Slow wedding – Intro

En décembre, le jour de la St-Nicolas, alors que je rentrais d’une superbe journée passée avec des amis chers à la côte belge où nous avons marché ensemble pour le climat, une bien belle surprise m’attendait…

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Photo personnelle

Spontanée, surprenante, pleines de clin d’œil : je n’aurais pu rêver d’une plus belle demande en mariage !

Se posa alors l’épineuse question : comment construire notre fête de mariage en accord avec nos valeurs et nos envies?

J’ai assisté à très peu de mariages, seulement deux quand j’étais enfant.

Ainsi, j’ai découvert l’univers des mariages sur internet, et notamment sur les blogs. Sur cette blogosphère de licornes à paillettes, les mariages rivalisent d’ingéniosité, d’organisation, de DIY, de centres de tables, de lumières magnifiques et… de perfection.

L’idée du “plus beau jour de notre vie”, -surtout quand on est une femme, avouons-le public phare de l’événement mariage – me hérisse le poil. Bien sûr que je voulais que cette journée soit belle (et elle le fut!), mais il s’agissait d’un beau jour parmi tous les autres que j’ai déjà pu passer et passerai avec mon amoureux désormais mari. Je la voulais imparfaite. Imparfaite et à notre image.

Comme tout événement, il y a une incitation à la consommation gigantesque quand on parle de mariage. Des biens à outrance pour une seule et unique journée.

L’image sociale qu’incarne le mariage incite à tout cela : la fête du mariage est en quelque sorte le reflet de l’amour que se portent les époux. On le veut magistral, grandiose, beau, à l’image de ce que l’on ressent l’un pour l’autre. On veut parfois impressionner les convives aussi, il y a une envie, un besoin de démontrer comme on est capable d’organiser un événement si magique, de le concevoir parfaitement de A à Z.

Ce fut notre cas aussi : notre mariage, nous le désirions reflet de nos valeurs quotidiennes, ces valeurs pivots que sont l’écologie, la décroissance et la simplicité.

N’oublions pas que chacun a ses propres rêves: ce n’est pas parce qu’on a construit cela selon nos propres souhaits que nous jugeons les choix des autres.

J’ai hésité à écrire cette série d’articles, mais j’ai eu envie de partager des sourires et un peu de rêves à contre-courant de ce que le web nous propose. Je voulais alimenter les exemples de mariages plus simples, décalés, qui sortent des sentiers battus.

En parlant de cela, je pense notamment à la HellWEDDINGfest de Herveline sur le génial blog “Sortez de vos conapts” et à deux récits de mariage (Mme Zeureu et Mme Gezillig) sur Mademoiselle Dentelle, l’unique blog que j’ai vraiment apprécié pour le côté authentique des histoires.

Nous avions envie de mettre en valeur ce qui fait la force même d’une fête de mariage: l’émotion et les rapports humains. Nous voulions à tout prix nous départir des détails superficiels, si consommateurs de temps, de matériaux, d’argent et de larmes. Tout en nous faisant plaisir et en bâtissant tout cela à notre image 🙂

7 mots clefs ont guidé nos préparatifs :

~ Inspiration Médiévale ~

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Photo: Pino Roméo

Et oui, on ne pouvait imaginer d’avoir recours à une toute autre ambiance ! Loin des robes blanches, costumes et fleurs : nous sommes beaucoup plus inspirés par le XIVème siècle, la Terre du Milieu et Westeros (mais avec une vision de la gente féminine plus moderne quand même – surtout par rapport à Westeros…). On se sent juste bien ainsi. Point.

Pas de garçons/demoiselles d’honneur mais une garde armée.

La marche nuptiale? Que nenni, nous ferons notre entrée sur “The Rains of Castamere”, joué en live par nos témoins (on a pris des risques, j’avoue mais alors… c’était fantastique !).

Bon, par contre, étant une vile païenne, point d’Église pour notre cérémonie : nous avons choisi de construire une cérémonie laïque pour le côté « émotions » (ça a d’ailleurs bien fonctionné, en attestent les yeux mouillés de nos convives !)

~ Végétarien ~

On quitte le médiéval n’est-ce pas ? En tout cas, le médiéval « haut de gamme ». Donc non, point de tablée de gibiers, cygnes et autres mets de chair.

Un mariage végétarien, ce n’est pas courant. On fait souvent bombance et c’est l’occasion de déguster mets fins et luxueux (oui, je pense à toi, foie gras…)

Il était cependant hors de question qu’il y ait de la viande à nos repas de noces. Tous deux végétariens, cela aurait été à l’encontre de valeurs écologiques et éthiques.

