Lîdjeu, du wallon dans les savons!

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Au gré de mes pérégrinations, j’ai récemment découvert un tout jeune atelier wallon de fabrication de savons saponifiés à froid.

Créé en 2015 par Baptiste et Maïwenn, les savons Lîdjeu se déclinent en 7 variétés , notamment un savon pour les enfants et femmes enceintes/allaitantes, très épuré et sans huiles essentielles, un savon spécial randonneur multi-tâches pour accompagner les voyages et un shampooing solide.

Des savons 100 % naturels, composés d’huiles végétales, d’huiles essentielles, d’argile et de graines ou plantes séchées, entièrement réalisés dans la cité ardente !

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Comme j’aime bien les nouveautés, surtout quand elles sont locales, et que je suis curieuse, j’ai posé quelques questions à Baptiste qui y a aimablement répondu.

Allez, j’arrête de vous faire mousser et vous laisse partir à la rencontre de ces entrepreneurs innovants et dynamiques !

– Baptiste, comment sont nés les savons Lîdjeu?

Les Savons Lîdjeu! sont nés avant tout de notre trajet de vie. Maïwenn (ma compagne) et moi-même avons appris à fabriquer notre savon en autodidactes il y a quelques années. Comme ça nous amusait grandement, nous en avons produit un plus grand nombre d’abord pour les offrir à notre famille (comme cadeau de noël ou d’anniversaire), puis nous avons fait un ou deux marchés artisanaux, comme ça, pour voir.

Nous avons ensuite effectué un long voyage de plusieurs mois en Amérique du Sud, abandonnant nos boulots et, donc, nos perspectives concrètes au retour. Et dans le cadre de notre voyage, tout régénérés d’avoir observé les différentes dynamiques rencontrées pendant ces mois, a grandi en nous l’idée que nous pourrions, nous aussi, essayer de proposer quelque chose d’innovant, d’inventer notre propre boulot et de faire quelque chose de bien, à notre échelle.

Lîdjeu, pour Liège. Dès le départ, vous semblez partis sur l’idée d’un commerce local, quelles sont vos motivations pour vous dirigez vers ce type d’activité économique?

Le côté « liégeois » de notre savon a deux raisons : d’abord nous croyons fermement aux circuits-courts, et pensons qu’il est plus cohérent d’essayer de vendre au plus proche plutôt que de chercher à aller le faire loin, et ensuite nous sommes liégeois, donc un peu chauvins 🙂

– Le local est fortement mis en avant en ce moment, mais est-ce si simple de se lancer ? Avez-vous rencontré des difficultés?

Est-ce si simple de se lancer… Oui et non.

Oui, en soi c’est facile de monter son entreprise, ça prend une semaine pour avoir tout le nécessaire.

Non ce n’est pas facile, il faut avoir un projet qui tient la route, un bon business plan et un financement suffisant. Pour nous, on avait le projet, pas de business-plan autre que nos intuitions (et pas le temps d’en faire un) et un financement assez faible (un prêt de mon papa). On a la chance de ne jamais être descendu dans le rouge, mais nous y arrivons en n’étant pas toujours à jour dans nos factures. Donc c’est un gros challenge. Administrativement ça demande aussi une belle organisation, mais de ce côté on s’en sort étonnamment bien 🙂

– Travaillez-vous avec les autres acteurs locaux, en pensant notamment à la Ceinture AlimenTerre?

Concernant la CATL, c’est assez évident qu’on se sent à la fois partie de cette logique (de manière très officieuse) et en même temps un peu décalé.

Nous travaillons essentiellement avec des produits qu’on ne peut pas fabriquer en Belgique (huile d’olive, coco, huiles essentielles de lavande ou d’ylang-ylang etc…) donc on ne peut pas dire qu’on soit vraiment dans la logique de la CATL, et en même temps on cherche quand même à travailler dans les mêmes logiques.

Il se trouve que Maïwenn et moi avions déjà suivi de près le lancement du projet de la ceinture et nos affinités avec les gens que nous y avons côtoyé existe bien sûr toujours.

– En quelques mots, pourriez-vous nous raconter le quotidien de la savonnerie artisanale?

Le quotidien de la savonnerie… Je pourrais te faire une liste des tâches plus ou moins exhaustive, mais en vrai on n’a pas franchement de quotidien type.

On s’organise par semaine: un jour de fabrication de savon, un jour de livraison, un jour d’emballage, un jour d’administratif/facture, plus le cas échéant la préparation des marchés, les marchés en tant que tel, le démarchage d’éventuelles nouvelles boutiques, etc. Récemment avec l’offre Facebook, on a eu pas mal de travail en plus, puisqu’il fallait suivre les différentes demandes, répondre aux questions, préparer des envois et les envoyer, vérifier les paiements, etc.

Le quotidien est assez chahuté et en même temps, nous sommes tous les deux dans une logique où nous avons fait le choix de ne plus subir d’autre contrainte que la nôtre. Cette liberté de l’indépendant, nous la choyons aussi, et donc nous nous sentons très largement libre d’adapter notre horaire à nos envies, quitte à parfois gagner un peu moins d’argent, ou un peu moins vite.

– Quelles sont les origines de vos ingrédients ? Parvenez-vous à travailler avec des produits locaux également ?

Malheureusement, nous travaillons avec fort peu d’ingrédients locaux.

La vérité étant que la Belgique, pour fertile qu’elle soit, est assez peu propice à la culture des produits avec lesquels nous travaillons: (olive, coco, ricin, par exemple), le savon « traditionnel » de nos régions étant fait à base de saindoux, ce qui correspond assez peu à notre approche environnementale: quitte à souffrir un peu de nos contradictions, nous avons fait le choix de garantir des huiles végétales bio à défaut de pouvoir être entièrement dans une logique de localisme. Cela dit, nous travaillons avec des partenaires liégeois: notre grossiste est à Liège depuis 30 ans, nos emballages sont aussi fabriqués à Liège ainsi que tout le reste.

– Quel développement envisagez-vous pour votre savonnerie? (nouveaux produits, nouvelles combinaisons d’huiles végétales et essentielles, plusieurs types de shampooings, vente en ligne?)

Dans le rayon nouveauté, nous allons un peu nous calmer pour le moment, nous avons 7 mois d’existence et déjà une gamme de 7 produits. C’est beaucoup à gérer, niveau stock en tout cas, et nous venons de lancer les deux derniers. Donc, on va d’abord se concentrer sur ce qu’on a déjà, essayer de voir ce qui fonctionne bien et ce qui fonctionne moins bien, puis on repartira de l’avant – à mon avis pour le début de l’été. D’autant qu’on planche déjà sur le lancement d’un crowd-funding accompagné d’un super clip en cours de réalisation et qu’on vient de commencer à donner des ateliers de fabrication de savons, donc on cherche un peu sur d’autres terrains en ce moment! Nous voudrions aussi finaliser notre site web qui nous attend depuis plusieurs mois – avec ou sans vente en ligne, nous verrons.

– Et pour finir, où peut-on vous trouver?

Où nous trouver…

Alors, sur Facebook déjà et bientôt sur notre site web. Et puis dans un certain nombre de boutiques (voir liste ci-dessous) :
A Liège:

Osons-Bio/Peuchère, place du général Leman

Graines d’Épices, rue de Serbie (angle de la rue des Guillemins)

Le boudoir de Jeanne, rue Puits-en-sock,

Un Pain C’Est Tout, rue de la loi

L’Épicerie du Nord, place saint léonard,

Li Botike di Lidje, En Féronstrée

La Couronne, impasse de la Couronne,

Goveg, Hors-Château

Wattitude, Souverain Pont

La Maison des Plantes, Galerie Opéra,

Le Temps des Cerises, rue du Laveu.

En dehors de Liège :
Mandarine, Jeneffe

Piscine, Crisnée

Nos Racines, Herve

La Prulhière, Battice

Le Comptoir du Naturel, Verviers

Zinzoline et Patchouli, Welkenraedt et Verviers

Le Sanoriz, Spa,

BioFagne, Theux,

Au Coeur du Bio, Aywaille

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Merci à Baptiste d’avoir répondu à mes questions ! Vous pouvez suivre le développement de la savonnerie Lîdjeu sur leur page Facebook.

(A)sociale

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Voici maintenant 3 mois que j’ai quitté le fameux réseau au “f” bleu: un petit bilan s’impose, bilan que je souhaite partager avec vous.

Bien évidemment, ces réflexions sont uniquement le fruit de mon propre cheminement, nullement un jugement porté sur les personnes qui ne partagent pas mon point de vue.

Le départ

Facebook était le seul réseau social que je fréquentais. J’ai également un compte Pinterest que je ne consulte que très rarement, juste en cas de projet artistique.

Déjà deux fois auparavant j’avais désactivé mon compte. Le résultat d’un certain ras-le-bol de cette connectivité à outrance, un certain malaise par moment. Je regrettais qu’une grande partie de mes interactions sociales se fassent par écran interposé, un peu à la va-vite, à coups de petits commentaires et de pouces levés.

En 2014, ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est quand j’ai appris qu’un ami proche était désormais en couple… suite à son changement de statut ! Beaucoup de questions sont parties de là.

Bien sûr, j’ai eu l’occasion de faire de belles rencontres via ce réseau, rencontres que j’entretiens par email, par courrier postal ou même en chair et en os. Par ailleurs, j’ai pu frotter mon esprit à une très grande variété d’informations, pour la plupart émanant de sites d’informations alternatifs ou de blogs engagés. La richesse en diversité des personnes avec qui j’échangeais m’ouvrait un monde parfois inconnu, parfois incompris qui ne cessait de me surprendre, de ragaillardir mon engagement, de me pousser à m’interroger. De belles bases ont été posées grâce à cela, accompagnées de quelques sites ressources que je garde précieusement sous la main. Et je remercie grandement celles et ceux qui ont échangé avec moi par ce biais.

Puis, en 2015, vint la crise des réfugiés. Le drame de Lampedusa. Et le début d’un flot continu d’informations de tout bord, du très positif et engagé, aux réflexions profondes, en passant par les partages de trop populistes de la presse et les dérives fascistes (heureusement peu nombreuses!).

Travaillant majoritairement sur mon ordinateur, j’étais constamment connectée à tout cela, peinant à prendre du recul, me sentant par moment oppressée par la densité d’informations qui arrivait constamment, du nouveau à chaque rafraîchissement de page.

