L’âge des low tech

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Les temps obscurs, de retour? Pas vraiment !

Bonjour à tous !

Novembre tourne sous le signe de la collaboration. En effet, j’ai à nouveau le plaisir de participer à l’éco-défi de Natasha avec une vingtaine d’autres blogueuses.

Au cours du mois, un peu comme un calendrier de l’Avent en avance, nous allons à tour de rôle vous présenter une série de lectures engagées et inspirantes. Que ce soit pour s’informer, s’émerveiller, découvrir: le choix est là, avec des découvertes littéraires vraiment inspirantes pour petits et grands!

Pour ma part, je vais aujourd’hui vous présenter « L’âge des low  tech » de Philippe Bihouix, paru aux éditions Seuil -Anthropocène.

Divisé en 4 actes, ce livre confronte le développement de technologies dites high tech, présentées comme les incontournables d’un monde durable et vert à la réalité de la disponibilité des ressources dont ces technologies dépendent. Et bien entendu, il y a comme un léger décalage entre tout ça.

Tour à tour, l’auteur déconstruit le mythe des technologies high tech salvatrices, introduit la perspective des alternatives « low tech », propose une série d’exemples à appliquer et suggère une voie d’action politique pour s’engager sur le chemin du changement vraiment durable. Énergies vertes, nano-technologies, imprimantes 3D, dématérialisation des services, économie circulaire et recyclage passent largement sous la houlette de l’auteur, engendrant son lot de questionnement.

Ce livre est pour moi une très belle découverte. Sortant de l’univers tout beau, tout simple des technologies qui s’offrent à nous pour lutter contre le changement climatique et la pauvreté, cet ouvrage casse l’allure de greenwashing des propos majoritaires actuels pour nous confronter aux véritables causes de nos problèmes : nos comportements. Quel sens cela a-t-il d’installer d’immenses champs éoliens en pleine mer, agrémenté d’un réseau de distribution dense et dépendant de ressources limitées comme les métaux rares pour alimenter le chauffage de commerces qui restent ouverts sur la rue en plein hiver, illuminent de nuit comme de jour leurs vitrines ou incitent tout un chacun à acheter, à nouveau, trois pulls pour le prix de deux ? Nous voilà face à nos contradictions. La mondialisation nous a déconnectés de l’impact de nos actes et de nos modes de vie : s’y confronter nous oblige à interroger notre confort quotidien sous toutes ses coutures.

Très critique, ce livre pourrait aisément paraître moralisateur (il l’est d’une certaine manière) mais ce n’est compter sur le ton léger, doté d’une certaine dérision humoristique dont use l’auteur.

S’il ne délivre pas une solution toute faite à appliquer pour soulager notre conscience torturée, il offre une série d’exemples simples, applicables par nos sociétés qui concrétisent et illustrent les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Mettons notamment en avant la ré-instauration d’un service de consignes de verre local (= moins de transport), facilité par la vente de formats uniques qui permette un réemploi aisé (= système hautement modulable).

La fameuse citation  « La liberté s’arrête la où commence celle des autres » conclut l’ouvrage. Propos liberticides ? Extrémisme écologiste ? Non, juste une remise en perspective du confort de certains afin d’assurer in fine les droits de tous.

A offrir à des sceptiques fervent défenseurs des imprimantes 3D, à des personnes engagées sur la voie de la simplicité volontaire ou à de grands curieux qui aiment réfléchir sur le futur monde que nous construisons au quotidien (et à vos élus politiques!)

Chez Amaëlle du blog De Mal en Piges, vous pouviez découvrir hier  « L’art de l’essentiel » de Dominique Loreau. Demain, on change de registre: rendez-vous chez Lili (Au vert avec Lili) pour discuter alimentation.

Connaissez-vous ce livre? Avez-vous découvert des lectures inspirantes au fil des participantes? N’hésitez pas à partager vos propres coups de cœur inspirants, remuants, déreangeants ou positifs 🙂

6 réflexions sur “L’âge des low tech

  1. La marmotte chuchote

    Il faut vraiment que je lise ce livre que tu m’avais déjà conseillé. Cela me rappelle des remarques de personnes dans des conférences auxquelles j’ai assisté du genre : « N’ayez crainte, la technologie nous sauvera ». Sans rejeter la science et la technologie et revenir à un monde où on s’éclairait à la bougie, je pense qu’un peu de sobriété ne ferai pas de mal. Du coup, j’ai aussi envie de lire le manifeste de l’association Negawatt.

    Aimé par 1 personne

    1. Tes propos collent tout à fait à ce qu’explique Philippe Bihouix: il ne préconise en rien un retour en arrière, mais il demande instamment d’éviter la fuite en avant! A trop vouloir repousser les limites naturelles, c’est presque comme si l’on créait des bulles spéculatives qui risquent bien fort d’éclater un jour et de faire des gros dégâts.
      Il mentionne, si je me souviens bien, le manifeste Negawatt: tu attises donc encore un peu ma curiosité 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. nouillette

    Un p’tit coucou! J’ai toujours pas pu mettre la main dessus, un comble puisque je t’en avais parlé 😉 et j’ai tellement de lectures en cours et à venir que je ne sais même pas encore quand je vais pouvoir l’ouvrir mais à mon sens c’est un des rares livres sur le sujet qui soit aussi « cash » et qui remette un bon nombre de choses en perspective. Si on ajoute à ça tous les écrits sur la décroissance et les divers effondrements, ça fait une sacrée somme qui nous appelle à réduire beaucoup, voire à arrêter notre façon de produire et de consommer. Si on ne le fait pas, tout s’effondrera de toute manière mais de façon beaucoup plus dramatique pour nous… Ce qui interpelle c’est l’importance du fait que nos vies vont être bouleversées et qu’il faudra faire preuve d’adaptation… ou mourir, comme n’importe quelle espèce animale! Bises miss, à bientôt. PS: tu vas aller voir la conférence Béa Johnson à Namur?

    Aimé par 1 personne

    1. Bon, je découvre en effet que Béa Johnson vient le 30 novembre à Namur. Je me disais chouette, je vais la voir le 30 et le 23 je vais écouter Pablo Servigne sur son livre « Comment tout peut s’effondrer »! sauf que non, ils viennent de bouger la date de Pablo Servigne au 30 aussi, et je ne sais pas quoi choisir… Pfff!
      Je partage entièrement ton point de vue sur notre adaptation. Je sors d’une conférence sur l’avenir de l’agriculture qui s’est clôturée par l’intervention court-termiste du ministre régionale de l’agriculture (l’emplooooi, la croissaaaaance !) alors qu’il est arrivé 30 minutes avant la fin… Oh déconnexion entre les disciplines et les niveaux de pouvoir!
      Bref, je suis un peu frustrée ce soir ^^

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