Est-ce facile à mettre en place ? J’en reparlerai dans une chronique ultérieure.

~ Simple ~

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Photo: Pino Roméo

La simplicité volontaire jalonne notre quotidien. Elle se devait d’être de la partie.

Un aspect essentiel à mes yeux était celui-ci : je ne voulais pas « vivre mariage » pendant 12 ou 18 mois.

Une demande en décembre 2015, un mariage en mai 2016 : 5 mois de préparatifs chrono.

Sobre en temps.

Sobre en investissement émotionnel (mariage imparfait & lâcher-prise!)

Sobre en matériaux.

Sobre financièrement.

~ Authentique ~

La fête du mariage, nous la voyions avant tout comme un partage.

Le partage de ce qui anime et fait vivre notre quotidien.

Le partage de notre vision de la vie : décalée et engagée.

Il s’agissait aussi de sortir de l’emprise du superficiel pour laisser une place majeure à ce qui vient du cœur. A cette spontanéité qu’est la joie de vivre et de sourire. A ces élans d’amitié et d’amour que cette journée magique recueille par brassées entières.

Costumés donc, mais sans masque.

~ (Presque) Zéro déchet ~

Il était crucial de limiter les dégâts sur cet aspect.

Tant du point de vue de la décoration et de l’alimentaire, nous avons tenté de limiter la casse et de ne pas trop nourrir les poubelles. Quelques astuces à venir !

~ Local & Artisan ~

Je tenais absolument à mettre à l’honneur les produits locaux pour les repas qui étaient à ma charge. Valoriser nos terroirs, nos savoir-faire.

En parlant de savoir-faire, nous avons aussi choisi avec soin nos prestataires : une équipe de joailliers pour les alliances, une traiteur artisane pour le repas de midi et son compagnon photographe, ainsi qu’un jeune entrepreneur qui tente de réseauter les produits locaux de ma région via un site de commande en ligne.

~ Participatif ~

Quand les invités s’impliquent dans le mariage, cela gagne en convivialité : ils ne sont plus simples spectateurs, ils participent. Cette fête et sa réussite deviennent celle de tous, on la construit en équipe et les mariés ne sont pas seuls face à la montagne de choses à prévoir.

Personnellement, je trouve que c’est une excellente façon de mettre en valeur les compétences de chacun et, surtout, de témoigner de l’importance qu’ils ont pour nous en les associant au plus près de cette journée unique.

La suite de cette chronique suivra (au moins) le fil conducteur suivant :

Partie 1 : Nos costumes et alliances

Partie 2 : Les repas & boissons

Partie 3 : Faire-parts, décorations et cadeaux aux invités

Le rythme de publications ? Relax, c’est slow wedding par ici 😉

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Photo: Pino Roméo

Avril…et résultats du concours

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Avril et ses fils me donnent envie de vous parler de liens.

Ce mois de Mars fut l’occasion pour moi de réfléchir sur les liens que nous, humains, tissons avec nos congénères et avec les autres espèces. Des liens sources de joies, de bonheur, de beautés mais si complexes !

Comme on peut le lire chez Clémentine, j’ai l’intime conviction que notre capacité à la bienveillance, à l’empathie et à la compassion sert de fondement à un mode de vie plus écologique.

Plus ouverts aux autres, nous sommes plus réceptifs à la vie en général et peut-être plus respectueux.

Plus prompts à la bienveillance, envers nous-même notamment, nous sommes peut-être plus à même à nous remettre en question et corrigeons plus aisément nos faux pas.

Malheureusement, comme tout le monde, j’ai mes travers sociaux, mes blocages et mes frustrations. Je constate notamment que les personnes que j’apprécie sont celles avec qui je passe le moins de temps. En cause? Le travail, la distance, l’organisation bancale.

Avril cette année sera donc, je l’ai décidé, un mois “sans” et un mois “avec”.

Sans…

… achats personnels.

Je suis attentive à mes achats, plus fourmi que cigale.

Pourtant, depuis que j’ai mon salaire, j’ai parfois l’impression que ma vigilance s’est relâchée – surtout sur les livres! Je me fais plaisir et ainsi qu’à mes proches. Néanmoins, j’aspire à lâcher un peu prise sur ces aspects matériels ce mois-ci.

Retrouver le goût de la patience quand un livre est est prêt à la bibliothèque.