Et j’ai choisi de dire stop. Non pas, cette fois-ci, en désactivant mon compte, le laissant en suspens, prêt à reprendre du poil de la bête dès que je changerais d’avis – avec un petit message “Heureux de vous revoir!”.

Non.

Cette fois-ci, j’ai tout supprimé, sans rien archiver. Une table rase, conservant simplement les échanges avec quelques personnes.

Conséquences

Soyons honnêtes, j’appréhendais un peu ce départ brutal, qui effaçait toutes traces de mon passage. Un petit passage par le néant.

Au final, je n’ai ressenti que du soulagement.

Effacée, immédiatement, l’envie d’aller “juste faire un petit tour de quelques secondes” sur ma page.

Envolé le besoin de savoir maintenant, là, tout de suite, ce qu’il se passait.

Disparue, cette envie incroyable de vérifier si quelqu’un avait pensé à moi en m’envoyant un message, laissant un commentaire sur un partage.

Concernant cette dernière phrase, c’est quelque chose que j’avais découvert peu de temps avant: j’étais en partie dépendante de ce réseau pour me sentir valorisée, appréciée. Un constat assez effrayant… Finalement, force est de constater que, d’après mon soulagement, j’attendais surtout une sorte d’assentiment sur mon comportement en général, venant des autres. Que mes idées, mes valeurs, ma cohérence soient validés.

Je ne pense pas être la seule à passer par ce souci existentialiste, exacerbé par les divers réseaux sociaux. En prenant du recul, j’ai pu retrouver une certaine force intérieure capable de m’épauler dans le quotidien, m’affranchissant (en partie) du jugement extérieur, veillant à ce que je ne vois en lui qu’un regard sur les actes et comportements, non pas sur ma valeur de personne. Soyons franc, cela prend du temps et je travaille toujours beaucoup là-dessus.

En dehors de tout cela, qu’a donc changé mon départ de Facebook?

Commençons par le positif.

1° Attention et concentration, le retour

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Qui, parmi celle et ceux travaillant sur ordinateur régulièrement, ne passe pas en coup de vent vérifier son fil d’actualité, ou les nouveaux tweets? “Juste quelques instants”.

Au départ, avec mon compagnon, nous avions instauré un système de mot de passe pour filtrer certains sites qui pourraient venir perturber notre concentration. Cela a marché un temps, avant de tomber à l’eau.

Depuis que j’ai supprimé mon compte, le gain de concentration est impressionnant. Peu d’idées et d’envies parasites viennent perturber mon esprit lors d’une tâche.

Je travaille plus vite, mieux et avec plus de plaisir. Entre deux tâches, pour me pauser quelques minutes, soit je vais me préparer un thé, soit j’essaie de colorier un peu les fresques de mon tapis de souris (un semainier avec dessins à colorier, très sympathique!). Cela me permet de vider mon esprit sans commencer à me perdre dans les méandres d’internet.

Deux articles ont récemment croisé mon chemin, attirant mon attention.

Le premier a été découvert par le biais la revue du web de Pauline, sur son blog Un invincible été. L’histoire de cet américain incapable de se concentrer suffisamment pour lire est véritablement interpellante. Au cours de son récit, j’ai appris que la découverte d’informations nouvelles génère la production de dopamine, un neurotransmetteur lié au bien-être. L’accès constant à des réseaux (ou aux emails) où à chaque passage du neuf est présent peut donc vite entraîner une addiction, ces visites s’accompagnant de décharges de dopamine. On devient accro au neuf, et on en veut toujours plus!

C’est un article du blog américain Zen habits qui a mis le doigt sur une autre situation interpellante. Lorsque l’on travaille, arrivent des moments où l’on se trouve confronté à des situations d’inconfort. Un manque d’idées pour rédiger, un test statistique qui plante sans qu’on en comprenne la raison, un petit passage à vide. Face à la frustration engendrée, l’accès aux réseaux sociaux peut agir comme un baume réparateur: on se calme en découvrant des nouveautés qui occupent notre esprit et l’apaisent via l’agréable flux de dopamine. Au lieu de nous poser calmement face au problème, de prendre un peu de recul, on zappe vers autre chose de plus valorisant, de plus occupant, de plus confortable.

Accepter l’apparition d’un inconfort, le gérer et persévérer face à lui n’est pas chose aisée et je pense avoir encore du pain sur la planche avant d’être satisfaite de cette gestion du travail!

2° Mieux maîtriser son temps

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Ces petits bonds fugaces pour vite vérifier mon compte, certes courts mais fréquents, finissaient par me prendre du temps. Non pas forcément en temps passé effectivement sur le réseau, mais cette interruption dans une tâche me redemandait du temps pour me reconcentrer !

Désormais, quand je souhaite lire quelque chose pour me détendre, je tente de le faire de manière consciente, pas simplement en coup de vent automatique.

De manière général, j’ai drastiquement réduit l’usage de mon ordinateur en dehors du travail (je n’ai pas de smartphone). J’y travaille déjà plus de 8h par jour, une fois rentrée chez moi j’ai envie de me passer d’écran. Et le gain de temps fut radical! Les rares fois où je me connecte, je constate très vite qu’au-delà de la tâche ciblée, j’erre un peu sur la toile, perdant rapidement 20-30 minutes que j’aurais pu passer à lire, jouer du piano, faire du sport ou passer du temps avec mon amoureux.

Prendre conscience de ce temps passé à zapper les nouveautés et s’occuper de manière passive est difficile, mais dès qu’on tente de redresser un peu la barre, on récupère rapidement du temps de qualité, que l’on peut dédier à une activité qui nous tient réellement à cœur.

3° Appréhender l’information différemment

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L’information, le point délicat de mon départ de Facebook. Mes sources principales s’y retrouvaient, étaient accessibles toutes ensemble, me permettant de prendre le pouls de l’actualité.

Avec le recul de la déconnexion, je ne regrette nullement mon choix.

Pour les informations habituelles, je lis le journal et visite de temps en temps les sites internet des journaux belges, juste pour garder le contact avec ce qui se passe. Bien que moins alerte, je ne me sens ni dépaysée, ni dépassée.

C’est au niveau des informations « alternatives » ou des sujets qu’il me tient à cœur d’approfondir que mes canaux d’informations ont changé.

Je m’étais trompée : j’étais peut-être plus « au courant » en lisant régulièrement les posts de mon fil d’actualités, mais je ne les comprenais pas mieux pour autant. Il ne s’agissait finalement que d’un savoir superficiel.

Désormais, je m’oriente plus vers des magazines ou des journaux un peu particuliers (je vous en reparlerai dans un prochain article), ou bien vers la lecture d’ouvrages (comme « L’âge des low tech ») qui finalement, me permettent mieux de cerner les enjeux.

Du recul donc, puisque le support papier permet plus aisément au rationnel d’analyser, et une moindre quantité pour une meilleure qualité.

Ce départ cependant ne se solde pas uniquement par du positif.

Sans Facebook, j’ai un beaucoup moins bon aperçu de ce qu’il advient de mes amis. C’est assez triste à admettre d’ailleurs. Néanmoins, j’estime que si la prise de nouvelles se cantonnait à survoler passivement leur page, ce n’était pas forcément un meilleur témoignage d’attention… Reste que cela me manque, parfois, de ne pas savoir comment cela se passe pour eux, même si j’essaie de les voir régulièrement malgré les distances qui nous séparent. Un certain dépit donc, que côtoie une incompréhension face à l’évolution de nos relations sociales qui doivent presque passer par les réseaux sociaux pour se maintenir. Un des points positifs dans ce constat, c’est que je me décarcasse un peu plus pour qu’on puisse prendre un verre autour d’un jeu de société!

Également, Facebook se révèle être un chouette outil pour organiser des événements, et à 3 mois de notre mariage, je me dis qu’un compte aurait pu m’être utile pour orchestrer tout cela ! Heureusement, mon amoureux veille au grain  😉

3 mois sans réseau donc, et aucun regret pour mon départ !

Néanmoins, si c’est le cas actuellement, il se peut que, plus tard, je vienne à changer d’avis.

Pour des raisons éthiques, je ne souhaiterais pas recréer un profil sur Facebook. Un lecteur avisé m’a récemment parlé du réseau Diaspora*, un réseau social libre.

~Interview~

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Pour en savoir un peu plus, j’ai posé quelques questions à Catherine, du beau et enrichissant blog « La marmotte chuchote » à propos de cette alternative.

Je vous laisse découvrir l’interview, éclairée par son propre parcours dans l’univers du libre et ponctuée de références pour approfondir la question. Je la remercie donc vivement pour le temps qu’elle a dédié pour répondre à mes interrogations 🙂

Catherine, utilises-tu différents types de réseaux sociaux en ligne?

Je suis inscrite sur Facebook, Twitter et Diaspora*. J’ai essayé aussi Pinterest mais je n’ai pas accroché.

Qu’est-ce qui t’a incité à t’inscrire sur les réseaux sociaux en ligne? Quel(s) usage(s) en fais-tu? (privé, pour le blog, pour maintenir des contacts,…)

Avant d’avoir un blog, je n’étais pas inscrite sur les réseaux sociaux. Depuis que j’ai ouvert mon blog il y a un peu plus d’un an, j’ai un compte Facebook et Twitter pour partager mes publications et avoir des informations sur les thèmes qui m’intéresse. Plus récemment, j’ai découvert Diaspora* (https://framasphere.org/). En fait, je ne fais pas d’usage privé des réseaux sociaux. Je ne m’en sers que pour mon blog.

A quelle fréquence les consultes-tu/ partages-tu des choses dessus?

Depuis quelques temps, j’essaie de diminuer ma fréquence d’utilisation. J’ai d’ailleurs enlevé l’appli Twitter de mon smartphone. Cela m’évite de vérifier toutes les 5 minutes s’il y a quelque chose de nouveau. En général, je me connecte 2 à 3 fois par jour et pas plus de 25 minutes à chaque fois. Le but est d’y rester moins d’une heure par jour. Il m’arrive aussi de ne pas me connecter de la journée ou pendant un week-end, par exemple.

Je partage essentiellement mes nouveaux articles du blog. Je relaie aussi des informations que je trouve intéressante en lien avec les thématiques de l’environnement.

Comment as-tu découvert Diaspora*?

J’ai découvert Diaspora* par l’intermédiaire de la campagne « Dégooglisons Internet » (http://degooglisons-internet.org/) de l’association Framasoft. Le but est de proposer des alternatives libres aux services offerts par les entreprises comme Google, Facebook, Apple …

Pourquoi t’y être inscrite?

