auteur.

S’il ne délivre pas une solution toute faite à appliquer pour soulager notre conscience torturée, il offre une série d’exemples simples, applicables par nos sociétés qui concrétisent et illustrent les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Mettons notamment en avant la ré-instauration d’un service de consignes de verre local (= moins de transport), facilité par la vente de formats uniques qui permette un réemploi aisé (= système hautement modulable).

La fameuse citation  « La liberté s’arrête la où commence celle des autres » conclut l’ouvrage. Propos liberticides ? Extrémisme écologiste ? Non, juste une remise en perspective du confort de certains afin d’assurer in fine les droits de tous.

A offrir à des sceptiques fervent défenseurs des imprimantes 3D, à des personnes engagées sur la voie de la simplicité volontaire ou à de grands curieux qui aiment réfléchir sur le futur monde que nous construisons au quotidien (et à vos élus politiques!)

Chez Amaëlle du blog De Mal en Piges, vous pouviez découvrir hier  « L’art de l’essentiel » de Dominique Loreau. Demain, on change de registre: rendez-vous chez Lili (Au vert avec Lili) pour discuter alimentation.

Connaissez-vous ce livre? Avez-vous découvert des lectures inspirantes au fil des participantes? N’hésitez pas à partager vos propres coups de cœur inspirants, remuants, déreangeants ou positifs 🙂

Pousses d’ici, de là #1

Quitter Facebook, cela sous-entend qu’il me faut revoir mes canaux informatifs.

Les entrées, notamment.

Les sorties également. Mine de rien, je partageais pas mal de choses, piochées de-ci, de-là, qui engendraient des discussions et des échanges.

J’ai envie de pallier à cela en ouvrant une nouvelle rubrique, où, régulièrement, je vous parlerai de ce que j’ai pu découvrir sur le net, dans de vrais livres en papier ou qui on pu agrémenter mon quotidien. Un joyeux mélange hétéroclite (pour ne pas dire chaotique) dans lequel vous pourrez piocher !

A la une

Ici, nous nous pencherons en quelques lignes sur un article scientifique qui aura croisé ma route. Pour les personnes intéressées par les domaines de l’écologie et de la biologie, et maîtrisant la langue de Shakespeare, je vous suggère de vous abonner au site de la commission européenne dédié à l’environnement: Science for environment policy.

Aujourd’hui, il sera question de néonicotinoïdes. Vous avez sûrement dû entendre parler de ces pesticides. Il s’agit de molécules neuro-toxiques, affectant donc le système nerveux des insectes, entraînant une issue létale par paralysie. Les néonicotinoïdes ont deux très grands inconvénients. D’une part, ce sont des produits systémiques (qui se retrouvent dans toutes les parties de la plante) et qui affectent tous les insectes, peu importe l’espèce. D’autre part, les néocotinoïdes persistent très longtemps dans l’environnement (et on a déjà vu ici ce que cela peu provoquer).

Une étude s’est récemment penchée sur la capacité qu’ont les abeilles à détecter les néocotinoiïdes à des doses usuelles et à éviter les fleurs contaminées. Un argument fréquent des défendeurs des néonicotinoïdes reste en effet que les pollinisateurs seront capables d’éviter le nectar contaminé, à cause du goût.

Abeille charpentière
Abeille charpentière

Des abeilles ont donc été mises en contact avec deux solutions différentes : l’une de sucre simple (sous forme de sirop de saccharose), l’autre où le sirop de sucre était mélangé à un type de néonicoinoïdes, dosé de sorte à représenter la concentration réelle dans du nectar d’une plante traitée.

Les résultats sont interpellant. Les abeilles ne détectent pas la présence de ces pesticides dans le sirop de sucre. Elles tendent même à préférer le mélange auquel a été ajouté le pesticide. Une conclusion alarmante, révélant que les abeilles semblent dès lors peu à même d’éviter ces molécules neuro-toxiques utilisées couramment.

Source : Bees actively prefer nectar contaminated with neonicotinoid pesticides, « Science for Environment Policy »: European Commission DG Environment News Alert Service, edited by SCU, The University of the West of England, Bristol.

Article scientifique de référence : S. C. Kessler, E. J. Tiedeken, K. L. Simcock, S. Derveau, J. Mitchell, S. Softley, J. C. Stout &G. A. Wright (2015). Bees prefer foods containing neonicotinoid pesticides. Nature. 521: 74-78. DOI:10.1038/nature14414

S’informer et découvrir

DSC_0055

J’ai fait une très belle découverte au printemps dernier dans ma librairie. Un journal inconnu était offert. 32 pages dédiées au Traité Trans-Atlantique (ou TTIP, TAFTA). Un incontournable pour comprendre les enjeux de ce fameux traité.