Savourer les plaisirs des découvertes livresques plutôt que d’engloutir des pages. Peut-être ceci est-il dû aux remous actuels, la librophagie étant sensiblement liée à mon taux de cortisol, hormone de stress.

Prendre le temps de rêver, de trier les idées. De laisser germer ou de laisser s’évanouir.

Avril sera donc le mois sans achats personnels, le mois du minimalisme matériel !

Hormis les achats, Avril me permettra également de faire le point sur mon analyse de poubelle résiduelle. Car depuis fin février, nous notons scrupuleusement avec mon Amoureux chaque déchet non-recyclable afin de voir s’il y a moyen d’adapter nos comportements et habitudes d’achats. Mais je vous en reparlerai bientôt 😉

Avec…

plus de liens et d’attentions !

Si le matériel sera à la baisse, le relationnel sera placé en avant !

Chaque semaine, je veillerai à au moins envoyer une attention toute particulière à une personne qui m’est chère. L’idée m’est venue lorsque j’ai souscrit au set de cartes mensuel proposées par Clémentine La Mandarine. Ses créations pleines de vie me plaisent énormément et ce sera ainsi l’occasion de partager quelques mots, un extrait de poésie, un petit dessin sur papier. De belles surprises dans les boîtes aux lettres en perspective 😉

Ainsi, les cartes postales et moi, c’est une belle histoire. J’adore vraiment préparer cela (et en recevoir !), j’y mets beaucoup d’attention : c’est vraiment un cadeau très personnel à mes yeux.

Par exemple, lundi, pour fêter nos 5 ans de bonheur, j’ai voulu offrir un petit quelque chose fait main à mon Amoureux.

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Le résultat ? Il l’a trouvé si original et réussi que j’ai souhaité partager l’idée, surtout que c’est de la récup’ !

DIY – Carte

Pâques approche… et les oeufs en chocolat inondent parfois nos paniers ! Devant tant d’emballages en aluminium si brillants et colorés, j’ai décidé l’an dernier de les conserver avec soin pour un bricolage ultérieur.

Me voilà donc avec une bonne dizaine de petits papiers multicolores: de quoi préparer une carte originale.

De quoi avez-vous besoin?

  • 1 feuille de papier épais (de la taille de votre choix)

  • 1 feuille de papier brouillon

  • un cutter

  • de la colle

  • des emballages d’oeufs en chocolat

  • un marqueur épais

Plier la feuille de papier épais en deux pour former un “V”.

Découper alors votre feuille de brouillon à la taille d’une des faces du V: vous pouvez la faire un peu plus petite (1cm en moins en longueur et en largeur).

Sur l’une des face de la feuille épaisse, dessiner les formes que vous souhaitez: du texte , des fleurs ou des hirondelles, ce qui vous plaît ! Découper soigneusement ces formes à l’aide du cutter. A ce moment, vous pouvez souligner leur contour à l’aide du marqueur épais.

Reprenez votre papier brouillon: vous allez y coller en mosaïque les emballages d’oeufs. Soyez délicats pour ne pas déchirer l’aluminium.

Quand le tout est bien sec, enduisez de colle la face interne de la feuille épaisse dans laquelle vous avez découpé les formes. Collez-y alors la feuille de brouillon sur laquelle brille la mosaïque des papiers d’emballage.

Laissez sécher… et voilà une jolie carte à remplir et à offrir 🙂

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Pour terminer sur la note des cadeaux, je vous annonce les résultats du concours organisé dans le cadre de l’éco-défi du mois de mars.

Résultats du concours

Parmi les 7 participantes, une seule avait pour souhait de gagner “Faut-il manger les animaux?” de J. S. Foer.

Iris, mon exemplaire est donc pour toi !

Nous avons tiré au dé la gagnante de “Plaidoyer pour les animaux”. Il s’agit de…

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Félicitations à toutes les deux. Je vous invite à me communiquer vos adresses postales par email (tousdesgraines[a]gmail.com). Merci aux participantes pour leurs sympathiques commentaires !

Belle soirée à tous 😉

Natasha et ses éco-défis : Interview

Je me souviens du jour où j’ai franchi la porte du blog de Natasha. On avait l’impression de pénétrer dans une petite cabane forestière, auprès d’un point d’eau, où nous attendaient de belles discussions sur comment refaire le monde.

Natasha- echosverts.com - copieEchos Verts est une plateforme de questionnements et de beaucoup d’alternatives. Le regard curieux de Natasha, sa persévérance dans la quête d’informations et son enthousiasme porté par les éco-défis font de son blog une pépite dans l’univers des échanges et du mieux-vivre.