Tout d’abord, je voulais découvrir un réseau social qui est plus éthique que Facebook. J’ai toujours trouvé difficile de paramétrer Facebook correctement. Je ne sais pas, encore aujourd’hui, ce que fait Facebook de mes données et où elles sont stockées. Je ne comprends pas non plus la hiérarchie des posts sur mon fil d’actualité.

Que peut-on rencontrer comme fonctionnalités dans Diaspora*?

Tu peux publier des informations en mode public ou mode restreint (famille, ami-e-s, connaissances). Tu peux aussi commenter, aimer, repartager les messages de ton flux, suivre des personnes ou des tags ou connecter Diaspora* à Twitter par exemple.

L’interface est très minimaliste et claire. Tu as accès aussi à des tutoriels pour commencer car certaines fonctionnalités ou façons de faire sont très liées à la communauté du libre.

Quand tu t’inscris, on t’invite à poster un message type pour dire que tu es nouveau et les autres utilisateurs te souhaitent la bienvenue. Du coup, tu es très bien accueilli.e. Ce n’est pas anonyme.

Y-a-t il des fonctionnalités que tu n’y trouves pas, qui te semblent manquantes?

Pour l’instant, la configuration de Diaspora* me convient très bien, même s’il existe de nombreuses discussions pour ajouter des fonctionnalités. Je ne suis pas une grande adepte de Facebook donc je pense que certain-e-s peuvent être dérouté-e-s par Diaspora*.

Quels sont d’après toi les atouts de Diaspora*?

Le principal atout de Diaspora* est la protection des données comme c’est très bien expliqué ici (http://degooglisons-internet.org/#enjeux) .

De plus, les informations que j’y trouve sont très différentes. Sur Diaspora*, il y a beaucoup de discussions et de débats (pour ceux que je suis) sur des thèmes de société : l’environnement, sur les logiciels libres … et cela me fait beaucoup réfléchir à certains sujets pour mon blog ou dans ma vie perso. Il y a quand même un côté militant. Mais tu peux aussi poster des photos si tu veux.

En dehors de ce réseau social, as-tu recours aux logiciels libres (comme le navigateur web Firefox, Linux pour l’ordinateur, la suite Libre Office comme suite bureautique, Wikipédia, d’autres équivalents)?

J’ai découvert les logiciels libres en 2003 comme je l’ai expliqué sur mon blog (http://www.lamarmottechuchote.fr/bienvenue-dans-le-monde-des-logiciels-libres/).

Depuis j’essaie au maximum d’utiliser des logiciels libres. Le dernier ordinateur que nous avons acquis n’a que Linux (pas de Windows) mais pour cela, il a fallu l’assembler.

(Ndlr : il est tout à fait possible sur un ordinateur acheté monté d’installer Linux comme OS, soit en écrasant totalement Windows ou Mac, soit en partitionnant le disque dur, c’est-à-dire en lui allouant deux espaces de travail l’un sous Linux, l’autre sous l’OS de base, espaces auxquels vous accédez via des sessions différentes. Un informaticien peut vous aider, et cette solution permet d’éviter les problèmes liés parfois au manque de compatibilité entre le libre et certains logiciels, comme les imprimantes. Mais effectivement, si vous ne voulez pas payer Windows/Mac, vous devenez assembler votre ordinateur).

Pour les logiciels, j’utilise Firefox, Thunderbird pour les mails, Libre Office (suite bureautique) et Latex (création de documents) … Aujourd’hui, je suis très familière des logiciels libres même si j’ai eu quelques difficultés au début. Les logiciels libres sont beaucoup plus accessibles et plus grand public qu’il y a dix ans.

Serais-tu prête à supprimer ton compte Facebook pour migrer uniquement sur Diaspora*? Si non, quels en seraient les freins?

Supprimer mon compte Facebook est une question que je me pose. Je ne voudrais plus utiliser Facebook ou Twitter pour des questions d’éthique et que ce n’est pas en accord avec ma philosophie et celle de mon blog. Par contre, il y a aussi des personnes qui me suivent sur Facebook et qui ne veulent peut-être pas migrer sur Diaspora*. Les réseaux sociaux sont aussi un moyen de faire connaître mon blog. J’y réfléchis car avoir trois réseaux sociaux différents c’est trop pour moi d’un point de vue temps.

Le frein principal est que je ne trouve certaines infos que sur Facebook car certaines personnes ne communiquent que par cet intermédiaire. Un jour je fermerai peut-être le compte Facebook du blog en gardant mon compte perso en dormance pour les 3 ou 4 infos qui m’intéressent. Après, Diaspora* est un réseau social minuscule par rapport à Facebook mais c’est aussi un atout.

Images: Pixabay

Et vous, êtes-vous social sur la toile ? Conventionnel ou libre ? Un peu, beaucoup, passionnément ou trop ? N’hésitez pas à partager vos avis !

CoDT: quand la Wallonie fait marche arrière

Bocage_boulonnais

By Matthieu Debailleul (http://aascalys.free.fr) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)%5D, via Wikimedia Commons

 

Bonsoir à tous!

Difficile de trouver le temps en ce moment pour écrire comme je le souhaiterais: janvier fut particulièrement chargé, si bien que j’ai carrément laissé passer la date d’anniversaire du blog.

Et oui, il a soufflé sa 1ère bougie le 13 janvier ! De nombreux articles sont au programme cette année, mêlant à la fois, sciences, réflexions sur l’écologie au quotidien et sur la société.

Après cette petite parenthèse, plongeons dans le sujet du jour, un sujet politique, écologique, engagé et… wallon!

Tout commence sous la précédente législature de la région wallonne (ndlr: en Belgique, la Wallonie correspond au sud de la Belgique, comprenant la communauté française et la communauté germanophone – il y a 3 niveaux de pouvoir dans mon petit pays: le fédéral, le régional et le communautaire, bref).

La Wallonie souhaite réviser le Code Wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, du Patrimoine et de l’Energie (CWATUPE) en vue de le simplifier, administrativement parlant.

Car oui, admettons-le, l’administration est souvent compliquée.

Le CWATUPE deviendrait CoDT, Code de Développement du Territoire.

Qui dit territoire, dit paysage, et donc écologie. En effet, une révision de la législation régissant les aménagements du territoire semble, de prime à bord, offrir des opportunités pour mieux intégrer entre les lignes de la Loi les enjeux environnementaux qui se jouent dans nos campagnes et nos villes.

Sauf que, de la simplification administrative, nous voilà partis vers une simplification du paysage, un paysage déjà fortement transformé sous la pression anthropique, morcelé, homogénéisé, pas écologiquement en bonne santé.

Scientifiques et ONG ont sifflé, et administré trois cartons rouges qui menacent grandement les équilibres fragiles et nos maigres efforts en matière de conservation de la biodiversité.

# Carton n°1 : Les haies

A la fois abris, garde-manger, éléments connecteurs et aides précieuses face à l’érosion des sols et aux inondations, les haies sont des éléments essentiels pour le maintien de la biodiversité et le soutien aux écosystèmes.

L’arrachage et la destruction de haies nécessitent actuellement une demande de permis. Lors de l’élaboration du réseau Natura 2000 en Wallonie, on ne s’était pas tellement préoccupé des haies puisqu’elles étaient déjà bien protégées par le CWATUPE.

Dans le CoDT, cette demande de permis est levée (excepté pour les haies classées), privant ainsi les haies de leur unique mesure de protection – et par ailleurs ajoutant une incohérence énorme aux actuelles mesures agro-environnementales wallonnes qui encouragent la réhabilitation (et rémunèrent) des haies dans les paysages agricoles !

#Carton n°2 : Les sapins de Noël

La culture intensive de sapins de Noël a le vent en poupe en ce moment. Normalement consignée dans les zones agricoles avec demande de permis, le CoDT simplifie en l’autorisant désormais dans les milieux forestiers et dans les zones agricoles, sans permis préalable.

Pire, classées dans la catégorie « horticulture », les cultures de sapins de Noël ne seraient plus soumises au Code Forestier qui proscrit l’usage de pesticides et autres facteurs de croissance.

Les milieux forestiers, où règne déjà un équilibre fragile entre rentabilité et protection environnementale, se verraient déstabiliser par l’ouverture à cette activité entraînant une pollution inquiétantes pour les écosystèmes forestiers suite à l’autorisation de l’usage des pesticides, mais également une déstructuration des massifs forestiers par l’arrivée de ces cultures de sapins beaucoup plus rentables à court terme, chamboulant équilibres écologiques et économiques.

# Carton n°3 : Les modifications du relief du sol

Actuellement, le CWATUPE encadre un minimum les travaux entraînant une modifications du relief des sols, comme par exemple les remblais. Les aménagements apportés par le CoDT restent très flous et pourraient engendrer de graves perturbations sur la régulation des niveaux d’eau, des nappes phréatiques et de la biodiversité liée aux zones humides, déjà sensiblement menacées.

En ce moment, une pétition lancée par 8 associations environnementales circulent en ligne, rassemblant près de 14 000 signatures. Cette pétition sera remise à la commission de l’environnement du Parlement wallon : plus les voix de la raison environnementale se feront entendre, moins les parlementaires sauront faire la sourde oreille !

Lecteurs belges, vous savez que faire comme bonne action ce soir : signer et relayer la pétition 🙂

Plus d’informations:

https://biodiwal.wordpress.com/2016/01/16/le-projet-de-codt-2016/

http://protectiondesoiseaux.be/le-nouveau-code-du-developpement-territorial-une-menace-majeure-pour-lenvironnement/

 

Voyages au Sud

{Pour changer, un article sans photo mais à lire avec de la musique}

J’aime les livres qui me font rêver et voyager au cœur des paysages et des êtres, ceux qui me confrontent un peu plus à moi même comme seuls certains voyages savent le faire.

Continuons alors sur le chemin de la littérature dans le cadre de l’éco-défi de novembre chez Échos Verts et partons en voyage. Rêvons. Ouvrons des yeux tout grand pour nous imprégner des beautés de la Terre et de l’essence des humains. Voguons vers l’Amérique du Sud au côté de Luis Sepúlveda, au travers, non pas d’un, mais de deux romans.

Luis Sepúlveda, je vous avais déjà présenté un de ces ouvrages, un conte qui parle d’escargots et de héros. Il est, je pense bien, mon auteur favori. Celui chez qui je me replonge régulièrement pour réchauffer mon cœur à la flamme vibrante et battante des êtres humains qu’il saisit si bien avec leurs valeurs et leurs failles.

