Ne pas sortir la poubelle (1)

Les déchets, il y a ceux qu’on voit.

Dans la rue/sur les quais, vous savez ces mégots, papiers, bouteilles de bière qui nous énervent ?

Dans notre cuisine, notre salle de bain.

« Ah, cette semaine, je dois sortir la poubelle organique/résiduelle/ PMC/ les cartons et papiers. » au choix, la combinaison que vous souhaitez !

Pour les non-initiés, les PMC sont l’acronyme de la fameuse ligue « Plastique – Métal – Carton ». Le fameux « carton » qui induit son monde en erreur car il s’agit des emballages à boissons et autres.

Et puis, il y a ceux qu’on ne voit pas. Les plus insidieux. On peut parler de « déchets gris », en parallèle avec l’énergie grise.

Un exemple ? Pour produire une brosse à dent, 1,5kg de déchets ont été générés [1].

Les pires élèves étant les appareils électroniques comme les GSM (75kg) et les ordinateurs portables (1 500 kg!). Et la médaille revient à … l’or avec 2000 kg de déchets générés pour une bague (avis aux futur(e)s marié(e)s).

En tant que consom’acteurs, le meilleur moyen d’agir au niveau des « déchets cachés » est la règle des 5 R (à lire de bas en haut).

5R

Je n’invente pas l’eau chaude en vous présentant ceci, je l’ai découvert via Béa Johnson une des références en la matière de zéro déchet.

~ Refuser ~

La base. L’offre et la demande.

Dressez une liste : que pourriez-vous aisément refuser ? Voici quelques idées.

  • Les papiers inutiles/que vous ne lirez jamais. Un vrai gâchis de bois et d’énergie. Prenez par exemple les brochures associatives. J’en recevais régulièrement suite à mes dons (MSF et Croix-Rouge) : un simple email à leur service et le tour est joué !Pour les publicités, un petit autocollant et s’est (normalement) réglé.Dans les emails aussi d’ailleurs, n’hésitez pas à décocher les envois de newsletters qui ne vous intéressent pas/plus. Un email envoyé équivaudrait à 0,4 g de CO2 rejeté.
  • Les gadgets. Vous savez, les petite surprises qui ne servent à rien dans les boîtes de céréales et qui finissent à la poubelle ? Et si vous prévoyiez d’autre petits-déjeuners, comme des crêpes, du granola maison, des tartines ? Ou alors une autre marque, tout simplement.
  • Les objets à usage uniques. Je n’ai comme exemple que les couverts et contenants en plastique mais il y a pléthore d’autres exemples. Ainsi, la dernière fois que mon Amoureux est allé chercher des frites – en bons Belges que nous sommes!-, il a emporté une grande et une petite boîtes, l’une pour les frites, l’autre pour la sauce. Cela nous a évité : 1 barquette en plastique, 2 fourchettes en plastique, 1 petit récipient à couvercle en plastique pour la sauce et un sachet en plastique pour le transport. Tout cela avec les félicitations et encouragements du vendeur =) Les calendriers de l’Avent sont également une source incroyable de petits objets en plastique inutiles. J’adore les calendriers de l’Avent, j’en recevais toujours petite (ou grande! ). Préférer leur les petits chocolats, ceux contenant de vrais jouets, notamment Playmobil et Lego. Ou pourquoi ne pas en concevoir un vous-même, à remplir au gré des préférences ? Chocolats, biscuits et autres gourmandises, bons d’activité à faire ensemble, des décorations à mettre dans le sapin, des éléments d’une boîte Lego répartis sur plusieurs jours… Bref, du sur mesure fait avec beaucoup de cœur ! Mais on reparlera de tout cela fin d’année 😉
  • Les objets destinés à un usage bien spécifique… qui au final ne servent pas à grand chose.J’ai deux exemples à vous proposer. 1° La pince spéciale pour sortir les sachets de thé de votre tasse fumante (adieu cuillère à café!). 2° Le mini-hachoir à main pour l’ail que vous ne savez pas entièrement désassembler (donc pas bien nettoyer) et qui reste donc comme un renégat dans votre fond de tiroir, histoire de faire bonne figure quand votre belle-mère passera 😉

Cette catégorie pourrait également s’intituler « les cadeaux de dépannage à mettre sous le sapin en dernière minute », ou CDSDM mais ce n’est pas un nom très vendeur…

Ce sont typiquement des affaires choisies souvent avec la meilleure intention au monde (Oh, une pince à thé, pour quand X et Y viendront!) : le genre d’objet qui vous remémore une situation avec des personnes que vous appréciez. Généralement, vous les recevez avec un « Oh, quand j’ai vu ça, j’ai pensé à vous ! ». C’est touchant, toujours. Mais à nouveau, il faut distinguer l’objet de l’émotion/besoin derrière. Posez-vous 3 questions

3Q

Vous constaterez que le plastique à tendance à être l’ennemi n°1 dans la réduction des déchets. Il faut dire que ses capacités de recyclage sont limitées, qu’il n’est pas toujours correctement collecté non plus. Mais que devient-il, ce plastique abandonné ?