A mon tour donc de vous dévoiler ses motivations pour l’éco-défi n°21 qui investiguera le bien-être et la protection des animaux et nous offrira, à nouveau, une multitude de découvertes. Sous nos deux plumes cette fois-ci.

Pour les inscriptions, c’est par ici

Quel a été ton déclic vis-à-vis du bien-être animal ?

J’ai depuis mon plus jeune âge éprouvé une certaine empathie envers les animaux. Par exemple, je n’ai jamais aimé aller au cirque ou au zoo ni visiter des aquariums ou des parcs d’attractions mettant en scène des animaux: j’ai toujours ressenti un profond malaise à la vue de ces animaux privés de liberté et exploités pour divertir les êtres humains. En outre, enfant, je m’intéressais déjà à la protection des espèces menacées et je m’indignais que l’on puisse exploiter certains écosystèmes sans se soucier de la survie des animaux qui en dépendent.

SONY DSCNéanmoins, je ne m’étais jamais questionné sur le bien-être des animaux dont la chair finissait dans mon assiette ou dont le lait et les œufs me nourrissaient, ni ceux dont la peau me servait de chaussures et dont la laine me tenait chaud l’hiver… Jusqu’à ce que je cherche activement à réduire mon empreinte écologique. J’ai d’abord réalisé que l’exploitation de ces animaux qui me permettaient de me nourrir et de me vêtir était néfaste pour l’environnement, et j’ai ensuite très vite pris conscience des conditions dans lesquelles ils étaient enfermés, élevés et tués pour répondre aux besoins grandissants et démesurés de notre société de consommation. Ma prise de conscience s’est donc faite progressivement mais s’est accélérée au moment où j’ai lancé mon blog, il y a bientôt 2 ans.

Y a-t-il des aspects du monde animal qui attisent ta curiosité ?

Il y a tant d’aspects du monde animal qui me fascinent aujourd’hui et sur lesquels j’aimerais en savoir plus ! Plus jeune, la plupart des petites bêtes me faisaient peur, voire me répugnaient… Aujourd’hui ce sont celles qui me fascinent le plus : lorsque je croise une fourmilière sur mon chemin ou que je trouve une toile d’araignée dans un coin, je me surprends à les observer avec admiration. Je suis particulièrement émerveillée par l’agilité, la créativité et l’intelligence dont font preuve ces insectes pour construire des structures aussi élaborées avec si peu de choses finalement ! J’aime aussi beaucoup observer les papillons et je suis particulièrement intéressée par les Monarques qui parcourent plus de 4500 km chaque année pour passer l’automne et l’hiver au Mexique et retourner aux Etats-Unis ou au Canada au printemps et en été, grâce à un petit compas magnétique situé dans leurs antennes ! Ces êtres minuscules nous rappellent qu’on n’a pas besoin d’être imposant-e-s pour accomplir de grandes choses…

Les papillons et Natasha, une belle histoire ! Un petit Vulcain nous le rappelle.
Les papillons et Natasha, une belle histoire ! Un petit Vulcain nous le rappelle.

Cet éco-défi est le fruit d’un long cheminement de ton côté. Quel(le)s intérêts/questions espères-tu susciter auprès de tes lecteurs?

Parmi les lecteurs inscrits pour participer à cet éco-défi, il y en a qui s’intéressent au bien-être animal depuis plusieurs années, certains dont le comportement et les habitudes ont évolué il y a longtemps déjà ou plus récemment et d’autres qui ne se sont jamais posé de questions à ce sujet… Quel que soit leur cas de figure, j’espère que cet éco-défi permettra aux lecteurs qui le suivront de faire de nouvelles découvertes leur donnant envie d’agir et leur permettant de réaliser qu’on peut tous et toutes faire quelque chose, à notre échelle et dans différents domaines, pour contribuer à la protection du bien-être animal… et donc de l’environnement et des êtres humains. Car toutes ces facettes de la planète sont intimement liées  et prendre soin de l’une, c’est indirectement ou pas, prendre soin de l’autre…

Pour en savoir un peu plus sur Natasha, je vous invite à découvrir l’interview que lui a consacré la marque Juste.

Phoque- Canada- copyright- echosverts.com

Après ce petit préambule, je vous retrouve en mars pour le premier article !

~En transition (2) ~ Côté pratique

       Après la théorie des villes en transition, un peu de pratique ne fait pas de tort !