Originaire du Chili, il réside désormais avec sa famille en Allemagne, ayant du quitter son pays natal sous la dictature de Pinochet, après notamment un séjour en prison. Activiste dans l’âme, Luis Sepúlveda est un fervent défenseur des causes sociales, mais aussi environnementales. Deux approches qui sont, finalement, intrinsèquement liées, si pas inextricablement.

Embarquons donc pour la forêt amazonienne et la Terre de feu, dans le regard des folies et des beautés humaines.

Le vieux qui lisait des romans d’amour”

Ce roman se passe au cœur de la forêt amazonienne. On en ressent la chaleur et la grandeur des hautes cimes. Il nous retrace l’histoire d’un combat pour la dignité au travers d’une chasse au jaguar qui menace un village portuaire. Au-delà de ce fil conducteur, nous sommes plongés au cœur du dédale des activités et des valeurs humaines d’un monde qui oscille entre des tribus ancestrales avec un savoir, un mode de vie, un code d’honneur bien différents des modes occidentaux qui grignotent les équilibres complexes de la forêt.

Le personnage principal, le « vieux », se retrouve confronté à son passé et ses écueils, aux conséquences d’actes insensés et cupides qui érodent la biodiversité et les valeurs humaines. Au delà de la folie des humains, il fait parfois meilleur de rêver d’amour…

Poignant, ce n’est pas un roman que l’on quitte avec le sourire mais c’est l’un de ceux qui laisse une trace. Pour très longtemps.

“ Le monde du bout du monde ”

Embarquons ici pour un voyage vers le froid, dans la lignée du mythique Moby Dick qui fait rêver le narrateur. Plusieurs années après un premier voyage au côté des chasseurs traditionnels de baleines sur les flots de la Patagonie, le narrateur se repart au Chili pour lutter contre la flotte du Nishin-maru, célèbre baleinier japonais qui organise un massacre.

Hommage aux combats de Greenpeace, cette histoire nous replace à nouveau à cheval sur deux mondes qui, s’ils se ressemblent en apparence (les baleiniers), n’ont rien à voir l’un avec l’autre.

Luis Sepúlveda nous raconte comment une activité de survie et une passion s’insèrent dans des écosystèmes houleux que viennent (cor)rompre un peu plus les activités dictées par le profit et les gains immédiats.

C’est une ode aux liens qui nous unissent aux milieux desquels nous dépendons et qui nous rappelle à quel point les acteurs de terrain sont ancrés dans ces espaces que nous prenons, du haut de nos activités commerciales, nos démarches paternalistes et notre technocratie, comme trop souvent acquis.

Deux courts romans, 120 pages chacun, à offrir à des jeunes gens pour les éveiller aux combats complexes du monde ou à des  plus expérimentés qui veulent entrevoir un peu de lumière dans les ombres du quotidien et raviver la flamme du combat qui veille au fond de chacun.

Retrouvez la présentation littéraire d’hier chez Natasha d’Échos Verts qui nous parlait d’un autre regard sur la vie au travers de « Permaculture » et rendez-vous demain chez Valérie du blog « Peuvent-ils souffrir ? ».

Climat: parlons-en !

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Parlons du climat pour éviter d’en arriver là ! (vu chez Antigone XXI – http://antigonexxi.com/2015/11/23/ma-revue-du-monde-novembre/)

Nous sommes actuellement confrontés à des menaces imminentes. Des mesures sont prises en conséquence pour assurer au mieux la sécurité de tous. Cependant, nous ne devons pas oublier une autre menace qui se fait tout d’un coup plus silencieuse, plus discrète alors qu’elle est quotidienne : le réchauffement climatique.

J’avais débuté cet article bien avant les attentats de Paris. Je comptais vous présenter le réchauffement climatique, ses conséquences, les enjeux de la COP 21 et toutes une série de manifestations prévues dans ce cadre. Mais j’ai dû revoir ma ligne directrice.

Ce soir, nous parlerons, parce qu’il le faut, du climat, de la COP 21. Cet article lance également mon intention de vous parler d’espoir, d’imaginaire et de rêve, thèmes qui seront plus développés autour des fêtes.

2015 est donc une année importante pour le climat. Celle de la COP 21.

COP, Conference of the Parties. La 21ème réunion mondiale sur le climat.

COP21

Du 30 novembre au 11 décembre, des représentants des gouvernements mondiaux – 196 états représentés – vont se réunir autour de plein de tasses de café et de dossiers lus (espérons-le!), relus décortiqués et plein de traces des débats nocturnes, des colères et d’espoir (je peux bien rêver un peu, non?).

Notre avenir et celui des générations à venir est placé dans les mains de quelques uns (mais pas que!). Ça semble si gros et improbable que cela peut prêter à rire. Pourtant, c’est bien la cas. Et aujourd’hui, j’ai envie de discuter des enjeux avec vous. S’informer et comprendre, ce sont les premiers pas menant vers l’action.

Le climat et nous : petit rappel

Posez-vous un instant, une tasse bien chaude avec contenant au choix, un petit calepin ou une feuille de brouillon, un crayon entre les doigts et dites-moi : Qu’est-ce que le réchauffement climatique pour vous ? Notez-le, et dites-le moi en commentaire là plus bas !

Si je vous demande cela c’est que, malgré qu’on en parle régulièrement version « catastrophes à venir », force est de constater que ce n’est pas forcément clair dans les esprits, en attestera cette récente étude dans nos écoles belges. (Ndlr : les 5ème et 6ème années du cursus belge correspondent à la 1ère et la terminale en France. La 7ème est une année supplémentaire disponible pour une équivalence de diplômes ou tremplin à l’entreprenariat).

Un petit rappel sur les fondements scientifiques ne fera donc pas de tort, n’est-ce pas ? Histoire qu’on se comprenne un peu pour la suite.

Le réchauffement climatique correspond en fait à l’exacerbation d’un phénomène naturel : l’effet de serre.

L’allégorie facile est celle de la serre à tomates. Si vous souhaitez obtenir de belles tomates dans nos contrées du Nord, vous les placez généralement sous une serre qui leur permettra d’être maintenues dans un environnement avec une température plus élevée que celle à l’extérieur. En effet, les rayons chauffants émis par le soleil vont pénétrer votre serre et en réchauffer les composants (sol, structure, plants de tomates). Tout corps/structure chauffé.e réémet la chaleur accumulée sous forme d’infra-rouges, des rayons thermiques, qui se dissipent dans l’air. Cependant, la serre empêche ces infra-rouges de se dissiper dans l’atmosphère, les maintenant dans l’espace confiné de la serre et donc permettre à la température d’augmenter et, ainsi, vous donner une belle récolte de tomates.

La planète Terre est une très grande plantation de tomates, placées sous une serre invisible de gaz. Grâce à eux, une partie des rayons infra-rouges réémis par la Terre chauffée par le soleil est maintenue et nous permet de vivre à une température moyenne de 15°C au lieu de -18°C. Parmi les gaz constituant la serre, on retrouve notamment la vapeur d’eau et le fameux CO2, ou dioxyde de carbone. Le CO2 est actuellement en augmentation dans notre atmosphère, une augmentation liée aux activités anthropiques.

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Schéma illustrant le principe de l’effet de serre (source originelle non trouvée)

Un consensus scientifique a été atteint: on s’entend sur le fait que ce sont bel et bien les activités humains qui sont la cause du changement climatique actuel. On parle d’ailleurs de marquer le coup en initiant une nouvelle ère dans l’histoire géologique, l’ère de l’Anthropocène.

J’ai envie de dire, à quand bien même ce ne serait pas nous les responsables directs, les faits sont là: le climat change et a/aura des répercussions importantes sur notre société.

En 2016, je vous parlerai plus en détail des impacts du réchauffement climatique. Aujourd’hui, je me focaliserai sur les enjeux de la conférence et l’importance de tous y réfléchir.

Quels sont les enjeux de la COP 21?

La COP21 est surtout un enjeu politique – et un fameux dilemme du prisonnier !

Mais qu’est-ce donc que ce dilemme? Le principe est celui d’une situation où des joueurs gagneraient à coopérer ensemble mais peuvent recourir à la carte de l’individuel pour maximiser – égoïstement- leurs gains. L’exemple typique est celui de deux complice arrêtés pour un méfait. Ils sont interrogés séparément et se voient proposer ceci :

– S’ils avouent tous les deux, ils encourent une peine allégée à 5 ans chacun (= double perdants)

– Si l’un dénonce son complice, il aura droit à une peine de 6 mois de prison alors que le complice dénoncé purgera la peine totale de 10 ans (= position égoïste)

– Si chacun garde le silence, l’absence de preuves suffisantes leur permettra de ne purger que 6 mois de prison (=coopération). Appliqué au problème du climat, cela peur donner ceci:

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Illustration du dilemme du prisonnier appliqué au changement climatique

Typiquement, sous le régime actuel, on peut dire qu’à moins que tous les pays s’engagent d’un commun accord à travailler ensemble à une réduction des émissions de gaz à effet de serre – ce qui passe par une réforme du modèle et des activités économiques (= situation de coopération), il est risqué pour un pays ou un petit ensemble de pays de s’engager seul.s sur cette voie au risque de se retrouver affaibli.s sur les marchés économiques. Évidemment, si chaque pays s’avoue incapable d’agir, vous avez compris l’affaire ! Vue ainsi, il est dur de s’engager, n’est-ce pas ?

Pour avoir une vue d’ensemble des enjeux de la COP21 et du réchauffement climatique en général, je vous invite à consulter deux articles du journal « Le Monde ».

Une vidéo présentant en moins de 5 minutes la COP21 en 10 chiffres

Un article interactif construit sur un lexique du climat

Un article abordable expliquant les aspects scientifiques du rapport n°5 du GIEC

L’enjeu principal est la barre fatidique des 2°C supplémentaires (par rapport à la période préindustrielle): nous devons prendre des mesures pour éviter ce seuil qui risque de faire basculer bon nombre d’équilibres sur lesquels nous avons bâtis nos sociétés. Pourtant, il semblerait que ce seuil soit en fait surévaluer: pour éviter les problèmes, il faudrait plutôt viser dans la fourchette du 1°C d’après le dernier rapport du GIEC. Une bien courte marge de manoeuvre.