Réponse A: un 7ème continent

Réponse B: un produit mortel pour la faune

Réponse C: A & B

Réponse D: la réponse D

Et la bonne réponse est … la C ! La vidéo suivante illustre (malheureusement) la mort lente provoquée par l’ingestion de plastique. Une vidéo pénible à regarder, de celles qui vous enrage et vous désespère tellement on se sent désemparés devant la douleur engendrée. Une vidéo qui montre la portée de nos actions.

~ Réduire ~

On s’ouvre au minimalisme, ou du moins, on s’y intéresse !

Que ce soit les vêtements, les ustensiles ménagers, de cuisine, sanitaire, de loisir, soyez efficace avec le minimum.

4 règles de base pour réduire ses déchets, 4 règles qui vous permettent de vous interroger sur la nécessité de certains achats et de réfléchir aux futurs.

4R

Règle n°1 : Cibler ses besoins

A une époque où l’on vit dans un éventail de biens accessibles incroyable, il est parfois difficile de passer outre la consommation de certains.

Mais dans ce cas, consommez moins, consommer mieux.

Vous avez un téléphone depuis, admettons 3 ans, en parfait état de marche mais vous hésitez devant la nouvelle génération… N’oubliez pas que les objets font (souvent) les besoins. J’ai pris l’exemple des smartphone qui reflètent incroyablement bien ce besoin de l’ultra-connectivité et du paraître. A partir du moment où vous faites très bien sans et que le nouvel objet n’apporte pas de plus-value essentielle, laissez tomber et chérissez votre « vieux » portable. Lui aussi à droit à une vie digne !

Règle n°2 : Ne pas se disperser

En écrivant ceci, je pense surtout aux loisirs. Mieux vaut s’investir à fond dans une activité que d’éparpiller nos précieuses minutes de temps libre dans une multitude de projets, qui au final nous font accumuler des ustensiles et outils dont on ne sait finalement plus quoi faire (ni où les ranger…).

Règle n°3 : Penser aux alternatives

S’il nous faut quelque chose, spontanément nous l’achetons. Pourtant, d’autres possibilités existent, comme la location. Un exemple simple : les livres. Revalorisons la bibliothèque : souvent les catalogues sont bien garnis, disponibles en ligne et la location est peu coûteuse (1 euro/livre pour deux semaines dans ma ville d’accueil, 20 cents/livre pour un mois dans ma ville d’origine).

S’ouvrir aux alternatives, c’est repenser sa façon de consommer. Choisir un produit vendu en vrac, ou dans un contenant recyclable (comme du carton) au détriment de l’habituel paré de son plastique. Prendre le vélo ou le bus plutôt que la voiture pour aller faire une course.

Il faut parfois sortir de sa zone de confort pour vivre un peu.

Règle n°4 : Eviter l’encombrement

Le merchandising joue un rôle important là-dedans. Qui n’a jamais eu accès, grâce aux points fidélité gagnés dans un supermarché, à un ensemble de verre à vin à pied mauve, de serviettes de toilette quadruple éponge, de 6 sets de couteaux de cuisine ? Soyez vigilants : à moins que cela soit une belle occasion, de manière générale vous risquez d’entasser toutes ces affaires et de favoriser une consommation insensée. La même chose se passe avec les soldes : ce n’est pas parce que ce sont les soldes que vous devez acheter.

Apprenez à valoriser ce que vous avez, de la fibre au tranchant.

Plus spécifiquement pour les vêtement, je vous renvoie vers l’excellent article de Natasha sur les bases d’une garde-robe minimaliste et fonctionnelle.

~ Réutiliser ~

La récup’ est un univers incroyable.

En partant de votre sac plastique que vous réemployez systématiquement pour faire les courses aux palettes de bois desquelles vous avez créer votre lit , il y a de quoi explorer !

~ Recycler ~

Ah le recyclage… ce terme est à la fois porteur de promesse et de greenwashing !

Avouez, elle a tout bon la filière du recyclage pour écouler les produits rendus KO par obsolescence programmée, non ? Essayez toujours de réparer avant d’envoyer au recyclage. Les Repair Café progressent doucement ou bien ayez recours aux capacités d’un ami/parent super-bricoleur et échange d’un autre service 😉

Sinon, bien sûr, un bon tri est le meilleur moyen d’assurer un recyclage efficace.

~ Réformer ~

Quand un objet arrive en fin de vie, il peut encore être valorisé.

Votre jean fétiche est fichu ? Pas de souci, envoyez le à une firme d’isolation des bâtiment !

Un pantalon trop large, une chemise à haute valeur affective mais totalement défraîchie ? Faites en des sacs à vrac ! Je vous présente deux as de la réforme et de l’aiguille, Sarah et Clémentine.

Sacs à vrac cousus par Clémentine
Sacs à vrac cousus par Clémentine

Je suis plutôt restée dans la lignée des biens non-alimentaires mais le compostage est également à la une ici : une belle manière de valoriser ses déchets verts ! Il n’est d’ailleurs plus réserver aux habitations avec jardin grâce au principe des lombricomposteurs ! Je vous laisse découvrir les principes chez La Boîte à Terre (leur site et une interview) et l’avis d’une utilisatrice.