      Mercredi dernier, j’ai eu l’occasion d’aller écouter Rob Hopkins présenter le principe de la transition à Namur. C’est un fabuleux orateur doté de beaucoup d’humour et ce fut un plaisir de l’écouter. Je n’ai pas appris grand chose car le principe de la transition a été présenté dans les grandes lignes mais ce fut plaisant et stimulant de se retrouver avec 600 personnes qui voyaient en ce changement un outil d’avenir, ou tout du moins y témoignaient de l’intérêt.

      Cependant, il y a deux petites choses qui me chiffonnent.

La première est l’incarnation en une personne d’une initiative qui se veut à la portée de tous, malléable, transfigurable, adaptable, … Bref, aussi multiple et différentes qu’il y a de contextes. Je me doute bien que rencontrer Rob Hopkins, « l’inventeur », avait un petit quelque chose de formidable pour les membres des différentes initiatives. Mais je rejète le dogmatisme et la supposition que, parce qu’il est à la source de l’initiative, il a toutes les réponses et son avis vaut cent autres.

Deuxièmement, j’aime l’idée que la transition dépasse la crise climatique. A se focaliser sur le « ne pas dépasser 2°C en plus sur le thermomètre mondial », il y a le risque de passer à côté de tout le reste. A mes yeux, la transition doit aider à adoucir les conséquences des changements à venir, qu’ils soient d’origine anthropique ou non, et ne pas se mettre comme objectif de les prévenir. Si elle y parvient tant mieux, si non, on aura créé un monde meilleur pour rien 😉

"Et si le changement climatique était un hoax et qu'on bâtissait un monde meilleur pour rien ? "
« Et si le changement climatique était un hoax et qu’on bâtissait un monde meilleur pour rien ? « 

 Trêve d’opinion, je vais vous montrer qu’en ouvrant la porte et en saluant votre voisin, vous pouvez faire de grandes choses !

Partie 1 : Place au collaboratif

Aux pourfendeurs de vos bonnes idées et initiatives qui ne manqueraient pas de vous sortir l’argument incomparable de « bobo » – la rhétorique devrait se retourner dans sa tombe-, ou bien vous étiqueter d’anarchiste, voici quelques faits et chiffres.

Le principe de la transition ne rejète nullement la contribution des autorités locales ou des politiques. Simplement, il faut aller au-delà du « citoyens-esseulés-cherchent-politiques-pour-faire-bouger-le-monde-à-notre-place ». Entre nous et les politiques, il y a tout un potentiel collectif à investiguer.

  • Salut voisin !

Par exemple, les transition street (« rue en transition »). Késako ?

Vous savez, tous ces voisins que vous ne connaissez pas autour de chez vous ? Et bien vous allez les inviter chez vous, autour d’un bon thé, d’une part de gâteau …ou bien de crêpes.

Et ensemble, vous allez discuter de thématiques environnementales par session : eau, énergie, déchets, alimentation, transport. Et conclure avec une petite session de synthèse, d’évaluation, de questions-réponses.

Ceci a été lancé à Totnes, berceau de la transition, afin de retisser un peu de lien social et de décloisonner les gens. Et ça marche du tonnerre ! 550 maisons se sont prises au jeu. Résultats (que je pensais avoir mal compris lors de la conférence d’ailleurs!) : une facture annuelle allégée de 570 £ par maison et une réduction annuelle PAR maison de 1,3 tonne de dioxyde de carbone (CO2 pour les intime – alias gaz à effet de serre) ! Et vous savez ce que retiennent les gens dans cette affaire ? Que c’est chouette de se rencontrer !

Évidemment, si vous êtes un(e) as de l’empreinte écologique légère, vous ne verrez peut-être pas de grande différence chez vous, mais vous pourrez très certainement faire germer le changement chez d’autres  🙂

  • Ah si seulement j’avais une bibliothèque…

Moi ce principe d’échange me parle bien… et le mieux est que c’est déclinable sous plein de formes !

Prenez, par exemple. J’aimerais bien faire des gaufres de temps en temps (et accessoirement visser notre photo-tableau dans mon salon). Mais je n’ai pas l’espace pour un gaufrier et je me servirais trop peu d’une foreuse-visseuse que pour que mon achat me semble judicieux…

Alors du coup, je fais de grands yeux quand je découvre le concept de « bibliothèque d’outils » de Villeray (Québec) dans le livre Ils changent le monde !  [1]. C’est tout simple : vous alimentez une bibliothèque avec des outils très pratiques mais souvent peu utilisés et encombrants -surtout si vous vivez en appartement- et ces outils sont prêtés au besoin. On peut étoffer le concept en organisant des ateliers thématiques et des formations pour acquérir les bases de bricolage (et éviter de demander à votre frère de venir vous aider ) comme ici .