Finalement, la question n’est pas de savoir si nous y parviendrons, elle est plutôt de savoir ce que nous ferons quand le problème se posera. C’est là que vous intervenez, vous, citoyen du monde, personne humaine créative, inventive, solidaire. Le monde a cruellement besoin de redévelopper son imaginaire, de rêver et de se construire un avenir si nous voulons voir notre espèce perdurer.

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Après ces déclarations, la fameuse question du “Que faire?” pointe sûrement le bout de son nez dans votre esprit. Pour cette fois, je vous invite à vous renseigner sur les enjeux, à vous manifester si possible. Je sais que cela ne sera pas facile au regard de la situation actuelle à Paris (et à Bruxelles)– j’ai d’ailleurs une pensée à tous les organisateurs qui planifiaient de longue date leurs manifestations et leurs jeux. Mais en Belgique, rien n’est perdu puiqu’une rencontre est prévue à Ostende -le long de la plage, symbole de la montée des eaux- ce dimanche 29 novembre. Car près de 10 000 Belges avaient pris un ticket pour le Climate Express à destination de Paris ! C’eut été dommage de passer à côté d’un si bel élan.

 

Eloge de la lenteur: récit

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Un conte aux illustrations superbes, en noir et blanc, qui vous plonge au ras du sol, à cavaler entre les brins d’herbe à dos d’escargot.

Un conte, aux textes doucement engagés, qui sonnent si juste et rappellent toujours si bien la folie des Hommes.

Un conte qui nous illustre l’importance de s’arrêter pour regarder la vie, pas juste la voir passer comme un coup de vent.

C’est l’histoire d’un escargot anonyme dans son groupe, où tous sont d’ailleurs anonymes. Leur vie, simple et lente dans un jardin de pissenlits, est rythmée d’habitudes étranges et un peu creuses, empruntées à de grands animaux encore plus étranges.

Mais notre héros escargot s’interroge : pourquoi est-il si lent alors que tant d’autres animaux filent dans les airs ou courent dans les champs ? Et puis, aussi, il aimerait bien avoir un nom à lui.

Commence alors sa quête vers le sens de sa lenteur et à la recherche d’un nom. Son identité se révèlera au cours de son voyage, et il découvrira que la lenteur est une force qui les préservera d’un immense danger.

Je ne vais pas faire de critique littéraire, non.

Je vais vous illustrer l’importance de la lenteur par un fait qui s’est déroulé sur mon lieu de villégiature.DSC_0911 

Le héros est un petit garçon de trois ans. Et parce qu’il a su regarder, il a décelé un immense danger .

La femme du propriétaire du gîte où nous logions dans les Cévennes fait de son mieux pour aménager le tout joliment. Elle avait trouvé chez un pépiniériste une plante décorative qui lui plaisait : des primevères du Missouri (Oenothera spp.). Colorées, au parfum subtil et à la floraison longue : de quoi enjoliver les abords du bassin.

Voilà qu’un jour, alors que les propriétaires étaient au bassin, que le petit bonhomme pas plus haut que trois pommes vint les trouver tout affoler parce que « les oiseaux-mouches étaient prisonniers ».

Un oiseau-mouche, des colibris dans la garrigue française ? Que nenni ! Il s’agit en fait d’un petit papillon, appelé moro-sphinx (Macroglossum stellatarum), dont le vol rappelle celui du colibri.

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Ce petit papillon pensant tirer profit des primevères du Missouri s’en était allé les butiner, tout à son aise.

Hop, en vol stationnaire, le voilà qui déroule sa trompe au fond de la corolle pour y chercher le nectar sucré. Sa gourmandise assurée, notre ami faux-colibri décide de changer de fleur…

Sauf que le voilà coincé, sa longue langue prisonnière de la corolle américaine.

Il tire surement pour se dégager. Épuisé, il finit pendu par la langue, incapable de s’échapper. Condamné.

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Ces primevères aux atours engageant se sont révélées être un véritable piège. Il faut s’armer de patience et de doigté, ouvrir délicatement la corolle de la fleur pour pouvoir dégager la longue langue de l’infortuné insecte. Peu en réchappent:le bassin est orné d’un cimetière à moro-sphinx…

Le petit garçon, parce qu’il a su regarder la vie autour de lui, a pu sauver quelques vies. Cela faisait 7 longues années que ces plantes étaient semées…

Une belle leçon pour les adultes effrénés que nous sommes.

Au-delà de la lenteur, ces fleurs illustrent le problème des plantes d’ornement importées. Transposer des plantes qui ont évolué dans des environnements différents peu générer de véritables drames écologiques. En effet, des espèces qui occupent les mêmes habitats vont poursuivre une co-évolution : des associations vont émerger, de même que des répartitions de territoire bien délimitées. La primevère du Missouri vient peut-être d’un habitat où il n’y a pas d’insectes à longue langue qui risquent de se retrouver coincés et mourir aux portes de sa corolle.

Pensez-y : pour agrémenter votre jardin, privilégiez les plantes indigènes ! Et surtout, évitez -toutes belles soient-elles – les primevères du Missouri.

Plus d’infos pour éviter cette plante : Alerte de l’INRA sur les Oenothera

Histoire d’une quête vers le changement

Mercredi, j’ai eu l’occasion d’assister à la projection du film « En quête de sens ».

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Un très beau succès pour le cinéma associatif qui assurait l’organisation : salle comble, 461 personnes.

Il s’agit de l’histoire de deux amis d’enfance qui se retrouvent après que la vie les ait séparés… pour au final entamer une belle nouvelle aventure ensemble : partir à la découverte des gens et des initiatives qui feront le monde de demain.

Agroécologie, transition, sobriété heureuse, coopération, connaissance de soi sont les guides du périple.

Je « craignais » un peu de redécouvrir ce que je connaissais déjà autour des ces mouvements alternatifs. Bien sûr, ça fait toujours du bien de revoir tout cela, c’est motivant, enthousiasmant (c’est pour ça que j’y allais 😉 ). Au final, ce film est avant tout une belle aventure humaine, à la découverte de soi et des autres. Un chemin qui suscite de nombreux questionnements et beaucoup d’émotions.

Spiritualité, à prendre dans le sens de l’interconnexion et de l’interdépendance de la vie, et bienveillance ont, pour ma plus grande joie et surprise, des places prépondérantes dans le parcours.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le voyage débute sur l’agriculture. L’alimentation est un des derniers liens directs qui nous lie à l’environnement. Certes, l’industrialisation du système et la prépondérance de la grande distribution cisaillent ce lien ténu aux yeux du consommateur. Mais il reste solide malgré tout, résistant, que ce soit au travers d’un petit potager aromatique qu’on a le plaisir de cultiver soi-même ou le salut du maraîcher chez qui on prend quelques légumes. Un bon moyen de se rouvrir aux liens avec la Nature.

Nous partons d’abord sur les chemins de l’Inde. Il y a des rencontres de grand nom, notamment la physicienne Vandana Shiva, mais également un grand homme que je ne connaissais pas : Satish Kumar. Fondamentalement pacifiste, porteur des idéaux gandhiens, Satish Kumar prône la prise de conscience de la place de l’être humain au sein de la Vie. Une vision résolument holistique et profondément simple qui fait la part belle aux interactions sociales et offre de nouveaux horizons de bonheur au-delà de la consommation.

Un moment qui a également beaucoup trouvé écho en moi est l’instant où, après leurs découvertes d’autres approches de la vie, on se retrouve plongé dans le bain de la consommation effrénée aux alentours de Noël. Cette incompréhension profonde parfois génératrice d’angoisse, tellement on peut se sentir en décalage avec le modèle généralisé…

Une fois le clap de fin donné, ce sont des centaines de clap qui ont retentis : 4 salves d’applaudissements ! Un franc succès. La soirée s’est clôturée par l’intervention Skype de Marc de la Ménardière- le fameux ex-trader, et celle de Pablo Servigne dont je vais vous toucher un mot.

Pablo Servigne est un bio-ingénieur. Il s’est lancé dans la transition il y a 4 ans et vit actuellement au village des Amanins, le village des Colibris. Chaque mois, il publie un petit article sur cette nouvelle vie dans la revue Imagine – Demain le Monde (dont je compte bien vous reparler!). Pablo a co-écrit un ouvrage récemment : « Comment tout peut s’effondrer ».

comment-tout-peut-seffondrer_2015-light Vous pouvez découvrir l’ouvrage via cette interview réalisée sur une des radios belges. Je ne l’ai pas encore lu, je compte d’abord lire « Effondrement » de Jared Diamond.

Ce qui m’a particulièrement plu et interpellée à la fois dans le film et les commentaires de Pablo Servigne, c’est l’importance de réaliser une transition intérieure avant de poser les actes. Pablo Servigne souligne trois étapes dans son ouvrage.

1° L’accueil des émotions

Tout comme dans un deuil, la réalité de notre situation génère du déni, puis de la colère, du marchandage et, seulement, l’acceptation. Car comme il l’a si bien dit, c’est un avenir qu’on arrache…

2° Faire place à l’imaginaire

Si notre avenir n’est plus celui auquel on aspirait ou sur lequel on se reposait, il est indispensable d’en inventer une ! Soyons créatif pour envisager le bonheur de l’après pétrole : c’est une véritable expérience, un labo de vie qui nous attend-là.

3° S’ouvrir à la spiritualité

Nous parlons ici d’une dimension non-religieuse. Se pencher sur soi, le sens que l’on souhaite apporter à ses actes mais surtout prendre conscience que nous sommes connecter et dépendant de manière générale du réseau de la vie. Se sentir part d’un tout offre un certain espoir et rassure lors des temps de doutes.

Se pencher sur soi avant de s’ouvrir au monde, c’est au final se forger une résilience interne forte qui permet d’avance au gré des embûche du terrain. De belles qualités à se construire donc et à enseigner aux futurs poseurs de choix !

« En quête de sens » est donc un film sans « case », fruit d’un rêve, d’une ambition et d’un beau mouvement coopératif puisque son élaboration finale n’a pu voir le jour que grâce à une campagne de crowdfunding. Je vous le conseille vivement !

Charly’s Angels

Charly’s Angels, c’est l’histoire d’une rencontre émouvante.

Une rencontre entre un cœur ouvert, une main tendue et la misère animale.

La rencontre de Laurence et de Charly, un chat de la rue. Cette histoire, vous pouvez la lire sur le forum de l’association en cliquant ici.

Aujourd’hui donc, je vais vous présenter une association qui œuvre dans la protection animale, Charly’s Angels. C’est sa fondatrice, Laurence, qui s’est prêtée au jeu des questions.