Voilà, c’était le premier volet de la série sur les déchets (d’ailleurs, mon amie Kolibri en a écrit une fantastique également avec d’excellents conseils -> clic !). C’est bien, j’ai totalement changé d’avis en écrivant, ça n’a rien à voir avec mon idée de départ mais ça me plaît comme ça 😉 La suite sera plus concise et on parlera de la cuisine avec de liens vers des articles superbes sur la limitation des déchets en cuisine, le résultat de notre analyse de poubelle et une recette ! Soyez attentif sur la page Facebook, il se peut que je l’y dévoile en avant-première !

Belle soirée à tous, surveillez bien vos poubelles 🙂

9 réflexions sur “Ne pas sortir la poubelle (1)

  1. Alors, alors, tant de choses à changer!
    Et avec l’été qui arrive, ça fait du bien de lire un article comme ça, parce que franchement, c’est plus difficile de ne pas se laisser prendre dans la rue à un petit emballage de sandwichs, un petit sac pour une pâtisserie… sans que l’on ne puisse protester parce qu’il y a trop de monde! Mais bon, j’arrive à apprendre de chaque fois et je me dis qu’il faut bien que je fasse le tour du calendrier avec l’idée de réduire mes déchets en tête pour arriver à me faire à toutes les situations!
    Ce que tu dis sur les vieux vêtements qui ne sont plus du tout réutilisables m’intéresse bien parce qu’ici, c’est plutôt compliqué pour ce qui ne peut pas aller à la friperie… mais bon, je ne baisse pas les bras!
    Et puis, merci pour la mention! 🙂
    À bientôt!
    K.

    Aimé par 1 personne

    1. C’est avec grand plaisir que je te cite: ta série zéro déchet était pleine de bonnes idées ! 🙂
      Je pense que pour changer ses habitudes, il faut y aller pas à pas et bien ancrer quelques nouvelles auprès de quelques marchands et commerces. Pour le moment, je le vois bien quand je vais chercher mon pain à la boulangerie: il y a une serveuse qui se souvient très bien de moi et qui attend le sac en tissu. Mais du coup, c’est vrai que dans les situations nouvelles/rares, on n’a pas toujours le réflexe, j’ai eu le coup dans un nouveau commerce).
      A bientôt, chez toi ou ici avec toujours autant de plaisir 🙂

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  2. Merci de m’avoir cité dans ton article!!
    Article très intéressant et très riche en info, comme tu le dis nous devons repenser nos actions quotidiennes, notre façon de consommer… il n’y a pas de petites actions inutiles, chaque prise de conscience, même petites, si elles sont mises bout à bout, nous permettrons petit à petit de préserver notre planète mais aussi de s’ouvrir aux autres grâce aux échanges, dons, partages…

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    1. Valoriser le positif, c’est mettre l’accent sur la faisabilité et le concret. L’heure de la culpabilisation est passée, il faut donner l’exemple avec le sourire !
      Merci de ton passage régulier Sarah, je découvre toujours avec joie tes nouvelles créations 😉

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  3. Merci beaucoup pour ce décryptage intelligent de la problématique des déchets!
    La gestion des déchets est bien trop souvent vue sous l’angle du recyclage alors que la première étape est de moins consommer et de réutiliser. Ce n’est pas évident dans notre société où « tout est disponible n’importe quand ». A titre comparatif même si la comparaison n’est pas du tout la même, c’est la même démarche que la séquence ERC (éviter, réduire, compenser les dommages sur l’environnement). Ne pas penser de suite à la compensation, mais forcer les maitres d’ouvrage de projets d’aménagement à éviter voire réduire l’impact sur l’environnement.
    Bref je m’égare!
    Sinon, j’ai aussi lu Zéro Déchets de Béa Johnson, qui m’a un peu plus ouvert les yeux.
    Bises

    Aimé par 1 personne

    1. Et bien je n’ai jamais ouvert ce livre ^^ me le conseillerais-tu?
      L’idée du recyclage a l’inconvénient de valoriser le geste posé qui nous dédouane un peu trop de la suite sans pour autant nous inciter à réfléchir à l’origine du déchet en question.
      Je suis bien contente de voir que mon improvisation ait plu 😉

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  4. Les déchets c’est un vaste sujet. Le plus dur c’est de ne pas en ramener chez soi. C’est encore compliqué pour moi et je me fais encore avoir. J’y travaille. Mais avant de penser au recyclage (qui donne bonne conscience), il faut avant tout réduire. C’est aussi très juste ce que tu dis sur les déchets produits en aval. La quantité de minerai extrait (et la pollution aussi) pour un bijou est énorme.

    Aimé par 1 personne

    1. Décrypter tout cela prend énormément de temps et on ne voit souvent que la pointe de l’iceberg.
      Je regrette franchement qu’on ne mette pas en avant l’empreinte « grise » générale de nos productions: cela permettrait de réfléchir au véritable coût environnemental et énergétique.

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