Ce journal a un nom, POUR, et vous pouvez découvrir des articles en ligne sur leur site, ou pourquoi pas, commander et faire tourner des versions papier !

Cette semaine également, j’ai finalement regardé le fameux documentaire traitant de la disparition… du sable. Rarement suis-je ressortie si désespérée devant des faits… La boulimie de la construction et l’ingérence des états sont véritablement en train de perturber les écosystèmes marins et terrestres en puisant des quantités monstrueuses de sable dans les fonds marins. Vous vous êtes offusqués devant le chalutage profond ? Vous n’avez encore rien vu. Un documentaire qui chamboule tout.

Et… action !

Même si tout n’est pas rose, sachez qu’il y a pléthore de personnes qui s’activent pour faire bouger les choses.

Tout autre chose (Hart boven hard chez nos compères flamands) est un mouvement d’action citoyenne belge. Né pour lutter contre la politique d’austérité qui fleurit chez nous, il vise un réenchantement et une mise en place d’alternatives dans notre société. Une société démocratique, solidaire, coopérative, écologique, juste, égalitaire, émancipatrice, créative, plurielle, réjouissante. Rien que ça 😉

Ce mois-ci, ils lancent une après-midi participative le 27 septembre pour discuter et revisiter notre système éducatif. Plus de détails sur leur site.

Côté culture

Grande amatrice de livres, j’aime me promener dans les dédales de la bibliothèque pour assouvir ma soif de voyage et de réflexion. Toutes mes lecture depuis 2008 sont inscrites à l’encre rouge dans un petit carnet rouge. Ce mois-ci, la récolte a été particulièrement bonne.

J’ai suivi les aventures de truculents personnages, en quête de joie de vivre et surtout de tranquillité, réfugiés dans une forêt finlandaise. Un très beau récit entraînant, plein d’humour et de justesse d’Arto Paasilinna.

la-foret-des-renards-pendus-9782070401109_0

Ensuite, je suis partie sur les traces du « [Le] Plus grand sous-marin du monde » avec André-Marcel Adamek. Un auteur belge au style particulier que j’affectionne beaucoup. Les portraits qu’il dresse de la vie au travers de ses personnages portent une douce amertume. Sa plume parfois acerbe s’accompagne bien souvent d’un soupçon de mystère, de magie et nous emmène sur les chemins de l’imaginaire du monde et des humains.

Dans la littérature, j’aime également beaucoup la poésie. Et cet été, j’ai eu le plaisir de découvrir un spectacle de poésie. Je n’affectionne pas beaucoup le théâtre d’habitude, étant quelqu’un de très « visuel ». Les mots écrits dessinent des paysages, des fresques dans ma tête. Ils lancent des gerbes colorées qui me font frémir. Rares sont les mots prononcés qui parviennent à le faire. Le mélange de chants et de poèmes de Catherine Huard, québécoise, transpose dans un univers vibrant, brut, émouvant. Le charme du prieuré dans lequel nous étions a probablement aussi contribué au plaisir des mélopées. Découvrez un extrait des prestations de Catherine Huard >>ici<<

Attention : slow & green life !

La rentrée frappant à nos portes, le rythme du quotidien s’accélère et, parfois, nous dépasse. Le stress engendrant le stress, il est bon de ralentir, de respirer et de prendre soin de soi. Je vous invite à découvrir la série d’articles dédiés au ressourcement savamment rédigés par Natasha sur son blog Echos Verts. Dans son sommaire, vous trouverez les articles en question en juillet et août. Plein d’astuces pour reprendre des forces en pleine journée, partir du bon pied le matin ou bien profiter de sa soirée !

Pour ça, l’automne est la saison idéale : la nature change de rythme, nous invite à poser un autre regard sur le monde et sur nous-même. Son souffle se calme, elle se prépare au long sommeil d’hiver. L’automne, condensé de couleurs, d’odeurs et de lumières douces. Invitation à profiter de notre intérieur, à la chaleur d’un chaï épicé et des discussions à la bougie. A (re)découvrir notre potentiel créatif aussi, en creusant un peu sous la carapace. J’ai eu un véritable coup de coeur pour ce DIY (Do It Yourself) du blog « Le plus bel âge », que j’ai d’ailleurs presque fini. De quoi adoucir encore un peu notre intérieur domestique pour accueillir en douceur les froidure de l’hiver.