Laurence a toujours aimé et soigné les animaux, à poils ou à plumes. Dont les chats.

Petit à petit, ses élans se sont transformés en véritables sauvetages: la seule chose qui importait était de remettre l’animal sur pattes et le faire adopter. A cette époque, c’est plus ardu car internet n’en est qu’à ses balbutiements et les refuges tendent plus à être perçus comme des mouroirs que comme des aides potentielles. Mais le bouche à oreille fait bien son travail.

Doucement, Laurence de son statut de sauveteuse indépendante entre dans le monde de la protection animale. Un don de croquettes par-ci, un don de couvertures par-là, pour finir par devenir famille d’accueil même si elle ne partage pas forcément toutes les valeurs de l’association.

Aujourd’hui, grâce à Charly, elle œuvre pour sa propre association.

La priorité ? Les chats. Rien d’autre.

Et pour parvenir à cet objectif, Laurence peut compter sur une petite équipe de motivées.

Annie, qui gère les aspects communication sur internet.

Dominique qui s’occupe de la gestion des covoiturages

Et Sophie, qui complète l’équipe.

Quatre piliers de base pour affronter les obstacles, soutenus par un ensemble de bénévoles, de petites mains qui parviennent à faire de l’association un hommage vivant à Charly.

Je vous laisse découvrir l’interview.

D’où est née l’envie de lancer cette association? Quelle est son histoire?

L’envie est d’abord de créer une association. Quand on entre dans la misère animale, on n’a qu’une envie, c’est d’essayer d’enrayer le fléau. Mais créer une association juste pour la créer, c’est pas mon style du tout. Déjà beaucoup d’associations sont perdues entre les grosses structures et les refuges… Donc je restais famille d’accueil indépendante. 

J’ai tenté d’être famille d’accueil pour association/refuge mais il faut avoir les mêmes valeurs et dans la protection animale, malheureusement, ce n’est pas toujours l’unisson du même combat. Certains sont là pour tirer la couverture vers eux, ou se faire mousser plus simplement. 

Et puis un jour, au détour d’un de mes sauvetages je suis tombée sur Charly

Charly
Charly

Un vieux matou que personne ne regardait. Il était dans un état pitoyable. Je l’ai pris mais il était FIV+. Comme tout le monde j’ai eu peur du SIDA (Ndlr: le SIDA est la maladie qui découle de l’activation du virus, FIV chez les chats, HIV chez l’humain). Peur pour mes autres chats (à l’époque à la maison 18 chats cohabitaient). Et sur le net un tas d’idées préconçues totalement fausses circulent… 

Alors j’ai décidé de m’adresser directement aux gens qui possédaient des positifs, et là j’ai compris.

Compris qu’il fallait faire évoluer les mentalités vers la vérité.

Compris qu’il fallait une association porte-parole de ces chats.

Et le déclic c’est fait comme ça. C’est l’histoire de Charly qui a initié la naissance de l’association.

D’où proviennent les chats que vous accueillez ?

Ils sont SDF – et dans ce cas il s’agit de SOS venus de particuliers. Ou il viennent de la fourrière avec un risque d’euthanasie imminent (il arrive que certains chats soient euthanasiés directement après les résultats du test). Parfois ils viennent d’autres associations.

Un des problèmes est que les tests rapides ne sont pas entièrement fiables. Un test rapide peut révéler un positif alors qu’en faisant une PCR (prise de sang avec envoi au labo), le chat est négatif. Il faut savoir également que certains vétérinaires confondent encore le Felv (Ndlr: virus de la leucose féline) et le FIV, pas du tout pareil ne serait-ce que par le mode de transmission.

 Quels sont les objectifs à atteindre quand un chat est pris en charge? Y a-t-il un parcours général ou plusieurs voies possibles?

Les objectifs.

Le premier est déjà d’arriver à le sauver. Certains n’ont pas le temps d’être pris en charge: il est déjà trop tard.

Le second objectif c’est de leur trouver un accueil pour faire un bilan santé et/ou une mise en règle.

Le troisième objectif est de leur trouver des adoptants dans le meilleur des cas, au pire une famille d’accueil longue durée.

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Il y a plusieurs voies possibles.

Soit ceux qui lancent un SOS et sont prêts à tout pour leur sauvetage.

Soit les gens veulent s’en débarrasser à tout prix. Dans ces cas-là, il faut trouver un foyer pour les accueillir. Rien n’est jamais simple.

Nous dépendons de la bonne volonté des gens. C’est le cas notamment pour les covoiturages (qui permettent d’acheminer un chat vers une famille d’accueil par exemple). Par conséquent, il nous arrive parfois de mauvaises surprises.

A quelle fréquence recueillez-vous des animaux ? Travaillez-vous en collaboration avec d’autres organismes/partenaires (public ou privés) ?

La fréquence est variable mais conditionnée par les finances. En ce moment par exemple, nous ne pouvons plus accueillir de SOS faute de moyens financiers. Ensuite la fréquence dépend des propositions de famille d’accueils.

Les partenaires sont les vétérinaires (certains sont plus compréhensifs que d’autres et nous aident). Nous avons de bonnes relations avec d’autres associations mais essentiellement avec une (The Pattoune’s Gang) qui nous réserve des places lors de ses journées adoptions sur Paris et la région parisienne afin de favoriser l’adoption de nos FIV. 

Nous avons également été parrainé par le site Clic animaux mais nous avons des valeurs assez éloignées. Notre grand partenaire reste Actu-animaux: l’équipe qui travaille là-bas est compréhensive, toujours prête à nous aider. Nous sommes aussi sur Hellopro (anciennement Mail for good) où grâce à des clics sur des publicités les internautes peuvent nous aider gratuitement. Donéo nous reverse également une part lors d’achat d’internautes sur certains sites.

Êtes-vous confrontés à des fausses idées concernant le FIV vous empêchant d’offrir une belle vie aux chats accueillis?

Les fausses idées sont notre cheval de bataille. L’association a été créée dans un premier temps pour rétablir la vérité sur le SIDA des chats. Ensuite, il a été primordial de leur venir en aide sur le terrain. Aujourd’hui les idées avancent, l’association est connue et permet d’ouvrir des portes jusque là fermées.

Quand on voit une autre association accueillir un FIV, nous sommes soulagées (même si certains points ne sont pas encore tout à fait compris et/ou assimilés): le chat à la vie sauve, et c’est le plus important. L’idée aussi qu’il faut isoler les FIV+ n’est pas nécessaire tant qu’ils sont stérilisés et sociables. Tous nos FIV (y compris chez moi qui suis régulièrement en surnombre) vivent en harmonie avec des chats sains .

Aux lecteurs qui vous lisent, quel message, quelle prise de conscience souhaiteriez-vous faire passer en mémoire de Charly ?

J’aimerais qu’ils prennent tous le temps de lire l’histoire de Charly.

Charly est le porte-parole des FIV +. Si les gens comprennent que le SIDA n’est pas la bête noire qu’ils pensent connaître, alors Charly ne sera pas mort pour rien. 

Je m’adresse à tous ces gens qui font les tests FIV mais qui ne font pas le test PIF (péritonite infectieuse félin) ou le typhus qui fait aussi des ravages. Pourtant, la PIF est mortelle : aucune espérance de vie. La PIF tue donc, contrairement au SIDA.

Quand un chat est porteur du virus (FIV+), il peut ne jamais le déclarer, c’est-à-dire ne jamais avoir la maladie, ne jamais avoir le SIDA. Ce chat va vivre porteur. Ses défenses immunitaires seront affaiblies, il faudra bien sûr faire attention au moindre microbe pour que ça ne s’envenime pas mais je dirai tout autant que pour votre chat sain.

Quant au coût, il n’en est rien. Certains de mes chats positifs ne me coûtent qu’une visite annuelle pour le rappel de vaccin, alors que d’autres, sains et négatifs, me font passer toutes les quinzaines chez le véto. 

L’association vit uniquement de dons. Nous avons des adoptions aussi mais souvent ceux sont les famille d’accueil qui craquent ou leur famille proche, il y a peu d’adoptions spontanées. Nous devons sans cesse nous réinventer pour trouver de l’argent. Il y a la boutique avec des articles donnés, faits ou achetés par des bénévoles. Nous avons aussi des ventes aux enchères d’articles donnés par nos bénévoles. On organise des tombolas ou des concours photos.

C’est beaucoup de travail en supplément de tout le quotidien et des urgences.

On aimerait recevoir un peu plus d’aides, financières et humaines.

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Retrouvez Charly’s Angels sur leur page Facebook et sur leur forum.

Rappel: n’oubliez pas le concours dans le cadre de l’éco-défi jusqu’au 31 mars !

Amandine et ses chèvres

Depuis le début de l’éco-défi, je souhaitais donner la parole à un éleveur. Les livres sensibilisant au bien-être animal dans le cadre de l’élevage font (trop) souvent la part belle à l’élevage intensif, si mécanisé et monétarisé qu’on pourrait plus aisément parler d’usine de production.

Malheureusement, c’est vrai, ce sont ces élevages-là qui offrent la majorité des produits animaux. Pourtant, de petits éleveurs, et éleveuses, persistent, se développent. Des éleveurs sensibles au bien-être de leurs animaux en tant qu’êtres-vivants. Dans son livre “Faut-il manger les animaux?”, Jonathan Safran Foer était parti à la rencontre d’un couple qui élevait des vaches afin de leur offrir une belle vie avant qu’on les tue pour leur viande. Il parlait du concept de “viande heureuse”.

On ne parlera pas directement de viande ici, mais de lait. Car Amandine a bien gentiment répondu à mes questions afin de vous présenter son activité d’éleveuse de chèvres.

Faisons les présentations.

Amandine et son mari élèvent des chèvres en Auvergne à 1000m d’altitude. Leur troupeau se compose actuellement de 25 chèvres, trois boucs et d’une trentaine de chevreaux.

Par coup de cœur mais aussi par choix de privilégier une race plus rustique, ils ont décidé d’élever des chèvres de la race Rove, plutôt que les habituelles Alpine et Saneen.

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Contrairement à ces deux races, la Rove produit moins de lait, mais en revanche celui-ci est de grande qualité, plus doux et plus crémeux. Idéal donc pour la fromagerie !