Si vous ne vous sentez pas l’âme de mettre un groupe de la sorte sur pied – et en attendant que quelqu’un de plus motivé le fasse 😉 – vous pouvez déjà utiliser des vignettes indiquant quels sont les objets dont vous disposez et que vous acceptez de prêter occasionnellement … et bien sûr distribuer ces étiquettes à vos voisins en expliquant le principe avec un petit mot !

  • Vous reprendriez bien un bol de soupe ?

Pour conclure ce premier volet sur la convivialité active, je vais vous parler d’une chouette initiative d’origine allemande qui s’est développée en France : les Disco Soup.

Attention à ne pas renverser !
Attention à ne pas renverser !

Concrètement, c’est jour de marché et, alors que vous êtes sur le départ, vous jetez un dernier coup d’œil aux invendus et autres gueules cassées, las devant le gâchis qui va suivre… (Soupir).  Mais, arrivent à grand renfort de musique et de bonne ambiance, une troupe de jeunes motivés armés d’épluche-légumes et de couteaux qui, en deux temps, trois mouvements, transforment ces rebuts du jour en une soupe délicieuse partagée dans la rue. L’honneur des légumes est sauf, le dialogue s’installe et on papote sur le gaspillage alimentaire. Ça s’est du rendement !

C’était donc un premier tour absolument pas exhaustif sur des concepts faciles à mettre en place, à la portée de tous et qui ont le méritent d’être conviviaux, porteurs de résultats et conscientisants !

Vous connaissez des initiatives par chez vous ? Y participez-vous ?

A bientôt pour la suite  et encore plus de partage !

Une épilobe norvégienne !
Une épilobe norvégienne !

 [1] Ils changent le monde! – 1001 initiatives de transition écologique, de Rob Hopkins. Edité en français aux éditions Seuil « Anthropocène ».

Dormance

« Semons, semons, plein de petites graines lancées à la volée dans les têtes, les cœurs et les jardins !

Vite, que le printemps arrive.  »

L’écologie est bien intégrée dans mon quotidien.

Sous forme de sciences, elle est mon métier – ou du moins essaie-je d’en découvrir un peu plus sur elle.

Sous forme de valeur, elle irrigue mes pensées, façonne mes réflexions et me pousse à m’interroger sur ma place dans le tout que forme la Terre et ses habitants (dans l’écosystème global, pour les intimes du vocabulaire scientifique 😉 )

Pour, au final, se traduire dans des actes que j’essaie de penser au plus juste mais qui sont toujours porteurs ou de compromis, ou de failles.

Cependant, bien que j’ai l’impression d’agir petitement, sous mes pas se creuse un fossé. Car au plus j’avance sur cette voie, au plus je m’éloigne d’une norme instaurée, tenace, à laquelle se rattachent beaucoup de monde.

Alors, plutôt que de cheminer seule, j’ai envie d’être accompagnée, de bousculer les habitudes, d’ouvrir des portes et des horizons.

…Qu’est-ce qui nous motive dans nos prises de décision ?

…Qu’est-ce qui nous freine dans les changements ?

…Vers qui peut-on se tourner pour poser une question ?

…Au final, a-t-on vraiment envie de se poser une question ?

Je n’ai pas envie d’incarner au yeux du citoyen lambda un « idéal » inatteignable, demandant trop d’efforts, trop de temps.

Non.

Car pour faire bouger les idées, changer les comportements, il faut d’une part donner l’exemple et, d’autre part, offrir des ressources et un accompagnement stimulant car le chemin est parfois fastidieux.

J’ai envie de semer des idées et de planter des pousses de réflexion.

Dès lors, j’aimerais lancer des défis écologiques dans ma ville, des challenges qui seront encadrés notamment via cet espace. Ce blog sera mon outil. Si je ne suis pas très douée dans les idées innovantes et créatives, j’ai envie de mettre à contribution ma capacité de synthèse. Ce blog, je le souhaite de tout cœur, deviendra un espace d’échange, de collaboration et j’espère que plusieurs mains contribueront à son développement.

La graine est plantée, en dormance pour l’hiver, mais j’espère qu’elle germera au printemps !

Et vous, qu’est-ce qui vous freine dans le changement ?

PS : je remercie très chaleureusement Charlotte, Clémentine, Natasha et Ophélie pour avoir permis à cette idée de germer et pour les beaux échanges.