DSC_0050

J’espère que ce tour d’horizons vous aura plus. N’hésitez pas à partager en commentaires vos remarques, suggestions et vos propres coups de coeur 🙂

Je termine sur une vidéo à la fois étrange et touchante : la rencontre entre deux mondes… inattendus ! Beau week-end !

Eloge de la lenteur: récit

DSC_0219DSC_0222

Un conte aux illustrations superbes, en noir et blanc, qui vous plonge au ras du sol, à cavaler entre les brins d’herbe à dos d’escargot.

Un conte, aux textes doucement engagés, qui sonnent si juste et rappellent toujours si bien la folie des Hommes.

Un conte qui nous illustre l’importance de s’arrêter pour regarder la vie, pas juste la voir passer comme un coup de vent.

C’est l’histoire d’un escargot anonyme dans son groupe, où tous sont d’ailleurs anonymes. Leur vie, simple et lente dans un jardin de pissenlits, est rythmée d’habitudes étranges et un peu creuses, empruntées à de grands animaux encore plus étranges.

Mais notre héros escargot s’interroge : pourquoi est-il si lent alors que tant d’autres animaux filent dans les airs ou courent dans les champs ? Et puis, aussi, il aimerait bien avoir un nom à lui.

Commence alors sa quête vers le sens de sa lenteur et à la recherche d’un nom. Son identité se révèlera au cours de son voyage, et il découvrira que la lenteur est une force qui les préservera d’un immense danger.

Je ne vais pas faire de critique littéraire, non.

Je vais vous illustrer l’importance de la lenteur par un fait qui s’est déroulé sur mon lieu de villégiature.DSC_0911 

Le héros est un petit garçon de trois ans. Et parce qu’il a su regarder, il a décelé un immense danger .

La femme du propriétaire du gîte où nous logions dans les Cévennes fait de son mieux pour aménager le tout joliment. Elle avait trouvé chez un pépiniériste une plante décorative qui lui plaisait : des primevères du Missouri (Oenothera spp.). Colorées, au parfum subtil et à la floraison longue : de quoi enjoliver les abords du bassin.

Voilà qu’un jour, alors que les propriétaires étaient au bassin, que le petit bonhomme pas plus haut que trois pommes vint les trouver tout affoler parce que « les oiseaux-mouches étaient prisonniers ».

Un oiseau-mouche, des colibris dans la garrigue française ? Que nenni ! Il s’agit en fait d’un petit papillon, appelé moro-sphinx (Macroglossum stellatarum), dont le vol rappelle celui du colibri.

Macroglossum_stellatarum_Teulon (3)

Ce petit papillon pensant tirer profit des primevères du Missouri s’en était allé les butiner, tout à son aise.

Hop, en vol stationnaire, le voilà qui déroule sa trompe au fond de la corolle pour y chercher le nectar sucré. Sa gourmandise assurée, notre ami faux-colibri décide de changer de fleur…

Sauf que le voilà coincé, sa longue langue prisonnière de la corolle américaine.

Il tire surement pour se dégager. Épuisé, il finit pendu par la langue, incapable de s’échapper. Condamné.

Macroglossum stellatarum_Teulon_1506

Ces primevères aux atours engageant se sont révélées être un véritable piège. Il faut s’armer de patience et de doigté, ouvrir délicatement la corolle de la fleur pour pouvoir dégager la longue langue de l’infortuné insecte. Peu en réchappent:le bassin est orné d’un cimetière à moro-sphinx…

Le petit garçon, parce qu’il a su regarder la vie autour de lui, a pu sauver quelques vies. Cela faisait 7 longues années que ces plantes étaient semées…

Une belle leçon pour les adultes effrénés que nous sommes.

Au-delà de la lenteur, ces fleurs illustrent le problème des plantes d’ornement importées. Transposer des plantes qui ont évolué dans des environnements différents peu générer de véritables drames écologiques. En effet, des espèces qui occupent les mêmes habitats vont poursuivre une co-évolution : des associations vont émerger, de même que des répartitions de territoire bien délimitées. La primevère du Missouri vient peut-être d’un habitat où il n’y a pas d’insectes à longue langue qui risquent de se retrouver coincés et mourir aux portes de sa corolle.

Pensez-y : pour agrémenter votre jardin, privilégiez les plantes indigènes ! Et surtout, évitez -toutes belles soient-elles – les primevères du Missouri.

Plus d’infos pour éviter cette plante : Alerte de l’INRA sur les Oenothera