Leur élevage en est à ses débuts: Amandine et son mari travaillent tous deux en dehors de leur exploitation, elle dans la vente à domicile de produits d’entretien et cosmétiques écologiques et lui dans le secteur des travaux publics. Lentement mais sûrement, ils construisent le cheptel. L’initiative est partie de 10 chevrettes élevées au biberon alors qu’elles n’avaient que quelques jours et étaient destinées à la boucherie. L’idéal étant notamment d‘obtenir des chevrettes plutôt que des chevreaux afin d’augmenter la taille du troupeau laitier. Cette année, leur chèvrerie accueille environ 20 chevrettes, l’objectif à terme étant d’avoisiner la cinquantaine. Sensibles au respect de l’environnement, Amandine et son mari conduisent leur élevage selon les règles de l’agriculture biologique, sans pour autant avoir introduit – pour l’instant- de démarche de certification.

Place aux questions !

Qu’est ce qui t’a motivée à lancer un élevage de chèvres ?

J’ai toujours aimé le contact avec les animaux, je monte à cheval depuis l’âge de 6 ou 7 ans et j’ai eu mon premier cheval à 16 ans, en parallèle mes parents ont eu la chance d’acquérir une belle maison à la campagne dans la région où je me suis installée aujourd’hui. Après une vie citadine j’avais soif de nature et la vie à la ferme m’attirait. A 18 ans j’ai commencé et vite arrêté des études de sociologie, ce n’était pas ma voie. Je rêvais d’une vie à la campagne avec pleins d’animaux autour de moi, le milieu de l’équitation me tentait et je me suis tournée d’abord vers ça. Je voulais monter une ferme équestre avec des chevaux bien sûr et pleins d’autres animaux, puis au fil des formations et des rencontres, mais aussi de mes questionnements je me suis un peu détournée de cela. J’avais peur de ne pas réussir à accepter d’ « embêter » les chevaux (parce que c’est souvent le cas) avec des touristes qui veulent juste se divertir un moment sans aucune connaissance et sans se soucier du cheval qu’ils montent. Par ailleurs les nombreuses personnes que j’avais autour de moi qui tentaient de vivre de l’équitation de loisirs me disaient que c’était difficile et qu’il ne fallait pas faire que ça. Ce discours a été beaucoup repris lorsque j’étais en formation, je me suis en fait tournée vers un Brevet professionnelle de responsable d’entreprise rural qui est l’équivalent du diplôme nécessaire pour s’installer en agriculture. Mon projet ne misait pas que sur une activité d’équitation de loisirs mais sur un aspect ferme pédagogique également que je pensais suffisant pour être viable, mais apparemment ça ne l’aurait pas été. En parallèle j’expérimentais ce que signifiait le fait d’avoir pleins d’animaux, un peu de chaque: chevaux, chèvres, moutons, poules, chiens, chats… Pour les chevaux, pas de problème, à partir du moment où ils ne sont pas tout seuls dans un pré, tout va bien, leur équilibre est respecté, mais pour les chèvres en avoir juste deux ou trois c’est à devenir chèvres justement ! Les demoiselles, et ça je suis en mesure de le confirmer aujourd’hui ne sont (à peu près) capables de rester tranquilles dans leur pré que lorsqu’elles sont en troupeau, à deux ou trois elles semblent trouver qu’elles seraient mieux en notre compagnie ce qui peut parfois poser problème quand on ne souhaite pas qu’elles déjeunent avec nous sur la terrasse ou qu’elles profitent d’une porte ouverte pour s’installer dans le salon. Pourtant je craquais complètement pour les biquettes, ce sont des animaux très attachants, petit à petit l’idée a donc fait son chemin celle d’élever des chèvres mais pas juste une ou deux et être obligée de les attacher parce qu’elles sont ingérables, mais tout plein !

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Ce qui me posait problème dans cette histoire c’est ma grande sensibilité envers les animaux, à l’époque j’étais déjà végétarienne depuis longtemps et l’idée d’élever des chèvres pleines de vie et heureuses me bottait mais en revanche le problème des chevreaux qui allaient naître chaque année et qu’on ne pourrait pas garder beaucoup moins. J’ai commencé par me dire qu’il fallait me faire à cette idée et m’y résigner. Ensuite  nous avons été rattrapés par pleins d’autres difficultés donc ce souci est devenu « secondaire » entre guillemets. Nous avons beaucoup galéré pour nous installer réellement en tant qu’agriculteur, les difficultés étaient telles qu’à un moment donné nous avons arrêté, nous avons presque laissé tomber. Puis les années passant l’envie de vivre en compagnie des chèvres et de partager notre quotidien avec était toujours là et nous avons finalement réussi à recommencer. Les difficultés se lèvent une par une petit à petit. Je ne vous cache pas que les questions et les problèmes d’éthique que cela me pose sont toujours là, je n’ai finalement pas choisi de me roder, je n’aime toujours pas cette étape de ma vie de chevrière, mais je la regarde différemment car je sais aussi aujourd’hui très bien pourquoi j’ai fait ce choix. Et je réfléchis, réfléchis beaucoup à comment faire au mieux et pourquoi pas autrement !

Quelle est ta définition du bien-être animal ?

Pour moi respecter le bien-être animal, c’est prendre en compte différents critères qui peuvent varier selon les espèces. Il va de soi que, dans tous les cas, les animaux doivent disposer d’une nourriture et des soins adaptés à leur cas pour leur garantir une bonne santé. Dans le cas des chèvres, elles ont par ailleurs besoin de vivre en troupeau, elles aiment crapahuter dans des endroits escarpés, glaner des ronces, des fleurs et des feuillages variés ! C’est pourquoi j’ai choisi de faire pâturer mes chèvres alors que beaucoup d’éleveur pratique le zéro pâturage. Les chèvres sont dans ce cas nourries à l’intérieur d’un bâtiment dans lequel elles séjournent à longueur de temps, les mieux loties d’entre elles disposent d’une aire de détente. L’avantage de cette façon de faire est qu’il est plus facile de lutter contre le parasitisme et les chèvres sont plus productives car elles ne dépensent pas d’énergie à se nourrir. Cette façon d’envisager l’élevage suppose aussi bien souvent que les chèvres soient écornées. Je n’ai pas non plus fait ce choix car  je pense par ailleurs que dans la notion de respect animal entre en jeu tout ce qui touche au respect de leur nature profonde. J’ai choisi dans cette idée également de respecter la saisonnalité des chaleurs, mes chèvres sont saillies naturellement par un bouc quand c’est la période des chaleurs.  A la mise-bas, leur instinct de mère est respectée, nous ne retirons pas les chevreaux à la naissance, elles peuvent ensuite les allaiter naturellement, ceci est plus naturel et respectueux des chevreaux également !

Le petit bonus : puisque ce sont des animaux domestiques et qui prouvent leur attachement à l’homme chaque jour, je ne me prive pas de les câliner, leur faire des bisous, bref de les aimer de tout mon cœur !

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Comment cela se passe-t-il pour obtenir le lait essentiel à ta fromagerie ?

Mes chèvres mettent généralement bas en février, les chevreaux ne sont pas séparés à la naissance, ils tètent leur maman pendant un mois, un mois et demi puis on amorce le sevrage en diminuant le nombre de tétée (de deux on passe à une) et on apporte un complément sous forme de granulé adapté à leur âge. Nous pouvons alors commencer à traire nos chèvres une fois par jour et quand le sevrage est définitif on peut passer à deux traites. Nous avons fait le choix de traire à la main, j’aime le contact avec les animaux ce n’est pas pour mettre de la distance via une machine. Elles se laissent toutes traire de bon gré après une petite période d’adaptation pour les plus jeunes, nous ne les attachons pas pendant l’exercice.

Pour l’instant nous n’avons pas un effectif suffisant pour que notre élevage soit viable donc nous gardons toutes les femelles, c’est la joie puisque nous en avons eu beaucoup cette année ! Mais pour les mâles c’est un problème et à l’avenir ça le sera aussi pour les femelles puisque nous ne pourrons pas toutes les garder. Pour le moment nous avons presque toujours trouvé à les vendre à des particuliers ou à des marchands (la question ça reste leurs devenirs… certains seront mangés d’autres seront élevé pour la reproduction). Je me réconforte en me disant que c’est la meilleure solution pour eux parmi toutes celles qui existent, leur vie est certes courte pour certains mais respectée et leur condition de vie est paisible. Dans certains élevages, les chevreaux sont tués à la naissance pour avoir le lait de leur mère plus vite et plus longtemps. Comme je l’ai évoqué, je déteste avoir à faire cela mais soyons réaliste je ne peux pas garder tous les chevreaux de la terre.

J’aurai pu choisir de ne pas les élever, je pourrai être purement végétalienne pour ne cautionner aucune forme de cruauté envers les animaux…mais dans cette idée il faudrait accepter de voir tous ces animaux disparaître, comme on le voit déjà pour certaines races ou catégories d’animaux. Car en effet, qui élèvera quelques chèvres comme ça pour le plaisir ou par amour de l’animal ? Ou une vache…eh, eh ? Pas grand monde… et dans cette logique on élèvera toujours des femelles, les mâles, il faut admettre, que c’est plus délicat à gérer, donc le problème tant décrié de la discrimination se posera. J’évoque cela car je lis souvent des articles sur le fait que ce qui se passe par exemple dans les élevages de poules est horrible (attention mon propos n’est pas de dire le contraire) puisque pour pondre des œufs nous n’avons besoins que de ces dames, les poussins mâles sont donc broyés à la naissance ! Il se trouve que mes trois boucs cohabitent bien, mais j’ai eu le cas de deux béliers qui se sont battus à mort… et je n’évoque pas la question de leur caractère mais ça tombe sous le sens qu’il sera plus facile de créer des liens avec une chèvre ou une vache qu’avec un bouc ou un taureau sans risquer sa vie ! Quant au fait de respecter leur nature en laissant mâles et femelles ensemble, je vous laisse imaginer les problèmes de surpopulation qui nous guettent… On peut bien sûr envisager de castrer ces messieurs pour contourner le problème, mais il faudra veiller à ne pas laisser s’éteindre les espèces en conservant trop peu de reproducteurs et faire attention aux problèmes de consanguinité qui se posent immanquablement lorsque les espèces sont sous-représentées !

Quand j’étais jeune, j’étais révoltée par ce discours de certaines personnes qui soutenaient que si on n’élevait pas les animaux pour la viande ils disparaîtraient, mais ça semble être une réalité. On peut citer l’exemple du cheval de trait qui n’intéressait plus beaucoup de monde à un moment donné quand est venu le temps où il a été remplacé par des machines pour les travaux des champs et bien ce sont malheureusement les mesures pour relancer la filière viande qui l’ont sauvé, c’est triste à dire mais c’est ainsi !

Les personnes qui s’approvisionnent chez toi te posent-elles parfois la question? Expliques-tu parfois spontanément la procédure qui te permet d’obtenir le lait ?

Bien sûr, la question m’est parfois posée. Jusqu’à maintenant je n’avais qu’une toute petite production donc pas encore vraiment de clientèle à proprement parler. Je faisais des fromages avant tout pour notre consommation familiale et je faisais profiter de mon surplus de production aux amis, à la famille et aux voisins. On procédait plutôt à des échanges (des fromages contre un service par exemple) ça m’a permis de me faire la main et d’avoir leur avis sur ce que je faisais. Les gens aiment bien prendre le temps de poser des questions mais pour l’instant je ne l’explique que si on me le demande. Cette année je pense pouvoir commencer à vendre ma production mais seulement en direct à la ferme. Si un jour je fais des marchés, je pense créer un support de communication pour mettre en avant ma façon d’envisager l’élevage.

 

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Face aux réponses, le cas échéant, quelle est la réaction des gens ?

J’ai un public rural, ils ont bien souvent une idée de la question, ce qui suscite l’intérêt chez les gens c’est qu’avec mes pratiques même si je n’aime pas le dire de cette façon je produis une viande de grande qualité ! A l’heure où la traçabilité n’a jamais été une notion aussi importante il existe peu de créneaux pour valoriser cela !

Comment les autres éleveurs perçoivent-ils ton approche ? Sont-ils plutôt critiques, intéressés, réfractaires ?

Je n’évoque pas forcément mes pratiques dans le détail, je sais que, pour certains, mes pratiques semblent aberrantes et certainement pas rentables…

J’entends parfois quelques remarques qui me laissent comprendre que je ne suis pas sur la bonne voie, celle du « ce qui se fait », au pire je passe peut-être pour une folle, mais ça m’importe peu ! Je sais aussi que pour beaucoup le cas des chevreaux est un problème qui les chagrine. J’ai déjà rencontré des éleveurs qui procèdent à peu près de la même façon que moi, je ne suis donc pas tout à fait un cas isolé !

Quels sont tes critères quant à l’évaluation du bien-être de tes chèvres ? Ne trouves-tu pas paradoxal d’en prendre soin tout en ayant à faire un choix dur pour les chevreaux ?

L’évaluation du bien-être de mes chèvres se détermine en partie par le fait qu’elles soient ou non en bonne santé, pour le reste l’évaluation reste subjective, je pense au vu de mes observations que mes chèvres sont bien et heureuses ! Est-ce que c’est paradoxal d’en prendre soin alors que je dois faire un choix dur pour les chevreaux ? Bien sûr que c’est un terrible paradoxe, je ne pourrais pas dire le contraire pourtant je ne peux personnellement pas faire autrement que d’en prendre bien soin et de les respecter jusqu’au bout, le contraire serait impensable !

Si tu en consommes, fais-tu généralement attention à la provenance des produits alimentaires dérivés d’animaux ? Si oui, quels sont tes critères ?

Mon mari et mes enfants ne sont pas végétariens, donc bien que je cuisine en grande partie végétarien, nous sommes approvisionnés par mes beaux-parents qui élèvent vaches, cochons, poulets pour cette consommation qui est vraiment occasionnelle. Pour les produits laitiers pendant toute la durée de lactation de mes chèvres je n’achète aucun autre produit laitier, s’il m’en manque j’utilise des alternatives végétales. L’hiver quand les chèvres sont taries, j’achète un peu de fromages ou de yaourts parce que ça leur manque, je privilégie l’approvisionnement local pour des raisons écologiques et parce que je sais que les élevages sont plutôt extensifs dans notre région donc les animaux ont peu de chances d’être élevés dans les conditions inacceptables dont nous sommes nombreux à avoir entendu parler !

Quels seraient tes souhaits pour l’agriculture de demain, notamment sur la question du bien-être animal ?

Je pense qu’il est nécessaire de repenser l’agriculture en favorisant plus les cultures végétales qui nourrissent directement l’humanité et sont moins émettrices de gaz à effet de serre. Les systèmes d’élevage ont leur place, mais doivent être repensés. Dans une région comme la mienne qui est composée essentiellement de pâturage en zone montagneuse, il serait inapproprié de vouloir en faire exclusivement une région de maraîchage ou de culture de céréales ! D’autant que les animaux ont leur rôle dans l’entretien de l’espace dans la mesure où les élevages sont extensifs, je doute qu’ils fassent plus de mal à la planète en broutant l’herbe que si ces mêmes parcelles étaient entretenues avec un véhicule motorisé ?

Bon, désolée, je m’égare un peu concernant le bien être animal puisque c’était ça la question. Je pense qu’il est important de favoriser les petites structures à taille humaine en système extensif où les besoins de l’animal sont respectés dans la façon dont j’essaie de le faire. Cela suppose que l’on consomme différemment et peut-être que l’on accepte de payer un peu plus pour que ces systèmes soient viables pour les éleveurs. Cela suppose aussi parfois une évolution de la réglementation, il est par exemple complètement inacceptable qu’un élevage de poules pondeuses soient soumis à un vide sanitaire presque chaque année. Il y a un élevage de poules près de chez moi, les poules ont de bonnes conditions de vie, elles sont élevées en plein air avec véritablement beaucoup d’espace à disposition. Et bien, elles ont une espérance de vie de 13 à 15 mois tout au plus à cause de cette stupide réglementation qui contraint les éleveurs à s’en débarrasser au-delà de cette période !

Enfin, une question philosophique : penses-tu que l’éthique et le bien-être animal peuvent coexister avec la consommation de viande et de produits laitiers ?

Je pense qu’on peut veiller au bien-être animal pendant toute sa vie aussi courte soit elle, en tentant d’être objective là-dessus  j’ai quand même le sentiment d’offrir à mes animaux une vie qui vaut la peine d’être vécue !

Et l’éthique dans tout ça ? Ce qui me dérange dans cette histoire ce n’est pas le fait de manger de la viande ou des produits laitiers, le lion mange la gazelle, le chat mange la souris, un loup qui passera devant une de mes biquettes la croquera volontiers. Dans un film que j’ai vu récemment « Genesis » une phrase a retenu mon attention:  «  La vie nourrit la vie ». A supposer que nous sommes omnivores (je n’ai pas tranché sur cette question tant il existe de théories à ce sujet), il nous faut bien l’admettre mais on peut chercher des solutions pour rendre la mort des animaux qui nous servent de nourriture la plus douce possible.  Je garde toujours en tête l’image du Bushman dans le film « Les Dieux sont tombés sur la tête » qui s’excuse auprès de l’animal qu’il vient de tuer et lui explique que c’était une nécessité pour lui et sa famille. Il est vrai que dans le cas du Bushman, du lion, du chat, l’animal victime dispose de sa liberté et, entre guillemets, d’une chance d’échapper à la mort, ce qui n’est pas le cas dans l’élevage.

Pour autant je ne pense pas qu’un monde où nous rendrions à tous les animaux un mode de vie sauvage soit une solution. Ceci implique de cohabiter avec des espèces prédatrices en nombre suffisant (et ce avec les risques que cela comporte) pour réguler les populations herbivores qui ne manqueront pas d’être un problème pour nos précieuses cultures. Ou bien de confier la régulation des effectifs à des chasseurs et là on retombe dans des problèmes d’éthique où l’homme sera à nouveau responsable de la vie ou de la mort des animaux. Et en plus, on subira encore et toujours ce contre quoi je suis : l’insécurité liée au fait que des hommes se promènent avec un fusil, et une symbolique aux antipodes du monde de paix dont je rêve… Ce que je dis là est le fruit de mes réflexions personnelles sur ce que serait un monde où l’espèce humaine serait devenu complètement végétalienne même si cela semble idyllique à première vue, je ne suis pas sûre qu’on ne soit pas rattraper par de dures réalités. Mais je peux me tromper…

Je pense dans mon cas rechercher encore des solutions pour envoyer moins de chevreaux à la « casse », j’ai entendu dire que dans certains pays, ils ne faisaient mettre bas les chèvres qu’une seule fois dans leur vie pour lancer la lactation et que tant que la lactation est entretenue ça ne s’arrête plus jamais donc pas besoin de leur faire faire un petit chaque année…

Une solution à expérimenter ! Après tout, j’ai allaité jusqu’à trois ans: je confirme tant qu’on entretient la lactation ça fonctionne !

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Encore un grand merci à Amandine pour ses réponse et ses photos ! 🙂

A vos commentaires bienveillants et n’oubliez pas le concours ouvert jusqu’au 31 mars !

Opinion express: du loup à la question

Quand j’ai vu l’affiche du film, je me suis dit : “Oh ! J’irai le voir”.

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La Mongolie, le côté sauvage de ses steppes, les loups, la révolution culturelle: tout ça me plaisait et comme j’ai besoin d’évasion, ce film me semblait parfait !

Et puis j’ai lu un article dans un journal (Metro, qui égaie les trajets en train en Belgique pour les non-initiés).

Cet article notamment expliquait que les loups avaient été tout spécialement élevés pour le film. Le réalisateur aurait pu avoir recours à des images de synthèse mais il préférait le réalisme vivant de l’animal et chair et en os. Le flot de question commença donc.

Mais d’où venaient ces loups? D’un zoo? Ou d’une filière qui avait trouvé une aubaine et commercialisé des animaux capturés ?

Je viens à l’instant de trouver un article qui spécifiait que les loups venaient d’un zoo chinois (Harbin) mais explique que des scènes de chasse des chevaux par les loups ont été véritablement tournées.

Quel est/serait donc l’impact éthique des films que nous visionnons sur les animaux du casting? Ne vous méprenez pas: des loups qui chassent pour survivre, c’est dans l’ordre des choses. Mais qu’on élève des animaux pour un film et que ceux-ci soient soumis à des stress (voir même à la mort) pour le plaisir télévisuel m’interpelle.

Au final, je ne pense pas que j’irai voir le film, mais je lirais volontiers le livre dont il s’inspire !

Vous êtes vous déjà posé la question de l’éthique animale au cinéma?

Qu’en pensez-vous ? Irez-vous voir le film ?

Article écrit dans le cadre de l’éco-défi « Apprendre à connaître, respecter et protéger les animaux »